Introduction
« Qu'est-ce qui est ultime dans l'univers ? » Phil, vicaire associé de Christ Church Mayfair à Londres, ouvre ainsi le second message consacré aux plaies d'Égypte, sur Exode 9:13-35 et 10:21-29. Pour lui, ce n'est pas une question réservée aux gens religieux : c'est une question humaine universelle. Qui, ou quoi, dirige ce monde ?
Les réponses sont aussi nombreuses que les cultures, d'Allah au karma, du chaos à la démocratie. Il y a dix ou quinze ans, beaucoup de Londoniens auraient répondu : des processus scientifiques, rien de plus. Aujourd'hui, il y a plus d'ouverture, mais aussi plus de confusion. Or tout en dépend : ta sécurité, ta paix, ton espérance quand tu te lèves le matin. Quand Dieu fait une promesse, qu'est-ce qui te fait croire qu'il a les moyens de la tenir ? Quand tu pries, qu'est-ce qui te donne confiance qu'il peut répondre, qu'il s'en soucie et qu'il prendra une bonne décision ?
La semaine précédente portait sur Pharaon. Celle-ci porte sur Dieu. Le prédicateur résume Exode 7 à 10 ainsi : le Dieu de la Bible est le seul vrai Dieu, « Dieu avec un grand D », et il est bon.
Plan du message
1. Le vrai combat : l'Éternel contre Pharaon
- Dans le film Le Prince d'Égypte, l'intrigue oppose Moïse à Pharaon, deux amis d'enfance devenus chefs de nations rivales. Mais ce n'est pas le duel que pose le récit biblique : dans l'Exode, c'est l'Éternel contre Pharaon.
- En Exode 5:2, Pharaon demande avec mépris : « Qui est l'Éternel ? » Il se tient lui-même pour dieu, l'autorité ultime en Égypte.
- Toute la narration avance vers la réponse. Dès Exode 7:5, Dieu annonce : « Les Égyptiens connaîtront que je suis l'Éternel. » La formule revient ensuite à plusieurs reprises (7:17, 8:10, 8:22, 9:14, 9:29, 10:2).
- Au Sinaï, Dieu se présente ainsi : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude » (Exode 20:2). Autrement dit : tu veux savoir qui je suis ? Je suis le Dieu qui a fait tomber le jugement sur l'Égypte pour sauver mon peuple.
- Ce n'est pas un combat de boxe en neuf rounds équilibrés avant le coup décisif du dixième. En Exode 9:15-16, Dieu dit qu'il aurait déjà pu effacer l'Égypte de la terre, mais qu'il a suscité Pharaon pour montrer sa puissance et faire proclamer son nom. Le refus obstiné de Pharaon était depuis toujours l'occasion prévue de déployer sa force.
2. Un seul Dieu, maître de toute la création
- Certains voient dans chaque plaie une victoire sur un dieu égyptien précis. Le prédicateur reste prudent : cela marche pour le Nil ou pour le soleil, beaucoup moins pour les mouches, et l'Égypte comptait au moins dix-huit dieux pour neuf plaies.
- Le texte montre plutôt trois séries de trois plaies, chacune révélant un aspect de la puissance de Dieu sur la création. Les trois premières passent par Aaron et sa verge, les trois suivantes viennent directement de l'Éternel, les trois dernières passent par Moïse. Dans chaque série, la première plaie est annoncée à Pharaon le matin, la deuxième dans son palais, la troisième sans avertissement. Cette structure soignée fait écho à Genèse 1 : Dieu manie la création qu'il a lui-même faite.
- Première série (sang, grenouilles, moustiques) : la maîtrise de Dieu n'a rien à voir avec celle des magiciens. Ils imitent les deux premières plaies par leurs enchantements (7:22 ; 8:7), ce qui n'aide guère un pays déjà privé d'eau. Mais ils échouent devant les moustiques et doivent avouer : « C'est le doigt de Dieu ! » (8:19).
- Deuxième série (mouches, mortalité du bétail, ulcères) : la question est le contrôle. Dieu distingue le pays de Gosen, où vit son peuple (8:22-23). Le prédicateur évoque la célèbre vidéo du chien Fenton, un ancien chien d'aveugle lâché dans Richmond Park à la poursuite des cerfs : une fois la laisse détachée, plus aucun contrôle. On imagine souvent les plaies ainsi, comme du chaos déchaîné. Le prédicateur affirme l'inverse : « Dieu contrôle le mouvement de chaque mouche et la propagation de chaque microbe. » Pas une seule bête des Israélites ne meurt (9:7).
- Troisième série (grêle, sauterelles, ténèbres) : une puissance incomparable. La grêle est la pire que l'Égypte ait connue (9:18), les sauterelles sans précédent (10:6). Puis viennent trois jours de ténèbres « telles qu'on puisse les toucher » (10:21). Le soleil envoie à la Terre en une heure plus d'énergie que l'humanité n'en consomme en un an, et Dieu l'éteint pour l'Égypte « comme tu éteins la lampe de ta chambre ».
