Introduction
Dans la mythologie grecque, Cassandre, princesse de Troie, reçoit du dieu Apollon le don de prophétie. Parce qu'elle méprise ce don, il devient une malédiction : elle continue de voir l'avenir, mais personne ne la croit, et même sa famille la prend pour une folle. Quand elle avertit les Troyens de ne pas faire entrer dans la ville le cheval de bois laissé par les Grecs, ils ne l'écoutent pas. Cette nuit-là, Troie brûle.
Le pasteur Rusu, pasteur de l'Église mère de Brașov, en Roumanie, et responsable de vingt à vingt-cinq Églises, conclut ainsi une série de réunions de réveil à CF-Bern. Son point de départ : « Notre Dieu est un Dieu qui nous parle de l'avenir. » Sa voix nous dit ce que nous ne pourrions pas savoir autrement, nous montre le bon chemin et nous garde des dangers et des pièges. Mais si nous l'entendons sans la croire, ou si nous ne l'entendons pas du tout, elle peut devenir une malédiction pour nous. D'où l'avertissement d'Hébreux 3:15 : « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs. »
Son message s'intitule « La voix de Dieu pour notre avenir ». À partir de l'appel du jeune Samuel en 1 Samuel 3:1-10, il montre pourquoi Dieu veut parler, comment se placer pour l'entendre et comment rechercher sa voix.
Plan du message
1. Un temps où la parole de Dieu était rare
- Le texte décrit une période de ténèbres spirituelles : « La parole de l'Éternel était rare en ce temps-là, les visions n'étaient pas fréquentes » (1 Samuel 3:1).
- Pour le pasteur Rusu, quand Dieu ne parle pas à son peuple, ce n'est jamais parce qu'il ne veut pas parler. C'est nous qui rendons sa voix difficile à entendre, parfois par notre propre manière de vivre et par nos choix.
- Les fils d'Éli servaient au temple, mais ils étaient immoraux, impurs et égoïstes : « Les fils d'Éli étaient des hommes pervers, ils ne connaissaient point l'Éternel » (1 Samuel 2:12).
- Éli, le souverain sacrificateur, était un homme faible et indifférent. Il évitait les décisions difficiles et radicales. En homme de Dieu, sa réaction face au péché aurait dû être claire, mais elle restait faible, souvent symbolique.
- Quand ceux qui appartiennent à Dieu vivent ainsi, cela n'empêche pas seulement la voix de Dieu de parler. Cela abîme aussi la vie de beaucoup d'autres : ceux qui cherchent Dieu regardent son peuple et ne reçoivent pas la révélation que Dieu a des solutions pour leur vie. Ils finissent par conclure que tout le monde fait des compromis, même les gens de Dieu.
2. Dieu cherche des gens qui vivent pour les autres
- Dieu ne peut pas utiliser des gens qui ne vivent que pour eux-mêmes. Paul, inquiet pour les chrétiens de Philippes, ne trouve qu'une seule personne à leur envoyer : « Je n'ai personne ici qui partage mes sentiments, pour prendre sincèrement à cœur votre situation ; tous, en effet, cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ » (Philippiens 2:20-21).
- D'un côté Timothée, qui prend soin des autres comme Paul lui-même. De l'autre, ceux qui vivent pour eux-mêmes : par eux, personne n'est aidé, personne n'est transformé.
- D'où viennent ceux qui vivent pour les autres ? Ce sont des personnes qui commencent à entendre la voix de Dieu personnellement, pour elles-mêmes et pour les autres.
- Les disciples d'Emmaüs se disent : « Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin ? » Et ils se lèvent à l'heure même pour retourner à Jérusalem (Luc 24:32-33). La voix entendue a tout changé : leur façon de parler, l'état de leur cœur, la direction de leur vie.
- Beaucoup de chrétiens ont ce témoignage : « Un jour, Dieu m'a parlé, et cela a tout changé dans ma vie. »
- Dieu veut aussi nous parler parce qu'il se soucie des problèmes des autres. À Moïse, il dit : « J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte », puis : « Va, je t'enverrai » (Exode 3:7-10).
- Aujourd'hui encore, il y a des gens sans espérance, liés dans des situations qui semblent sans issue, des couples au bord de la rupture, des personnes qui ont des pensées suicidaires et qui haïssent le jour de leur naissance. Dieu peut être leur réponse, et il veut nous parler pour que nous puissions les rejoindre.
