Introduction
« Un accueil chaleureux, c'est une phrase, c'est un mot. Qui ici dirait le contraire ? » Lors du culte du 25 octobre 2026 à l'Assemblée de Dieu de Montpellier Richter (EMR), le prédicateur aborde ce qu'il appelle « le dilemme de l'accueil ».
Le sujet s'inscrit dans la vision de l'Église pour l'année. Elle veut être une Église accueillante, et l'accueil chaleureux est la première des cinq valeurs que les équipes travaillent depuis septembre. Mais l'accueil que la Bible demande va bien plus loin qu'une poignée de main ou un bonjour : il s'agit de s'accueillir comme Christ nous a accueillis.
Le message suit Romains 15, Jacques 2, l'épître à Philémon et Luc 11, pour arriver à une découverte qui a « bouleversé » le prédicateur le matin même : l'accueil repose sur le pardon et sur la compassion. Il annonce qu'il poursuivra ce dernier point lors d'un prochain message.
Plan du message
1. Une Église accueillante, une vision pour l'année
- La raison d'être de l'Église, c'est la mission confiée par Jésus en Matthieu 28:19-20 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »
- Pour répondre à cette mission, l'Église s'est donné une phrase de vision : « Nous voulons une Église accueillante où chacun peut découvrir l'amour de Dieu, trouver la paix, grandir dans la foi en Jésus, partager la joie et servir les autres avec générosité. »
- Cinq valeurs en découlent : un accueil chaleureux, un amour sincère, une paix rassurante, une joie qui rayonne et une générosité désintéressée. « Ce ne sont pas juste des mots », ce sont des choses à mettre en pratique.
- « Un peuple qui n'a pas de vision, qui n'a pas de direction, marche finalement sans frein. » Le but est de savoir où l'on veut aller.
2. Comme Christ nous a accueillis
- Romains 15:7 : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » Paul s'appuie sur la façon dont Jésus nous a reçus.
- Le Seigneur n'a pas dit : « Toi, tu es beau, toi, tu es belle, donc je peux t'accueillir. » Il n'a pas regardé la taille ni l'origine, européen, africain, sud-américain ou nord-américain. Homme, femme, enfant, personne âgée : il accueille tous ceux qui viennent à lui.
- Il nous a accueillis par grâce. Nous n'avons rien demandé, nous ne le méritions pas. Jésus a livré sa vie sur la croix « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3:16).
- Il nous a accueillis avec compassion et miséricorde : « Notre vie était cassée, notre vie était abîmée, il y avait des fissures. » Le Seigneur nous a pris par la main et nous a transformés.
- Le verset 6 précise : « tous ensemble ». L'accueil n'est pas l'affaire des responsables, des pasteurs ou de ceux qui servent dans une équipe. C'est l'affaire de tous, y compris envers ceux qui sont là depuis cinq, dix, vingt ou trente ans.
3. Notre réalité : la tentation de faire des différences
- Jacques 2 décrit une scène dans une assemblée chrétienne : un homme avec un anneau d'or et un habit magnifique reçoit la place d'honneur, le pauvre misérablement vêtu est laissé debout ou assis sous le marchepied.
- Jacques écrit à des chrétiens. Au milieu de cette Église, on faisait des différences, et il leur dit : « Attention, est-ce que c'est normal d'agir ainsi ? » La conclusion est nette : « si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché » (Jacques 2:9).
- Le prédicateur évoque le monde missionnaire, où un simple bol de riz apporté à des enfants orphelins est partagé avec joie, sans faire de différence. Dans notre monde occidental, il y a du gaspillage, des classes sociales, des jugements sur l'apparence, la couleur de peau ou le portefeuille.
- « Je crois que l'Église a un message à donner à ce monde. » Ce qui unit des hommes et des femmes si différents, c'est l'œuvre et le salut de Jésus-Christ à la croix.
