Introduction
Cette étude biblique de l'Assemblée de Dieu de Montpellier Richter ouvre une série qui portera un fil conducteur : croire Dieu même quand la promesse tarde. Le point de départ est le Psaume 119:105 : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. »
La lampe et la lumière ont la même fonction, éclairer, mais pas avec la même intensité. La lampe éclaire tes pas, ta marche de chaque jour. La lumière te permet de voir le chemin à parcourir. Avant de parler des promesses qui tardent, le prédicateur prend donc le temps de regarder le livre qui les contient : comment la Bible est composée, ce que veut dire le mot « testament », quels livres Jésus lisait et pourquoi toute l'Écriture est utile.
Plan du message
1. Une Parole gardée dans des vases de terre
- La Bible protestante compte 66 livres : 39 dans l'Ancien Testament et 27 dans le Nouveau Testament.
- En Jérémie 32:14, Dieu ordonne de prendre le contrat d'acquisition, celui qui est cacheté et celui qui est ouvert, et de les mettre « dans un vase de terre, afin qu'ils se conservent longtemps ».
- Le prédicateur y voit plus que le sens littéral. Des textes anciens ont été retrouvés dans des grottes, notamment à Qumran, conservés dans des jarres. « Le Seigneur est le meilleur apothicaire » : il savait que ces vases garderaient sa Parole.
- Aujourd'hui encore, dans certains pays, on brûle la Bible ou l'on peut être arrêté et mis en prison pour en avoir une. L'Église accueillera bientôt les Gédéons, puis l'Action évangélique pentecôtiste, qui travaille auprès des Églises persécutées.
- Nous sommes, nous aussi, des vases de terre qui ont reçu le salut et les promesses du Seigneur. Nous sommes appelés à les garder et à avancer avec elles.
- « Quel est ton livre de chevet ? » La Bible est le livre le plus lu et le plus traduit au monde. Encore faut-il la lire, prendre le temps de s'arrêter et d'y chercher les réponses de Dieu.
- Il faut la donner aux enfants pendant qu'ils sont jeunes, afin que, devenus vieux, ils ne s'en détournent pas (Proverbes 22:6). Le jour même, l'Église avait offert une Bible à un couple qui se mariait : que cette Parole soit le rocher, le centre de leur foyer.
2. Testament veut dire alliance
- En français, un testament est un acte rédigé devant notaire avant sa mort. Mais Dieu n'est pas mort et il ne nous a pas laissé un héritage en disparaissant.
- Le mot hébreu est berith, le mot grec diathèkè : ils désignent une alliance, un pacte, un traité, un engagement. Le mot « testament », du latin testamentum (contrat), arrive à partir de la fin du IIe siècle.
- La Bible contient donc deux contrats et deux partenaires : Dieu et l'homme, Dieu et toi.
- Quand un testament est ouvert chez le notaire et que tout se passe bien, ce qui a été légué est transmis sans ambiguïté. « Combien plus pour Dieu, qui a fait alliance avec nous et qui est vivant. » Dieu n'est point un homme pour mentir (Nombres 23:19). Ce qu'il dit, il le fait.
- Si la promesse tarde, l'Écriture dit : attends-la, car elle s'accomplira certainement (Habacuc 2:3). Dieu veille sur sa parole pour l'exécuter.
3. La nouvelle alliance, une alliance de liberté
- Jérémie 31:31 annonce : « Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle. » Cette alliance nouvelle a été conclue par le sacrifice de Jésus-Christ à la croix, dans son sang.
- En Galates 4:22-26, Paul oppose les deux fils d'Abraham : celui de l'esclave, Agar, né selon la chair, et celui de la femme libre, Sara, né en vertu de la promesse. La Jérusalem d'en haut est libre, « c'est notre mère ».
- La nouvelle alliance ne repose pas sur l'esclavage mais sur la délivrance. « Nous sommes le peuple de la nouvelle alliance. » Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira (Jean 8:32).
- Pourquoi y a-t-il encore de l'esclavage dans des vies ? Parce que la nouvelle alliance doit d'abord être acceptée dans le cœur, puis vécue. Le baptême d'eau marque ce tournant : « Je m'engage avec le Seigneur sur le chemin de cette nouvelle alliance. »
- La loi a été donnée comme un pédagogue pour nous conduire à Christ (Galates 3:24). Mais la liberté de l'enfant de Dieu n'est pas de faire n'importe quoi : elle ne doit pas devenir un prétexte de vivre selon la chair (Galates 5:13). Notre liberté consiste à servir le Maître.
- L'alliance de mariage se porte au doigt. L'alliance de Dieu va plus loin : il a circoncis nos cœurs. D'où cette confession : « Je sais en qui j'ai cru » (2 Timothée 1:12).
4. Une alliance éprouvée, mais jamais rompue
- Le vent peut se lever, les tempêtes gronder, l'ennemi se moquer : celui qui a fait alliance avec toi a promis de te garder jusqu'au bout de la course.
