Juges 6 : sortir de sa cachette sous le regard de Dieu

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Introduction

Riverside Church poursuit sa série « Sortir du cycle » dans le livre des Juges. Ce dimanche, Judy reprend un passage que beaucoup connaissent depuis l'école du dimanche : l'appel de Gédéon, en Juges 6. Elle le lit sous un angle particulier, celui de la cachette.

Les Israélites ont été délivrés à plusieurs reprises, et les voilà de nouveau cachés. Pourquoi revivons-nous sans cesse la même journée ? Qu'est-ce qui nous pousse à nous cacher, à ne plus attendre ni accepter le pardon et la grâce que Dieu offre ? Judy pose trois questions : pourquoi nous cachons-nous, qui sont nos ennemis, au-dehors comme au-dedans, et qu'est-ce qui nous fait sortir de la cachette pour entrer dans une liberté définitive ?

Plan du message

1. Revivre sans cesse la même journée

  • Judy évoque le film Un jour sans fin (1993). Bill Murray y joue Phil Connors, un présentateur météo cynique condamné à revivre le même 2 février. Comme il sait comment la journée finit, il se sert de ce savoir pour manipuler, voler, s'enrichir. À un moment, il s'écrie même : « Je suis un dieu. »
  • Quand il tombe amoureux, il comprend qu'il a été son propre dieu. Se sachant aimé, il commence à regarder au-delà de lui-même, et c'est ainsi que la boucle se brise.
  • « Je ne dis pas que l'amour romantique va briser le cycle », précise Judy. Mais l'amour du Dieu que nous venons d'adorer, lui, le brise, « pas seulement temporairement, mais pour de bon ».
  • À la fin de Juges 5, Israël a remporté une grande victoire et chanté : « Périssent ainsi tous tes ennemis, ô Éternel ! Ceux qui l'aiment sont comme le soleil, quand il paraît dans sa force » (Juges 5:31). Au chapitre 6, le peuple se cache de nouveau, parce que la délivrance était temporaire.

2. Pourquoi nous cachons-nous ?

  • Judy raconte que ses rêves lui révèlent souvent ses inquiétudes. La nuit précédente, elle a rêvé qu'à l'église on demandait à chacun de laver les pieds des autres, et qu'elle refusait d'enlever ses chaussures parce qu'elle ne s'était pas fait les ongles. Au réveil, elle en a ri, puis elle y a vu une zone d'orgueil et de honte.
  • Nous nous cachons parce que la puissance de la tentation, de la honte et du mal nous paraît si oppressante que nous n'osons plus regarder Dieu en face. « La main de Madian fut puissante contre Israël », et le peuple se retirait « dans les ravins des montagnes, dans les cavernes et sur les rochers fortifiés » (Juges 6:2).
  • Gédéon bat son froment dans le pressoir pour le mettre à l'abri de Madian (Juges 6:11). C'est une posture de cachette : délivrés hier, ils se recroquevillent aujourd'hui.
  • Au commencement, le monde était dans le shalom, un mot hébreu difficile à traduire : une vie florissante avec Dieu, qui tisse ensemble Dieu, les humains et toute la création dans la justice, l'accomplissement et la joie. « Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon » (Genèse 1:31).
  • La veille, Judy a parlé du shalom à une amie non croyante. En l'entendant décrire le monde tel que Dieu le voulait, et la manière dont nous nous en sommes éloignés, son amie s'est mise à pleurer. Nous nous sentons si loin de la justice, de l'unité et de l'amour que Dieu voulait.
  • Adam et Ève étaient nus et n'en avaient pas honte (Genèse 2:25). Après la chute, « les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus » (Genèse 3:7). La honte entre dans le jardin, et ils se cachent.
  • Pour Judy, c'est l'un des versets les plus tristes de l'Écriture : ils se cachèrent loin de la face de l'Éternel Dieu. « Mais l'Éternel Dieu appela l'homme, et lui dit : Où es-tu ? » (Genèse 3:8-9). Aujourd'hui encore, Dieu appelle : « Ne te cache pas de moi, car mon amour et ma grâce sont là pour toi. » Ses compassions se renouvellent chaque matin (Lamentations 3:22-23).
  • Elle invite à faire une pause : si Dieu appelait ton nom, où en serais-tu ? Y a-t-il dans ta vie des zones « accès interdit » où son regard d'amour ne peut pas entrer ? Aucune zone n'a besoin d'être cachée, parce qu'il nous aime et nous pardonne.