3. Pas un dieu de plus, le Dieu de tous
- Les Égyptiens avaient Râ, Osiris et bien d'autres. Mais quand Moïse parle au nom du Dieu d'Israël, il parle d'autre chose. Le but des plaies est que l'on sache « que nul n'est semblable à moi sur toute la terre » (9:14).
- La bonne réponse d'un Égyptien n'est donc pas de faire une place à un dieu de plus dans son temple, mais de vider le temple de tous ces petits dieux et d'adorer le seul Seigneur qui règne sur la création.
- Le prédicateur raconte sa présence au forum d'accueil des étudiants de l'Imperial College, avec l'équipe étudiante de l'église, au milieu de jeunes venus du monde entier et de presque toutes les religions. Qu'est-ce qui nous donne le droit de les inviter à lire la Bible ? Nous ne leur présentons pas le dieu des chrétiens ou des Occidentaux, mais le Dieu de toute la création.
- « Non seulement nous avons le droit, mais nous avons le devoir de parler de lui à tous, parce qu'il est le Dieu qui a créé tous les hommes. » Et toi aussi, il t'a créé : il est ton Roi.
4. Une puissance qui juge et qui sauve
- Peu de gens citeraient ces chapitres parmi leurs préférés. Le prédicateur s'amuse de celui qui se demande pourquoi il a invité un ami non chrétien un dimanche de plaies. Pourtant, ce que l'on voit ici, c'est Dieu qui délivre les opprimés.
- Dieu a dit à Pharaon : « Laisse aller mon peuple. » Pharaon a refusé la parole de Dieu, il subit donc l'épée de Dieu. Les plaies accomplissent deux choses : un juste jugement et un puissant salut. « C'est de la justice, pas de la brutalité. »
- Le juste jugement apparaît dans la première plaie. Pharaon avait fait du Nil un lieu de mort pour les garçons hébreux (Exode 1:22). Le fleuve, source de vie pour l'Égypte, devient sang. Mais Dieu est aussi patient : il ne fait pas mourir les Égyptiens par le Nil, il leur donne un signe, un avertissement que la justice vient.
- Le salut apparaît dans la grêle et les ténèbres. En Josué 10 et au Psaume 18, la grêle, le tonnerre et les éclairs sont les signes de Dieu qui vient secourir son peuple : « Il abaissa les cieux, et il descendit » (Psaume 18:10).
- Trois jours de ténèbres tombent sur l'Égypte au moment où Dieu va sauver son peuple. Des siècles plus tard, trois heures de ténèbres tombent sur le pays quand Jésus meurt sur la croix, au cœur du plan du salut (Matthieu 27:45). Dieu ne fait pas d'esbroufe et ne joue pas avec Pharaon comme un chat avec une souris : il arrache des opprimés à un oppresseur qui voulait les tuer.
- Le prédicateur raconte une histoire attribuée à Norm Hadley, capitaine de l'équipe du Canada de rugby à la Coupe du monde 1991, un colosse de deux mètres. Dans le métro londonien, deux adolescents menaçaient une vieille dame qui leur avait demandé d'arrêter de fumer. Il les a soulevés et sortis du wagon à la station suivante. « Il avait une puissance immense, mais il ne s'en servait pas pour intimider. Il s'en servait pour secourir. »
5. Les pharaons d'aujourd'hui ne sont pas de taille
- Il y a encore beaucoup de pharaons dans le monde : des dirigeants comme Vladimir Poutine, des chefs islamistes qui brutalisent des régions entières d'Afrique subsaharienne. Et des pharaons plus petits, qui font de ton travail ou de ta famille un enfer de harcèlement et d'oppression.
- Face à eux, il est fortifiant de se rappeler la puissance du Dieu de la Bible et son penchant pour les opprimés. Un jour, il exercera un jugement juste et terrible contre tous les oppresseurs. En attendant, tu n'as pas à les craindre.
- Pharaon est resté terrifiant pour les Israélites jusqu'à la mer Rouge. Mais Dieu maîtrisait tout : les jours de Pharaon étaient comptés, « il était en laisse tout le temps ». Ce que tu crains n'est pas de taille face à celui qui a créé le monde.
- Le pharaon ultime n'est pas un dirigeant humain, ce sont les désirs coupables qui règnent sur nos cœurs désordonnés. Paul décrit le péché comme un maître d'esclaves (Romains 6), dans la ligne de Jésus : « Quiconque se livre au péché est esclave du péché » (Jean 8:34).
- Le prédicateur raconte avoir parlé cette semaine avec un homme qui pleurait de désespoir devant l'emprise de ses désirs coupables. « Voici l'espérance. » Le Dieu des plaies est plus que capable de te délivrer de l'esclavage profond et obscur du péché. Viens à lui et crie à lui.
6. Jésus est ce Dieu-là
- Beaucoup ressentent un malaise devant les plaies, surtout quand on prononce le nom de Jésus : le Dieu de l'Ancien Testament et Jésus semblent si différents.