3. Se placer pour entendre : le cœur
- Il existe des attitudes qui décident si nous entendrons la voix de Dieu ou non. La première concerne le cœur : être proche de Dieu.
- Cette proximité n'est pas un lieu géographique. C'est l'orientation de ton cœur. « Le jeune Samuel était au service de l'Éternel devant Éli » (1 Samuel 3:1) : son cœur était tourné vers Dieu.
- Dieu ne parle pas à ceux qui sont loin, mais à ceux qui sont proches : « Approchez-vous de moi, et écoutez ! » (Ésaïe 48:16).
- Le pasteur raconte une scène de chez lui. Il est assis avec un livre, sa femme est dans la même maison et lui parle. Il n'entend rien. « J'étais là, mais en même temps j'étais loin. » Puis il demande : « Quoi ? » Et elle répond : « Je te parle, tu ne m'as pas entendue ? »
- Tu peux être à l'église et dire : « Je suis là. » Mais si ton cœur est occupé ailleurs, tu es loin malgré tout, tu n'entends pas la voix de Dieu, et tu vis en réalité loin de lui.
4. Se placer pour entendre : les oreilles
- La deuxième position concerne les oreilles. Certains chrétiens, par égoïsme ou par peur, ne veulent pas que Dieu leur parle.
- Un pasteur de leur communion d'Églises, envoyé ensuite fonder une Église à Boston avec sa famille, a longtemps fui cet appel. Il a confié à son pasteur : « Pendant des années, je ne voulais pas prier, parce que je savais que si je commençais à prier, Dieu me parlerait. Il m'appellerait, et je ne voulais pas l'entendre. »
- Pendant des réunions de réveil comme celle-ci, certains prient : « Dieu, donne au pasteur une parole pour moi. » D'autres ne viennent pas, ou s'assoient tout au fond, cachés derrière les autres, en espérant que le pasteur ne s'adressera pas à eux.
- Jonas n'aimait pas ce que Dieu lui disait : « La parole de l'Éternel fut adressée à Jonas […] Et Jonas se leva pour s'enfuir à Tarsis, loin de la face de l'Éternel » (Jonas 1:1-3).
- Si tu veux entendre la voix de Dieu, tu dois faire de tes oreilles « un entonnoir ».
5. Se placer pour entendre : la volonté
- La troisième position est celle de la volonté. Si tu veux entendre Dieu, tu dois aussi vouloir faire ce qu'il te dira : « Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu » (Jean 7:17).
- L'attitude par défaut d'un chrétien quand il entend la voix de Dieu devrait être un « oui ».
- Un jeune couple d'une Église de Prescott, parents de quatre enfants, a été sollicité par leur pasteur pour reprendre une Église à Katmandou, au Népal, y être pasteur, faire des disciples et envoyer de nouvelles Églises. Ils ont prié, Dieu a parlé à leur cœur, et toute la famille a dit oui.
- Avant leur départ, l'Église a organisé une fête d'adieu avec un grand gâteau sur lequel était écrit : « Ils ont dit oui. »
- Quand tu orientes ta volonté vers ce que Dieu te dira, tu te places pour l'entendre, et Dieu te parlera.
6. Rechercher la voix de Dieu
- Attendre. Éli donne un bon conseil au jeune Samuel : « Va, couche-toi ; et si l'on t'appelle, tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute » (1 Samuel 3:9). Autrement dit : reste à ta place, tu es déjà là où tu dois être, et attends que Dieu te parle de nouveau.
- Viens au culte avec cette attente. Chaque culte, chaque prière, chaque lecture de la Bible et chaque méditation dans sa présence sont des occasions pour Dieu de te parler. « Combien de fois, avant un culte, as-tu prié : Dieu, parle-moi personnellement ? »
- Répondre. « Samuel dit : Parle, car ton serviteur écoute » (1 Samuel 3:10). La façon dont nous réagissons quand Dieu parle décide s'il continuera à nous parler : « Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous » (Marc 4:24). Réponds de tout ton cœur.
- S'abandonner. Quand Dieu parle, il parle toujours de ses plans pour nos vies, pas des nôtres. À Jérémie, il dit : « Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais […] je t'avais établi prophète des nations » (Jérémie 1:5).