- Le prédicateur méditait cette semaine avec son épouse sur Daniel. Serviteur fidèle, Daniel est quand même entré dans la fosse aux lions. « Dieu lui a permis d'entrer dans la fosse aux lions, mais Dieu n'a pas permis aux lions de le dévorer. »
- Dieu peut te laisser entrer dans l'épreuve, mais il ne laissera pas l'épreuve triompher de ta vie, parce qu'il est le Dieu de l'alliance.
- Schadrac, Méschac et Abed-Nego sont entrés dans la fournaise. C'est là que le roi a vu un quatrième homme (Daniel 3:25), image puissante du Seigneur Jésus. « Si tu veux que le Seigneur se révèle, il faut parfois entrer dans la fournaise. »
5. La Bible que Jésus lisait
- Au temps de Jésus, aucun livre du Nouveau Testament n'était écrit. En Luc 24:44, Jésus parle de ce qui est écrit à son sujet « dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes ». C'est sur ces livres que s'appuyaient les apôtres avant que les épîtres ne soient rédigées.
- Sous l'ancienne alliance, le pardon n'était pas simple : il fallait offrir un animal, et le souverain sacrificateur entrait seul, une fois par an, dans le lieu très saint. La loi demandait restitution : œil pour œil, mais aussi plaie pour plaie, brûlure pour brûlure (Exode 21:24-25).
- Sous la nouvelle alliance, tu peux prier dans ta chambre ou dans ta voiture : plus de barrière, plus d'intermédiaire, plus d'autre sacrifice, car l'Agneau de Dieu a été offert. Raison de plus pour demander pardon d'un cœur sincère et ne pas tenir pour profane le sang de l'alliance (Hébreux 10:29).
- L'Ancien Testament a été écrit en hébreu, avec quelques fragments en araméen. Le prédicateur invite à prier pour les traducteurs : une sœur en Christ, qui traduit encore la Bible dans des dialectes, expliquait qu'il faut parfois traduire « pain » par « igname » là où l'on ne mange pas de pain.
- Les scribes recopiaient la loi, les prophètes et les psaumes. Une lettre mal formée, un yod raté, et il fallait annuler toute la ligne. « Bénis Dieu d'avoir une Bible entre tes mains. »
- Jésus a lu le rouleau d'Ésaïe, l'a roulé et l'a rendu (Luc 4:17-20). L'eunuque éthiopien lisait lui aussi un rouleau en rentrant de Jérusalem (Actes 8:27-28).
6. Comment l'Ancien Testament est organisé
- Dans l'ordre juif traditionnel, on trouve la Torah (le Pentateuque, cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), les Prophètes antérieurs (Nevi'im Rishonim : Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois), les Prophètes postérieurs (Nevi'im Aharonim : Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et les douze petits prophètes), puis les Écrits (Ketouvim : Psaumes, Proverbes, Job, Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1 et 2 Chroniques).
- Les initiales de Torah, Nevi'im et Ketouvim forment le mot Tanakh. Dans les Ketouvim, cinq rouleaux, les Hamesh Megillot, sont lus lors de certaines fêtes juives.
- Le prédicateur rappelle que la Bible invite à prier pour Israël. Dans l'horloge de l'eschatologie, Israël est un « métronome » qui annonce le retour de Jésus.
- Notre Bible protestante range les mêmes 39 livres autrement : 5 livres du Pentateuque, 12 livres historiques, 5 livres poétiques et de sagesse (Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques), puis 17 livres prophétiques.
- Les Bibles catholique et orthodoxe comptent 46 livres dans l'Ancien Testament. On y trouve, comme dans la traduction de la Vulgate, des livres que le prédicateur appelle apocryphes : Tobie, Judith, 1 et 2 Maccabées, la Sagesse, l'Ecclésiastique ou Siracide, Baruch et des ajouts grecs à Daniel et Esther. Cela donne 16 livres historiques, 7 livres de sagesse et 18 livres prophétiques.
- Le fil de l'histoire va de la création à la chute, au déluge et à Babel, puis aux patriarches, aux douze tribus, à l'Exode, à la loi au désert, à la terre promise, aux rois et au schisme après Salomon. Dieu avait promis de ne pas diviser le royaume du vivant de Salomon à cause de David (1 Rois 11:12) : « Dieu est le Dieu de l'alliance, et il honore son alliance. »
- Avec Jésus s'ouvre la nouvelle alliance : naissance, baptême, enseignement, miracles, mort et résurrection, racontés par quatre témoins, Matthieu, Marc, Luc et Jean. Puis viennent la Pentecôte, l'annonce de l'Évangile, et l'attente de son retour.
7. Toute Écriture est inspirée de Dieu : laisser la Parole parler
- « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Timothée 3:16). L'auteur de la Bible est Dieu lui-même, qui a inspiré près de 40 auteurs sur près de 1 600 ans.
