Hébreux 11 : la foi voit ce que tes yeux ne voient pas

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Introduction

« Qui ose dire honnêtement qu'il est assis ici ce matin parce que ses parents l'y obligent ? » C'est par cette question aux jeunes que Henk Huurdman ouvre son message lors du culte de jeunesse de la Vrije Evangelische Gemeente Kampen, aux Pays-Bas. Puis il pose la même question aux plus âgés : qui allait autrefois à l'église parce que ses parents le voulaient ? C'est la grande majorité.

Le thème du culte est « Je crois », suivi d'un point d'exclamation et d'un point d'interrogation. Le prédicateur, né et élevé à Kampen, 43 ans, marié et père de trois enfants, le sait de l'intérieur : pendant des années, sa foi n'était qu'un grand point d'interrogation. Il a tissé son témoignage personnel à travers tout le message.

À partir d'Hébreux 11, il montre ce qu'est la foi, pourquoi elle tient même quand Dieu semble loin, et comment chacun peut devenir, pour son entourage, un héros de la foi.

Plan du message

1. Je crois : point d'exclamation ou point d'interrogation ?

  • Jusqu'à 38 ans, Henk Huurdman allait surtout à l'église parce qu'un autre le voulait : d'abord ses parents, puis sa femme, qui souhaitait qu'il vienne pour les enfants. Élevé dans une famille chrétienne, il n'y comprenait pas grand-chose : « J'avais plus de questions que de réponses. »
  • Cinq ans après sa conversion, il dit : « Je crois, avec un point d'exclamation. » Sa vie a été profondément changée. Il a voulu tout savoir sur Dieu et sur la Bible, et il s'est mis à étudier la théologie en plus de son travail.
  • Il prêche depuis peu, et chaque fois, en préparant ou en venant à vélo, il se demande : « Dans quoi est-ce que je me suis lancé ? » Mais il a découvert une chose : « Mon histoire avec Dieu compte, mais ton histoire avec Dieu compte aussi. Nous avons besoin des histoires les uns des autres. »
  • Il rappelle le jeu agaçant de l'enfance, « je vois, je vois ce que tu ne vois pas ». Pendant des années, ses parents, sa femme et ses amis voyaient quelque chose qu'il ne voyait pas. Peut-être es-tu dans la même situation, ou peut-être crois-tu depuis longtemps avec des questions restées sans réponse.

2. Une foi sous pression, tournée vers demain

  • Quand on regarde les informations, Dieu semble parfois plus loin qu'on ne le voudrait. Les destinataires de l'épître aux Hébreux avaient eux aussi toutes les raisons de se demander où était Dieu.
  • La lettre s'adresse à un groupe de chrétiens juifs, probablement à Rome ou dans ses environs. La société se retournait contre eux : on se moquait d'eux, parfois avec violence. Beaucoup envisageaient de renoncer à leur foi en Jésus.
  • La question devient la nôtre : comment continuer à faire confiance quand tu ne vois pas ce que tu espères ? La réponse de l'auteur : « Garde ta foi, même quand tu ne vois pas ce que tu espères. »
  • Hébreux 11:1 définit la foi : « une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. »
  • Le prédicateur imagine Daan et Emma, 16 et 17 ans, follement amoureux. Ils voient déjà leur avenir ensemble. Les amis de Daan ne comprennent pas : « Qu'est-ce que tu lui trouves ? Tu dois rompre. »
  • Daan ne s'en soucie pas. Il n'a aucune garantie, mais l'espérance d'un avenir avec Emma détermine sa manière de vivre aujourd'hui. Il voit un avenir que ses amis ne voient pas encore.
  • « C'est exactement cela, croire : vivre à partir de l'espérance de ce que Dieu a promis, même si tu ne peux pas encore le voir de tes propres yeux. »
  • Il reconnaît la limite de l'image : l'amour rend aussi aveugle, et on peut être trompé en amour. L'assurance dont parle le verset 1, on ne l'a souvent pas dans l'amour humain. Alors, la foi en Dieu n'est-elle qu'une belle conviction, un sentiment, une confiance naïve ?