- Pourtant, quand Jésus dit qu'il est Dieu fait homme, c'est de ce Dieu-là qu'il parle. Face aux chefs religieux, il reprend la parole du buisson ardent (Exode 3:14) : « Avant qu'Abraham fût, je suis » (Jean 8:58).
- Quand il change l'eau en vin, calme la tempête, chasse les microbes d'une maladie mortelle et terrifie les démons, il montre la même puissance sur la création que Dieu dans l'Exode.
- En Amérique latine, le prédicateur a connu un homme violent, couvert de tatouages, qui voulait quitter sa vie de criminel. Sa question : « Ton Jésus est-il plus puissant que le diable ? » Nous ne craignons peut-être pas le diable de la même façon, mais nous avons besoin de savoir si Jésus est assez fort face à ce qui nous opprime : la maladie, les troubles psychiques, le chômage, un mariage toxique, les conflits mondiaux, le terrorisme, des personnes qui ont trop d'emprise sur nous, l'avenir de nos enfants, nos désirs coupables.
- La puissance déployée dans l'Exode est entre les mains de Jésus, et il s'en sert pour bénir, protéger et secourir ses enfants. Mieux encore : à la croix, il est entré dans les ténèbres du jugement divin. Il est le Dieu qui, à la fin, déversera les plaies de la justice (Apocalypse), mais aussi celui qui a porté à notre place la plaie de la justice divine, pour qu'il y ait pardon « même pour des pharaons ».
- On garde volontiers un Jésus seulement humain : celui qui s'est offert en sacrifice, qui comprend nos souffrances, qui console. Il est tout cela. « Mais il est aussi le Dieu puissant qui peut te secourir. Il est plus grand que ce que tu affrontes maintenant, quoi que ce soit. »
Points à retenir
- Le récit des plaies oppose l'Éternel à Pharaon : son but est que tous sachent que nul n'est semblable à Dieu sur toute la terre.
- Les plaies ne sont pas du chaos déchaîné : Dieu contrôle chaque mouche, chaque microbe, et il éteint le soleil comme on éteint une lampe.
- Dieu se sert de sa puissance pour juger avec justice et pour délivrer les opprimés, pas pour écraser.
- Le pharaon le plus redoutable est le péché qui règne dans nos cœurs, et le Dieu de l'Exode est assez puissant pour nous en libérer.
- Jésus est ce Dieu-là : il a la même puissance, et à la croix il a porté le jugement à notre place.
Application personnelle
- Si quelqu'un te demandait ce qui est ultime dans ta vie, que répondrais-tu honnêtement, au vu de ce qui te rassure ou t'inquiète ?
- Quels « petits dieux » gardes-tu dans ton temple à côté du Seigneur, au lieu de lui laisser toute la place ?
- Quel pharaon, au travail, en famille ou dans le monde, te remplit de peur en ce moment ? Que change le fait qu'il soit « en laisse » ?
- Y a-t-il un désir coupable dont l'emprise te décourage ? Qu'est-ce qui t'empêche de crier au Seigneur pour être délivré ?
- Vois-tu Jésus seulement comme un ami compatissant, ou aussi comme le Dieu puissant, plus grand que ce que tu affrontes ?
Versets cités
- Exode 9:13-35
- Exode 10:21-29
- Exode 1:22
- Exode 3:14
- Exode 5:2
- Exode 7:5
- Exode 8:19
- Exode 8:22-23
- Exode 9:7
- Exode 10:6
- Exode 20:2
- Genèse 1
- Josué 10
- Psaume 18:10-15
- Matthieu 27:45
- Jean 8:34
- Jean 8:58
- Romains 6
Questions fréquentes
Pourquoi Dieu a-t-il envoyé les plaies sur l'Égypte ?
Exode 9:14-16 le dit : pour que Pharaon sache que nul n'est semblable à l'Éternel sur toute la terre, et pour que son nom soit publié partout. Pharaon refusait de laisser partir les Israélites réduits en esclavage. Dieu se sert de ce refus obstiné pour montrer sa puissance, juger l'oppresseur et libérer son peuple.
Les plaies d'Égypte sont-elles une preuve de la brutalité de Dieu ?
Non. Pour le prédicateur, c'est la justice et non la brutalité. Le Nil changé en sang répond à l'ordre de Pharaon de jeter les garçons hébreux dans le fleuve (Exode 1:22). Dieu avertit avant de frapper, il distingue son peuple des Égyptiens et il agit pour arracher des esclaves à un oppresseur qui voulait les faire mourir.
Quel lien entre le Dieu de l'Exode et Jésus ?
Jésus affirme être ce Dieu-là : « Avant qu'Abraham fût, je suis », reprenant le nom révélé au buisson ardent. Il montre la même autorité sur la création en changeant l'eau en vin, en calmant la tempête et en guérissant les malades. À la croix, il entre dans les ténèbres du jugement et porte lui-même la plaie de la justice divine à notre place.