- Élisée labourait avec douze paires de bœufs. Il a entendu l'appel à travers Élie, a immolé ses bœufs, brûlé le joug et l'a suivi (1 Rois 19:19-21). Jacques et Jean ont laissé leur père et leur travail pour suivre Jésus (Matthieu 4:21-22). Matthieu, assis au bureau des péages, s'est levé aussitôt (Matthieu 9:9).
7. Une voix pour arriver jusqu'à la maison
- Notre chemin avec Dieu est long, plein de dangers, de carrefours et de pièges que le diable prépare. Mais nous devons aller jusqu'au bout de la vie chrétienne.
- Dieu conduit par sa voix ceux qui se sont abandonnés à ses plans : « Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! » (Ésaïe 30:21). Sa voix nous mènera sur le bon chemin, jusqu'à la maison.
- Il faut parfois se battre pour entendre la voix de Dieu, parfois la chercher, parce que ton avenir et celui des autres en dépendent.
- Certains chrétiens pensent que seul le pasteur doit entendre Dieu. « Ce n'est pas vrai. » C'est la responsabilité de chaque chrétien, pour arriver soi-même à la maison et pour aider d'autres à y arriver.
- Cassandre n'a pas estimé le don qu'elle avait reçu. Nous, nous devons faire de l'écoute de la voix de Dieu quelque chose de précieux.
- Le pasteur termine par un appel : si tu n'es pas sûr d'avoir la vie éternelle, Jésus, mort et ressuscité, te l'offre. Il est le chemin, il ouvre la porte. « Ne quitte pas ce lieu exactement comme tu es venu. »
Points à retenir
- Quand la parole de Dieu est rare, ce n'est pas Dieu qui se tait : ce sont nos choix et notre manière de vivre qui étouffent sa voix.
- Dieu parle pour transformer ta vie, mais aussi pour aider d'autres personnes à travers toi.
- Pour entendre Dieu, il faut un cœur tourné vers lui, des oreilles qui veulent entendre et une volonté prête à dire oui.
- La manière dont tu réponds quand Dieu parle décide s'il continuera à te parler.
- Entendre la voix de Dieu n'est pas la tâche du seul pasteur : c'est la responsabilité de chaque chrétien.
Application personnelle
- Quand tu es à l'église ou dans ta prière, ton cœur est-il vraiment tourné vers Dieu, ou occupé ailleurs ?
- Y a-t-il un domaine où tu évites d'entendre Dieu, par peur de ce qu'il pourrait te demander ?
- Ton « oui » à Dieu est-il ta réponse par défaut, ou attends-tu de savoir ce qu'il veut avant de t'engager ?
- Avant ton prochain culte, prendras-tu le temps de prier : « Dieu, parle-moi personnellement » ?
- Qui, autour de toi, a besoin que tu entendes la voix de Dieu pour lui ?
Versets cités
- 1 Samuel 3:1-10
- 1 Samuel 2:12
- Hébreux 3:15
- Philippiens 2:19-21
- Luc 24:32-33
- Exode 3:7-10
- Ésaïe 48:16
- Jonas 1:1-3
- Jean 7:17
- Marc 4:24
- Jérémie 1:5
- 1 Rois 19:19-21
- Matthieu 4:21-22
- Matthieu 9:9
- Ésaïe 30:21
Questions fréquentes
Pourquoi la parole de l'Éternel était-elle rare au temps de Samuel ?
Selon le pasteur Rusu, quand Dieu ne parle pas à son peuple, ce n'est jamais parce qu'il ne le veut pas : ce sont les hommes qui rendent sa voix difficile à entendre. Au temps de Samuel, les fils d'Éli servaient au temple en menant une vie immorale et égoïste, et Éli lui-même ne réagissait que faiblement à leur péché.
Comment se placer pour entendre la voix de Dieu ?
Le pasteur Rusu décrit trois positions. Le cœur : être proche de Dieu, c'est avoir le cœur tourné vers lui, pas seulement être présent à l'église. Les oreilles : vouloir réellement entendre au lieu de fuir comme Jonas. La volonté : être prêt à faire ce que Dieu dira, selon Jean 7:17, avec un « oui » comme réponse par défaut.
Que faire quand Dieu parle ?
En s'appuyant sur 1 Samuel 3:9-10, le prédicateur invite à attendre Dieu avec une attitude d'attente, à lui répondre de tout son cœur comme Samuel (« Parle, car ton serviteur écoute »), puis à s'abandonner à ses plans. Dieu parle toujours de ses plans pour nos vies, comme il l'a fait pour Jérémie, Élisée ou Matthieu.