3. Le péché, une boussole déréglée

  • Judy reprend une définition qu'elle apprécie : le péché est une tendance profondément enracinée en chacun de nous à vivre comme le centre de notre propre vie. La nature humaine ressemble à une boussole dont l'aiguille a été démagnétisée. Même quand nous voulons viser le vrai nord, la bonté et Dieu, nos désirs nous tirent vers nous-mêmes : notre confort, notre pouvoir, notre ego.
  • Paul décrit ce même magnétisme : « Je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais » (Romains 7:15). Même celui qu'on imagine en super-héros sent cette attraction vers soi, qui nous installe sur le trône de notre vie.
  • On pense souvent au péché comme à une corde raide dont on tombe à chaque mauvaise action. « Mais qu'en est-il du bien que nous ne faisons pas ? » Il y a les péchés de commission et les péchés d'omission : les impulsions de Dieu ignorées parce qu'on est trop occupé ou trop à l'aise.
  • Jésus s'en préoccupe : « J'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; […] j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité » (Matthieu 25:42-43). « Ce n'est pas pour culpabiliser », dit Judy, c'est un appel à aligner notre cœur sur son monde de justice.
  • Il arrive que l'on se cache « en pleine lumière » : on croit aller vers le nord sans s'apercevoir qu'on a dévié, jusqu'à ce que Dieu, dans sa bonté, et le Saint-Esprit nous le montrent. Chaque année, Judy choisit un verset « étoile du nord » pour se demander : pour qui est-ce que je vis ? Nous ne pouvons pas échapper à son regard d'amour.

4. Les ennemis du dehors et du dedans

  • Les ennemis ne sont pas seulement Madian et Amalek. Par le prophète, Dieu rappelle : « Je suis l'Éternel, votre Dieu ; vous ne craindrez point les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Mais vous n'avez point écouté ma voix » (Juges 6:10). Israël s'est installé dans le pays et s'est mis à servir ses dieux.
  • Pour nous, la sécularisation, le pouvoir et l'air que nous respirons sont si forts que nous oublions de vivre de manière distincte, pour Jésus et non pour soi. Ces dieux sont partout, et nous pouvons les adorer sans nous en rendre compte.
  • Autre ennemi : le regard que nous portons sur nous-mêmes. L'estime de soi est un combat pour les jeunes, mais aussi pour chacun. Gédéon répond : « Ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père » (Juges 6:15). Devant les nouvelles et les réseaux sociaux, les ennemis nous paraissent trop grands et nous voulons nous cacher.
  • Judy rappelle le regard de Dieu sur nous : « Tu es mon enfant et je t'aime. Je te vois beau, pur, bien-aimé. » Elle encourage chacun à venir prier dans ce domaine pour recevoir de nouveau son amour, son acceptation et son pardon.
  • Dernier ennemi : la déception. « Si l'Éternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent ? » (Juges 6:13). Judy aime cette question. Il y a quelque temps, l'Église a vécu « De la lassitude à l'émerveillement », et Judy garde encore sa carte sur sa commode. Avons-nous perdu l'émerveillement devant la création, devant la grâce qui nous appelle hors de la cachette ?
  • Les chants du matin le rappelaient à notre âme : Dieu a été fidèle, il l'a toujours été, même dans la vallée.