- Il raconte avoir présenté dans la rue un chrétien en disant : « C'est mon frère. » Devant l'étonnement, puisque la couleur de peau n'était pas la même, il a précisé : « On est ensemble dans la même Église et on aime Jésus. » « C'est extraordinaire, la foi chrétienne. Elle fait de nous des frères et des sœurs en Christ. »
- L'accueil, c'est aussi l'attention aux plus âgés. La veille, le prédicateur boitait et traînait du pied. Rentré à la maison, il a demandé au Seigneur de poser sa main, et le matin même cela allait beaucoup mieux. Cela lui a rappelé que les douleurs des aînés sont réelles, et qu'il faut savoir prendre la main de quelqu'un pour l'aider à monter.
4. Le dilemme de l'accueil : Philémon et Onésime
- Le texte de Philémon l'a interpellé « ce matin très tôt », « comme un déclic, comme une révélation, comme un point d'ancrage ». Une lettre d'un seul chapitre, rapide, « mais combien profonde ».
- Onésime était esclave dans la maison de Philémon. Il est parti, et pas les poches vides. Converti auprès de Paul, il reçoit l'ordre de retourner chez son maître avec cette lettre.
- Le prédicateur se met à la place de Philémon : on n'a pas gardé un bon souvenir d'Onésime, et la première réaction serait de régler ses comptes. « Tu arrives ? Tu vas en prison. »
- Paul demande autre chose : le recevoir « non plus comme un esclave, mais comme supérieur à un esclave, comme un frère bien-aimé » (Philémon 1:16). Celui qui autrefois « t'a été inutile » est maintenant utile (verset 11). « Si donc tu me tiens pour ton ami, reçois-le comme moi-même » (verset 17).
- Celui qui arrive a commis un tort, mais il a vécu une transformation. Philémon peut désormais le regarder, non plus par le prisme de la condamnation, mais comme un frère, et le prendre dans ses bras.
5. Un accueil à la hauteur de ce que le Seigneur attend
- Cette scène rappelle au prédicateur la parabole de Luc 11:5-10. Un ami arrive de voyage au milieu de la nuit, et celui qui l'accueille n'a « rien à lui offrir ». Il sort dans la nuit demander trois pains à un autre ami, pour que l'accueil soit à la hauteur du besoin.
- Comme pour Philémon, il faut accueillir « en rehaussant le niveau » : ce n'est plus un esclave, c'est un frère. « Au-delà de Paul, c'est surtout comment Jésus voudrait que les choses se passent. »
- Voilà le dilemme : « Seigneur, qu'attends-tu de moi ? » La Bible dit d'accueillir comme le Seigneur nous a accueillis, « pas comme le président de la République ou le maire le ferait ». « La barre est haute. »
- La réponse est dans la parabole : « Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira » (Luc 11:9). Si notre cœur désire accueillir et prendre soin, Dieu donne ce qui est nécessaire.
- Le prédicateur évoque la multiplication des pains : devant la foule, les disciples n'ont que quelques pains et quelques poissons, et le Seigneur dit que cela suffit. « Les provisions viennent de Dieu », mais nous devons donner avec ce qu'il met à notre disposition.
6. Le chemin de Dieu : le pardon et la compassion
- « L'accueil repose sur l'acceptation de l'autre. » On ne peut accueillir quelqu'un que si on l'accepte, et on ne peut pas l'accepter si l'on garde un grief contre lui.
- L'accueil tel que Christ le veut « ne peut être de qualité que dans la mesure où il n'y a aucun a priori dans mon cœur ». Ce n'est pas juste une poignée de main ni un bonjour : c'est accepter l'autre sans animosité ni rancœur.
- « L'accueil fait intervenir le pardon. » Dieu nous a accueillis parce qu'il nous a pardonnés en Jésus-Christ. Rien en nous ne pouvait lui plaire. Le pardon doit donc être « une réalité vécue, entretenue, conservée » dans le cœur du chrétien.
- Le pardon oblige à une certaine vulnérabilité. Philémon devra parler à Onésime : « Ce que tu as fait m'a peut-être fait mal, c'est vrai qu'on ne s'est pas entendus, mais tu es mon frère et je veux te prendre dans mes bras. » C'est difficile, mais « le pardon avec un élan de compassion et de miséricorde, c'est ce qui donne un accueil de qualité ».