- Enseigner : Dieu nous donne connaissance et compréhension pour nous affranchir de ce qui nous retient.
- Convaincre : « nous sommes parfois si têtus », enfermés dans nos raisonnements. Il y a comme un débat intérieur entre nous et la Parole, et celui qui gagne la cause, c'est le Seigneur.
- Corriger : la Parole dit aussi « ce que tu fais là n'est pas juste ». Corriger, ce n'est pas faire du mal, c'est remettre droit ce qui n'était pas à sa place.
- Instruire : prendre de bonnes habitudes et de bons réflexes, conformes à la justice de Dieu.
- Les petits prophètes ne sont pas moins importants : on les appelle ainsi à cause de la taille de leurs livres. Torah signifie « instruction » ; en grec, nomos, la loi. Jésus n'est pas venu abolir la loi mais l'accomplir (Matthieu 5:17).
- « On ne peut pas faire dire à Dieu ce qu'il n'a pas dit. » Mais quand Dieu dit quelque chose, il veille à l'accomplir. On peut donc lui faire confiance et l'attendre.
- Ce que le prédicateur a retenu de ses premières études bibliques : la Parole de Dieu s'explique par elle-même. Ce qu'on lit dans un texte, on le retrouve dans un autre. Il ne faut rien inventer, mais chercher dans la Parole la réponse à la Parole.
- Il encourage même à s'intéresser aux textes originaux, qui donnent un autre éclairage.
- En évoquant Samuel, le prédicateur exhorte à ne laisser tomber à terre aucune des paroles sorties de la bouche de Dieu (voir 1 Samuel 3:19). L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matthieu 4:4).
- La prière finale demande pardon pour la négligence et le manque de temps, et réclame une soif, un zèle, pour lire, comprendre et méditer la Parole.
Points à retenir
- Ancien et Nouveau Testament veulent dire ancienne et nouvelle alliance : un engagement entre Dieu et toi.
- Dieu n'est pas un homme pour mentir. Si la promesse tarde, attends-la : il veille sur sa parole.
- La nouvelle alliance, conclue dans le sang de Jésus, est une alliance de liberté, à recevoir dans le cœur et à vivre chaque jour.
- Dieu peut te laisser entrer dans l'épreuve, mais il ne laissera pas l'épreuve triompher de ta vie.
- Toute l'Écriture est inspirée de Dieu pour enseigner, convaincre, corriger et instruire. Elle s'explique par elle-même.
Application personnelle
- Quel est ton livre de chevet ? Quelle place la Bible occupe-t-elle réellement dans tes journées ?
- Quelle promesse de Dieu te semble tarder en ce moment, et comment peux-tu l'attendre en te souvenant qu'il est le Dieu de l'alliance ?
- Y a-t-il un domaine de ta vie où tu vis encore comme sous l'esclavage, alors que Christ t'a affranchi ?
- Laisses-tu la Parole te convaincre et te corriger, ou cherches-tu à lui faire dire ce qui t'arrange ?
- Comment peux-tu transmettre la Parole de Dieu à tes enfants ou à ceux qui t'entourent cette semaine ?
Versets cités
- Psaume 119:105
- Jérémie 32:14
- Proverbes 22:6
- Nombres 23:19
- Habacuc 2:3
- Jérémie 31:31
- Galates 4:22-26
- Jean 8:32
- Galates 3:24
- Galates 5:13
- 2 Timothée 1:12
- Daniel 3:25
- Luc 24:44
- Exode 21:24-25
- Hébreux 10:29
- Luc 4:17-20
- Actes 8:27-28
- 1 Rois 11:12
- 2 Timothée 3:16
- Matthieu 5:17
- 1 Samuel 3:19
- Matthieu 4:4
Questions fréquentes
Que veut dire le mot « testament » dans Ancien et Nouveau Testament ?
Le mot hébreu berith et le mot grec diathèkè signifient alliance, pacte, traité, engagement. Le mot testament, du latin testamentum (contrat), s'est imposé à partir de la fin du IIe siècle. Parler d'Ancien et de Nouveau Testament, c'est parler de l'ancienne et de la nouvelle alliance entre Dieu et l'homme.
Quels livres Jésus lisait-il ?
Au temps de Jésus, aucun livre du Nouveau Testament n'était encore écrit. Jésus lisait ce qu'il appelle en Luc 24:44 la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes, c'est-à-dire les livres que nous appelons l'Ancien Testament et que les Juifs nomment le Tanakh.
Pourquoi la Bible catholique compte-t-elle plus de livres que la Bible protestante ?
La Bible protestante compte 39 livres dans l'Ancien Testament. Les Bibles catholique et orthodoxe en comptent 46, car elles incluent, comme la Vulgate, des livres que le prédicateur appelle apocryphes : Tobie, Judith, 1 et 2 Maccabées, la Sagesse, l'Ecclésiastique ou Siracide, Baruch et des ajouts grecs à Daniel et Esther.