5. Des délivrances temporaires à la liberté définitive

  • Si l'on s'en tient à l'Ancien Testament, toutes les délivrances sont temporaires. Cela finit mal pour Gédéon, cela finit mal pour Moïse. Israël sort d'Égypte, puis retombe en captivité.
  • Pourtant le prophète dit : « Je vous ai fait monter d'Égypte […], je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous ceux qui vous opprimaient » (Juges 6:8-9). Dieu poursuit son peuple encore et encore. « Peu importe à quel point tu te sens loin de lui ce matin, il n'a pas renoncé à te poursuivre de son amour. »
  • Plus loin, l'Éternel dit à Gédéon : « Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas » (Juges 6:23). Judy y entend la promesse du libérateur à venir, Jésus : jusqu'à sa venue, toute délivrance était temporaire. Avec lui, le libérateur entre dans l'histoire et la liberté devient éternelle.
  • Elle aime le Psaume 32, écrit par un David qui avait gravement chuté : « Tu es un asile pour moi » (Psaume 32:7). Autrement dit, on ne se cache pas loin de Dieu, on se cache en Dieu, dans l'amour, le pardon, la grâce et la liberté de Jésus.
  • Ézéchiel l'annonçait : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre » (Ézéchiel 36:25-26).
  • Pour restaurer la boussole, l'aiguille doit être de nouveau exposée à un champ magnétique puissant et vrai. Dans la présence et l'amour de Dieu, le Saint-Esprit remodèle et réaligne le cœur de l'intérieur. Chaque fois que tu passes consciemment du temps avec lui, que tu lises un verset ou un chapitre, que tu ailles à ton groupe de maison ou au culte, tu lui dis : « Ramène-moi vers le vrai nord. »
  • La grâce est nouvelle chaque jour, mais le pardon, une fois reçu, est éternel. Ce que Jésus a fait à la croix, sa victoire sur la mort et le péché, rend cette liberté définitive. Il nous donne un cœur nouveau, un cœur tendre, qu'il attendrit encore chaque fois que nous sommes dans sa présence.
  • « Quiconque se livre au péché est esclave du péché. […] Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8:34, 36). Ce n'est pas temporaire : nous ne sommes plus esclaves, mais libres pour de bon.

6. « L'Éternel est avec toi, vaillant héros ! »

  • Judy, qui a « toujours été plutôt petite », aime le verset 12 : « L'Éternel est avec toi, vaillant héros ! » Elle imagine Gédéon se retourner pour voir qui se tient derrière lui. « Mais non, c'est toi », parce que Dieu a mis en nous sa puissance, son pardon et sa joie.
  • Dieu nous voit très différemment de la manière dont nous nous voyons. « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu » (Colossiens 3:3).
  • Elle cite John Ortberg : « Le remède au péché, c'est de garder une juste vision de Dieu. » Beaucoup de chrétiens dépensent une énergie folle à essayer de ne pas pécher. Le but n'est pas de pécher moins en fixant le péché, mais de fixer Dieu, de demeurer avec lui, dans l'amour et la grâce.
  • Selon Ortberg, les disciplines spirituelles, le silence, le jeûne, la prière, nous aident à sortir du cycle. Prier, faire silence, se retirer du monde ou renoncer à quelque chose nous aide à affronter les péchés de commission comme ceux d'omission.

7. « N'est-ce pas moi qui t'envoie ? »