- La compassion, c'est « souffrir avec ». Le prédicateur s'arrête sur le mot hébreu yada, qu'il présente comme le mot de la compassion et qui signifie aussi « connaître ». On le trouve en Genèse 3:5, « Dieu sait », puis en Exode 2:25, où la Louis Segond le rend ainsi : « Dieu regarda les enfants d'Israël, et il en eut compassion. » En Exode 3:7, l'Éternel dit : « je connais ses douleurs. » « La compassion repose sur le fait que je sais. »
- « Accueillir l'autre, c'est commencer par faire à l'autre ce que je voudrais qu'on fasse pour moi », parce que je connais les douleurs de la vie humaine. « L'autre, c'est toi dans un moment ou un autre, dans une épreuve ou dans une autre circonstance. »
- Le Seigneur s'est identifié à nous : il a quitté la gloire, pris un corps humain, pleuré, marché, eu faim et soif ; « le Fils de l'homme n'a pas un lieu où reposer sa tête » (Matthieu 8:20). Il a accueilli ceux qui venaient à lui parce qu'il connaissait leurs souffrances.
- Dans la prière finale, le prédicateur demande de ne pas ressembler au fils aîné de la parabole du fils prodigue, qui refuse de recevoir son frère, mais au père qui court sur le chemin à sa rencontre (Luc 15:11-32).
Points à retenir
- Christ nous a accueillis sans faire de différence, par grâce, avec compassion. C'est le modèle de notre accueil.
- L'accueil n'est pas l'affaire des seuls responsables : c'est l'affaire de tous, « tous ensemble ».
- Faire acception de personnes selon l'apparence, le rang ou l'origine est un péché que Jacques dénonce dans l'Église elle-même.
- Accueillir comme Jésus, c'est voir celui qui revient non plus par le prisme de son passé, mais comme un frère : la barre est haute, et Dieu fournit les ressources.
- Il n'y a pas de vrai accueil sans pardon, et la compassion naît du fait de connaître la douleur de l'autre.
Application personnelle
- Quand quelqu'un arrive dans ton Église, considères-tu que l'accueil est l'affaire des autres ou la tienne ?
- Te surprends-tu à regarder l'apparence, la classe sociale ou l'origine de ceux que tu rencontres avant de les accueillir ?
- Y a-t-il un « Onésime » dans ta vie, quelqu'un qui t'a causé du tort et que tu as du mal à recevoir comme un frère ou une sœur ?
- Quel grief ou quel a priori dois-tu remettre au Seigneur pour pouvoir accepter l'autre ?
- Qui, autour de toi, traverse une épreuve que tu connais toi-même, et à qui tu pourrais adresser une parole d'encouragement cette semaine ?
Versets cités
- Romains 15:5-7
- Matthieu 28:19-20
- Jean 3:16
- Jacques 2:1-9
- Philémon 1
- Luc 11:5-10
- Jean 6:5-13
- Genèse 3:5
- Exode 2:25
- Exode 3:7
- Matthieu 8:20
- Luc 15:11-32
Questions fréquentes
Que veut dire s'accueillir « comme Christ nous a accueillis » ?
Le Seigneur nous a accueillis sans faire de différence : homme, femme, enfant, personne âgée, quelle que soit l'origine ou l'apparence. Il l'a fait par grâce, alors que nous ne le méritions pas, avec compassion et miséricorde. Romains 15:7 nous demande de suivre ce modèle, tous ensemble, et pas seulement les responsables ou les équipes d'accueil.
Quel est le dilemme de l'accueil dans l'épître à Philémon ?
Onésime, ancien esclave de Philémon, était parti en lui causant du tort. Converti auprès de Paul, il revient. Philémon pourrait vouloir régler ses comptes, mais Paul lui demande de le recevoir non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé. L'accueil demandé est à la hauteur de ce que Jésus attend, et la barre est haute.
Pourquoi le pardon est-il au cœur de l'accueil ?
On ne peut accueillir quelqu'un que si on l'accepte, et on ne peut pas l'accepter en gardant un grief contre lui. Dieu nous a accueillis parce qu'il nous a pardonnés en Jésus-Christ. Pour accueillir l'autre, le pardon doit donc être une réalité vécue et entretenue, accompagnée de grâce, de miséricorde et de compassion.