Nombres 14 : non à l'incrédulité, choisis la confiance

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Introduction

« Dieu n'est pas ton doudou. Il n'est pas juste là pour te consoler, te remonter le moral. » Olivier Charvin ouvre ainsi son message, juste après la Cène. Dieu n'est pas non plus un porte-bonheur chargé de réaliser tes projets, ni un Dieu atteint de sénilité, loin dans le passé et déconnecté de la réalité. La Cène vient de le rappeler : il est le Dieu saint qui condamne le mal, le Dieu d'amour qui a pris la place des siens sur la croix, le Dieu sage, le Dieu puissant qui tient tout l'univers entre ses mains, et le Dieu proche qui s'est fait homme.

Dans la série de l'Église sur le livre des Nombres, le peuple est arrivé devant le pays promis. Au chapitre 13, les espions ont fait un rapport alarmant. Le peuple a pris peur, il a regretté l'Égypte et il a voulu se nommer un chef pour y retourner. Il a rejeté un Dieu qu'il voyait faible et incapable de le soutenir.

Nombres 14 raconte la suite : la réponse de Dieu, l'intercession de Moïse, le pardon accordé, les conséquences qui restent, puis une dernière erreur du peuple. Le prédicateur en tire cinq applications, avec un appel clair : choisis de faire confiance à Dieu.

Plan du message

1. « L'Éternel est avec nous »

  • Moïse et Aaron tombent face contre terre. Josué et Caleb déchirent leurs vêtements : le pays est « très, très bon », et si l'Éternel est favorable, il le donnera (Nombres 14:5-9).
  • « Ils n'ont plus d'ombrage pour les couvrir. » Traduction du prédicateur : ce peuple n'a pas de protection spirituelle. « Craindre ce peuple, c'est oublier Dieu. C'est se rebeller contre Dieu. »
  • À ces paroles de grande sagesse, le peuple répond en voulant lapider ses chefs, comme s'il les jugeait blasphémateurs.
  • Dieu entre en scène : « Jusqu'à quand ne croira-t-il pas en moi ? » Sa patience est arrivée à son terme. Le peuple n'a pas tenu les engagements de l'alliance, et Dieu annonce qu'il va recommencer à partir de Moïse, lui aussi descendant d'Abraham.
  • Une pensée pour nous : « l'Éternel est avec nous », cela rappelle Emmanuel, « Dieu avec nous », et la promesse de Jésus : « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ». Jésus a aussi promis un autre consolateur qui demeure éternellement avec nous.
  • « Nous avons un Dieu qui est venu jusqu'à nous. Nous avons un Dieu qui vit en chacun de ses enfants. » C'est un puissant encouragement au cœur de nos combats.

2. Moïse intercède pour la gloire de Dieu

  • Moïse donne à Dieu deux raisons de ne pas exterminer le peuple (Nombres 14:13-19).
  • La première, c'est sa gloire. Les nations diraient : l'Éternel n'avait pas le pouvoir de faire entrer ce peuple dans le pays. Moïse n'intercède pas pour lui-même, mais pour la réputation de Dieu.
  • La deuxième, ce sont les promesses. Moïse s'appuie sur ce que Dieu a dit de lui-même : « lent à la colère, riche en bienveillance », il pardonne sans tenir le coupable pour innocent. Il ne se base pas sur ses propres impressions.
  • Dieu aurait pu anéantir le peuple directement. Il agit comme s'il voulait que Moïse intercède. Il laisse un espace, comme lorsqu'il envoie Jonas annoncer le jugement à Ninive au lieu de tout détruire : un temps pour la repentance.
  • Nos prières peuvent avoir les mêmes accents : « Que ton nom soit sanctifié. » Nous prions pour que de nouvelles personnes reconnaissent que le Dieu révélé en Christ est vraiment Dieu, pour une délivrance, pour une victoire sur le péché.
  • « Dieu n'est pas mon serviteur. Il n'est même pas mon égal. Il est le maître, mon maître. Il se glorifie lorsqu'il exauce ou lorsqu'il n'exauce pas mes prières, parce que c'est lui au centre. »

3. Dieu pardonne, mais le péché a des conséquences

  • « Je pardonne, comme tu l'as dit. » Mais ceux qui ont vu la gloire de Dieu et l'ont tenté dix fois ne verront pas le pays. Caleb, animé d'un autre esprit, y entrera (Nombres 14:20-38).
  • Quarante jours d'exploration deviennent quarante années dans le désert, une année pour chaque jour. Les dix espions qui ont décrié le pays meurent frappés d'une plaie. Seuls Josué et Caleb restent en vie.
  • Comment comprendre ce pardon ? Dieu ne traite pas le peuple selon sa justice, mais selon sa grâce. Les dix espions, des princes revêtus d'autorité, sont à l'origine de la révolte et ils ont menti : là, c'est la justice. Le reste du peuple demeure en vie.
  • Dieu pardonne, mais il n'enlève pas toutes les conséquences. Le prédicateur prend l'exemple de quelqu'un qui a consommé des drogues : Dieu peut pardonner cet excès et laisser pourtant des dommages dans le corps.
  • Dieu laisse encore un délai. Près de 40 ans pendant lesquels chacun peut revenir à lui, demander pardon, accepter de changer sa manière de vivre et de penser : « On appelle ça la repentance. »
  • Et le plan de Dieu continue : les enfants connaîtront le pays (verset 31). Ils ne seront pas des modèles de foi, le livre des Juges le montre. « Malgré moi, malgré nous, malgré une Église qui est belle mais parfois bien faible, Dieu accomplit son plan. »
  • « La grâce de Dieu est magnifique. Oui, mais elle ne peut être un prétexte pour pécher. » La grâce de Dieu n'est jamais de la faiblesse : il appelle encore et encore, et il est aussi le juge de ceux qui refusent de compter sur lui.