  • Le passage se termine ainsi : « Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian ; n'est-ce pas moi qui t'envoie ? » (Juges 6:14). Après avoir regardé nos cachettes, Judy invite à regarder vers le monde, qui a désespérément besoin de l'amour et du shalom de Jésus.
  • Elle a lu cette semaine qu'une Église locale peut être « une île de shalom dans la tempête ». Une île qui se tourne vers l'extérieur et désire la restauration. L'histoire de la Bible commence au paradis et s'achève par la restauration de toutes choses dans l'Apocalypse. Entre les deux, nous avons un rôle à jouer.
  • Nous avons été libérés, et nous avons des amis, de la famille, des proches pour qui nous prions et qui sont encore enchaînés. Judy raconte qu'elle est venue à la foi en chantant « Mes chaînes sont tombées, mon cœur était libre, je me suis levé, je suis sorti et je t'ai suivi ». Ces mots précieux lui ont fait comprendre que ses chaînes pouvaient tomber et que son cœur pouvait être libre.
  • Elle lit une prière de Jo Hargreaves, tirée d'un recueil de prières et de poèmes : « Garde-moi d'adorer à l'autel de moi-même et de mes préférences. Je rappelle à mon âme, à ma volonté, à mes pensées et à mes émotions que je suis glorieusement créée à ton image, mais toi pas à la mienne. » Elle termine par ces mots : « Un cœur tendre est ton super-pouvoir. »
  • Chaque fois que Dieu attendrit notre cœur par sa grâce et son pardon, nous pouvons regarder vers un monde qui a endurci son cœur à l'amour de Dieu. Judy conclut dans la prière : « Tout est à toi. Je vis pour toi, Jésus, pas pour moi, mais pour toi. » Et elle demande à Dieu de montrer à chacun, cette semaine, vers qui l'orienter.

Points à retenir

  • Nous nous cachons quand la tentation, la honte et le mal nous paraissent plus forts que le regard de Dieu. Depuis Éden, Dieu appelle : « Où es-tu ? »
  • Le péché, c'est se mettre au centre de sa vie. Il comprend le mal commis et le bien que nous négligeons de faire.
  • Nos ennemis ne sont pas seulement extérieurs : les dieux de notre culture, une mauvaise image de nous-mêmes et la déception nous renvoient dans la cachette.
  • En Jésus, la délivrance n'est plus temporaire. Son pardon est éternel et il donne un cœur nouveau. On ne se cache plus loin de Dieu, on se cache en lui.
  • Dieu voit en toi un « vaillant héros » et il t'envoie avec la force que tu as vers ceux qui sont encore enchaînés.

Application personnelle

  1. Si Dieu t'appelait par ton nom ce matin et te demandait « Où es-tu ? », que lui répondrais-tu ?
  2. Quelles zones de ta vie restent « accès interdit » au regard d'amour de Dieu ?
  3. Quel bien as-tu négligé de faire ces derniers temps parce que tu étais trop occupé ou trop à l'aise ?
  4. Te vois-tu comme « le plus petit dans la maison de ton père » ou comme celui que Dieu appelle « vaillant héros » ?
  5. Qui, autour de toi, porte encore des chaînes, et comment peux-tu l'orienter vers Jésus cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Gédéon se cache-t-il dans le pressoir ?

La main de Madian pèse si lourdement sur Israël que le peuple se réfugie dans les ravins, les cavernes et les rochers fortifiés (Juges 6:2). Gédéon bat son froment dans le pressoir pour le mettre à l'abri. Pour Judy, c'est l'image de ce que nous faisons quand la tentation, la honte ou le mal nous paraissent si oppressants que nous n'osons plus regarder Dieu en face.

Que sont les péchés d'omission ?

À côté du mal que l'on commet, il y a le bien que l'on ne fait pas : les appels de Dieu ignorés parce qu'on est trop occupé ou trop à l'aise. Judy cite les paroles de Jésus en Matthieu 25 : « J'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger. » Ce n'est pas pour culpabiliser, mais pour réaligner le cœur sur le monde de justice et de paix que Dieu désire.

Comment sortir pour de bon du cycle de la cachette ?

Dans l'Ancien Testament, toutes les délivrances sont temporaires. En Jésus, le libérateur est venu : son pardon est définitif et il donne un cœur nouveau (Ézéchiel 36:26). On ne se cache plus loin de Dieu, on se cache en lui : « votre vie est cachée avec Christ en Dieu » (Colossiens 3:3). Chaque moment passé dans sa présence ramène la boussole du cœur vers le vrai nord.

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