4. Cinq erreurs d'un peuple qui monte sans Dieu

  • Le lendemain, le peuple veut monter à l'assaut : « Nous avons péché. » Moïse avertit : l'Éternel ne sera pas avec vous. Ils s'obstinent, l'arche et Moïse restent au camp, et les Amalécites et les Cananéens les battent jusqu'à Horma (Nombres 14:39-45).
  • Première erreur : il minimise le péché. Pas un mot sur le retour en Égypte, sur l'incrédulité, sur le projet de lapider les chefs. « Allez, on oublie, on fait comme si rien n'était arrivé. »
  • Deuxième erreur : il minimise la parole de Dieu. Dieu a ordonné de repartir vers la mer Rouge (verset 25), et le peuple part dans l'autre sens. Aucune envie de reconnaître Dieu comme roi.
  • Troisième erreur : il confond remords et repentance. Le remords dit : « Je suis triste des conséquences que le péché a sur moi. » La repentance dit : « Je suis triste de m'être éloigné de Dieu. »
  • Pour l'illustrer, le prédicateur imagine (« c'est fictif ») avoir détourné des milliers de francs en piratant un site. Il a des remords parce qu'il a été arrêté, ou parce que sa conscience l'empêche d'être tranquille. La repentance, c'est reconnaître : « J'ai cherché une idole plus que Dieu », et vouloir revenir à lui de tout son cœur.
  • Quatrième erreur : il continue à désobéir. Un commentateur le résume ainsi : le peuple a refusé d'entrer dans le pays par incrédulité, puis il a essayé d'y entrer toujours par incrédulité.
  • Cinquième erreur : l'orgueil et l'incrédulité. Le doute est souvent une émotion. « La foi, je choisis de croire, c'est pas je ressens que je crois. » L'incrédulité, c'est le choix de s'opposer à Dieu, en pensant « en toute modestie » que mon avis vaut mieux que le sien. Combattre sans Dieu conduit à la ruine.

5. Remords ou repentance : qu'est-ce qui t'attriste ?

  • Première application : l'incrédulité mène à la révolte. Murmures, plaintes, insatisfaction, puis révolte : c'est une spirale.
  • Dieu me conduit dans des voies que je ne choisis pas. Il me dépasse et reste en partie incompréhensible à mon intelligence limitée. « Il est Dieu et je veux choisir de lui faire confiance. »
  • La Cène est un moyen de grâce pour nourrir la foi et combattre l'incrédulité. Chaque fois, nous reconnaissons Christ mort et ressuscité comme fondement de notre foi et nous renouvelons cet engagement devant Dieu. Sinon, nous glissons vers la révolte.
  • Deuxième application : repentance ou regret. Suis-je attristé d'abord par les conséquences de mon péché, ou parce que je ne marche pas selon l'Esprit qui vit en moi et selon ma nouvelle nature d'enfant de Dieu ?
  • Le prédicateur évoque l'enfant obligé de demander pardon à son frère, qui prononce un « pardon » montrant surtout qu'il est très fâché. La question est celle du cœur : suis-je tourné vers moi-même ou vers Dieu ?
  • « Combien de fois est-ce que je prie pour un sujet matériel, argent, santé, circonstances ? » C'est légitime. Mais combien de fois est-ce que je prie pour que Dieu transforme mon cœur et le rende plus réceptif à l'action de l'Esprit ?

6. Combattre en s'appuyant sur la victoire de Christ

  • Le peuple devait conquérir le pays progressivement. La Bible présente aussi la vie chrétienne comme un combat, où nous comptons sur la puissance de Dieu : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jacques 4:7).
  • À la croix, Christ a effacé l'acte qui nous condamnait et il a dépouillé les dominations et les autorités en triomphant d'elles (Colossiens 2:14-15). Comme les géants de Canaan, le diable et les démons peuvent impressionner, mais ils n'ont pas de pouvoir face à Dieu.
  • Revenir en Égypte, pour nous, c'est renier Christ et refuser le combat spirituel. Prendre possession du pays, c'est saisir la bénédiction et choisir de faire confiance à Dieu.
  • Certaines situations nous mettent en état de faiblesse, comme le peuple monté sans Dieu : le refus de pardonner, qui donne un avantage à l'adversaire (2 Corinthiens 2) ; les colères non maîtrisées (Éphésiens 4) ; dans le couple, se refuser à l'autre pour en faire une arme de pression (1 Corinthiens 7) ; garder des péchés non confessés.
  • Autre situation : refuser une vérité concernant Dieu, et laisser la place au père du mensonge (Jean 8:44). Par exemple refuser la grâce accordée à quelqu'un qui a fait beaucoup de mal et qui s'est repenti à la fin de sa vie, ou refuser qu'une personne très sympathique qui rejette totalement Christ puisse être condamnée. « Je refuse de croire ce que Dieu me dit, c'est une forme d'incrédulité. »

7. Le péché coûte cher, mais Dieu accomplit son plan

  • Quatrième application : tout péché est toujours très mauvais, la réaction de Dieu le montre. Le prédicateur cite la gestion des regards, l'idée que mon temps et mon argent m'appartiennent sans rendre de compte à Dieu, le péché secret, les péchés de la vie ordinaire.
  • Le péché fait souffrir d'autres personnes : des enfants ont erré des années à cause de la génération précédente. Certains choix engagent pour longtemps, comme se marier hors de l'alliance : cela peut être pleinement pardonné, mais les conséquences restent.
  • Ces textes ne sont pas là pour nous écraser de peur, mais pour nous avertir (1 Corinthiens 10). Et si j'ai laissé passer des occasions par orgueil, surtout ne pas ajouter un péché à un autre : « je viens humblement à Dieu dans la repentance, dans la confiance et je veux compter sur sa grâce ».
  • Cinquième application : Dieu accomplit son plan. Le peuple entrera dans le pays à la génération suivante. De ce peuple rebelle est né le Messie. Dieu s'est même servi de la méchanceté des hommes qui ont envoyé Jésus à la croix.
  • « Dieu accomplira son plan avec ou sans toi. » La question n'est pas de savoir ce que Dieu va faire, mais si j'entre dans sa dépendance ou si je passe à côté des bénédictions.
  • Malgré un monde rebelle et bouleversé, malgré les mauvaises nouvelles, la fin de l'histoire est déjà écrite. « L'avenir humain sans Dieu est sombre. L'avenir avec Dieu est forcément lumineux. » Christ a remporté le combat et il conduit son peuple vers le pays du vrai repos en sa présence.
  • Conclusion du prédicateur : « Dieu fait grâce. Choisissons de lui faire confiance et de suivre ses commandements jour après jour. »

Points à retenir

  • Dieu n'est ni un doudou, ni un porte-bonheur, ni un serviteur : il est le maître, et il est avec nous.
  • Comme Moïse, nous pouvons prier pour la gloire de Dieu en nous appuyant sur ce qu'il a dit de lui-même.
  • Dieu pardonne, mais il n'enlève pas toujours les conséquences du péché. Sa grâce n'est jamais de la faiblesse.
  • Le remords regarde les conséquences sur moi, la repentance regarde Dieu. L'incrédulité est un choix, lié à l'orgueil.
  • Dieu accomplit son plan avec ou sans toi. Christ a déjà remporté la victoire.

Application personnelle

  1. Dans tes prières, cherches-tu d'abord ton confort ou la gloire de Dieu ?
  2. La dernière fois que tu as demandé pardon, étais-tu attristé par les conséquences sur toi ou par ton éloignement de Dieu ?
  3. Y a-t-il une vérité de la Parole que tu refuses de croire parce qu'elle te dérange ?
  4. Laisses-tu un avantage à l'adversaire par un refus de pardonner, une colère non maîtrisée ou un péché non confessé ?
  5. Aujourd'hui, quel pas concret de confiance peux-tu faire là où tu as été tenté de « monter sans Dieu » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Dieu dit-il « je pardonne » en Nombres 14 tout en punissant le peuple ?

Pour Olivier Charvin, Dieu ne traite pas le peuple selon sa justice mais selon sa grâce. Les dix espions qui ont menti, des princes revêtus d'autorité, sont frappés. Le reste du peuple reste en vie : ce pardon est un jugement différé, un délai de grâce de près de 40 ans pour un peuple qui n'est pas encore repentant. Dieu pardonne, mais il n'enlève pas certaines conséquences du péché : cette génération n'entrera pas dans le pays, ses enfants y entreront.

Quelle est la différence entre le remords et la repentance ?

Le remords, c'est être triste des conséquences que le péché a sur soi. La repentance, c'est être triste de s'être éloigné de Dieu et de ne pas l'avoir glorifié, et vouloir revenir à lui de tout son cœur. En Nombres 14, le peuple voulait seulement annuler les mauvaises conséquences de sa révolte, sans revenir à Dieu.

L'incrédulité, est-ce la même chose que le doute ?

Non. Le doute est souvent une émotion qui nous envahit face aux questions et aux craintes. La foi, c'est le choix de croire, pas le fait de ressentir. L'incrédulité s'oppose à ce choix : c'est décider de s'opposer à Dieu en sachant ce qu'il a dit. Elle est liée à l'orgueil, parce qu'elle revient à penser que mon avis vaut mieux que celui de Dieu.

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