3. Des questions honnêtes

  • Henk Huurdman s'est longtemps posé ces questions : « Qui ou quoi dois-je croire ? À quoi sert de croire ? Comment savent-ils avec tant de certitude que c'est vrai ? » En somme : « Qu'est-ce qu'ils voyaient que je ne voyais pas ? »
  • Puis, il y a cinq ans, Dieu lui a ouvert les yeux. Il a commencé lentement à voir ce que les autres voyaient depuis toujours, et il n'arrivait pas à croire qu'il avait été aveugle si longtemps. « Autant je m'étais opposé à la foi, autant je voulais maintenant tout en savoir. »
  • Une question l'a alors saisi : si ce que Dieu promet est vrai, comment tant de gens, même des chrétiens, peuvent-ils dormir ? « Si c'est vraiment vrai, tu as envie de crier l'Évangile de Jésus-Christ sur les toits. »
  • Il nomme les objections : la foi serait un vœu pieux, une belle histoire contre la peur, la douleur et la mort. Ou bien : si Dieu existe, pourquoi se tait-il depuis des siècles ? « Ce sont des questions honnêtes, je les ai posées moi-même. » L'auteur de l'épître ne les efface pas : il tourne nos regards vers ceux qui nous ont précédés.
  • Avant cela, il avertit (Hébreux 10:37-39) : « Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi ; mais, s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. » Il appelle ses lecteurs à tenir bon, car l'enjeu est grand.

4. « Un jour, il n'y aura plus rien à choisir »

  • Lors d'une sortie d'entreprise, un jeune collègue assis à côté de lui dans le bus lui demande en riant : « Henk, tu crois, non ? Et si, quand tu seras mort, il n'y a rien du tout, tu auras cru pour rien toute ta vie. »
  • Le prédicateur retourne la question : « Et si toi, tu n'as jamais cru, que tu meurs et que tout cela se révèle vrai ? » Le collègue, silencieux : « Alors je crois que j'ai un problème. » La conversation s'est arrêtée là. C'était juste après sa conversion : il n'était pas encore assez habile pour réorienter la conversation et lui parler de Jésus.
  • Quelques années plus tôt, sa femme lui avait dit en substance la même chose : « Un jour viendra où il n'y aura plus rien à choisir. » Cette phrase l'a réveillé.
  • Elle touche le cœur d'Hébreux 11 : la foi n'est pas seulement croire que Dieu existe, c'est faire confiance à ce qu'il a promis, à quelque chose qui vient encore. C'est notre espérance.
  • Cette espérance ne tombe pas du ciel. D'une couverture à l'autre, la Bible raconte le plan de Dieu pour restaurer sa création et sa relation avec l'homme. Ce qui est perdu dans la Genèse est restauré en Jésus-Christ, et la Bible se termine, dans l'Apocalypse, sur la perspective d'une nouvelle création où Dieu habite avec les hommes, sans mort, ni douleur, ni deuil.
  • Le chemin vers cette promesse, c'est Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). Voilà pourquoi l'auteur insiste tant pour ne pas lâcher Jésus.

5. Les témoins qui nous ont précédés

  • Comment savoir que la promesse est digne de confiance ? L'auteur désigne des témoins, des gens qui ont fait confiance à Dieu alors qu'ils ne voyaient pas encore l'accomplissement.
  • Noé n'a pas vu la pluie ni le déluge, mais il a fait confiance à Dieu, et il a construit l'arche. Abraham n'avait aucune idée de l'endroit où il allait ni de ce qu'il vivrait en route : il n'a pas vu sa destination, mais il a fait confiance à Dieu et il est parti.
  • De Moïse, il est écrit qu'il quitta l'Égypte sans craindre la colère du roi, « car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Hébreux 11:27). Le prédicateur l'entend dire au pharaon : « Je n'ai pas peur de toi, car je vois ce que tu ne vois pas. »
  • À la fin de la liste apparaît Rahab, la prostituée. Pas un roi, pas un grand chef puissant : la seule dont le métier est mentionné. Comme si l'auteur voulait dire : peu importe que tu sois impressionnant, d'où tu viens ou ce que tu as vécu, ce qui compte est de faire confiance à Dieu quand il le faut et de le suivre.
  • Le fil rouge de la liste : « Pas la grandeur de l'acte, mais la présence de la confiance. » Ils ont tenu bon, non parce que leur vie était facile ou qu'ils comprenaient tout, mais parce qu'ils croyaient que Dieu ferait ce qu'il avait promis (Hébreux 11:13).
  • Les premiers lecteurs, eux, pouvaient regarder en arrière vers Jésus-Christ : sa naissance, sa crucifixion, sa résurrection. Dieu avait commencé à accomplir sa promesse finale. D'où la question du prédicateur : « Si ces héros de la foi ont fait confiance à Dieu sans voir l'accomplissement, et si nous voyons ce que Dieu a fait en Jésus, quelle est ta raison de ne pas faire confiance à Dieu ? »

6. Des héros de la foi plus proches que tu ne le penses

  • Henk Huurdman a compris que ses héros de la foi étaient plus proches qu'il ne le pensait : un grand-père et une grand-mère, ses parents, sa femme, des amis qui ont continué à prier pour sa conversion. « C'est ce que fait la promesse de Dieu : elle met des gens à genoux pour un autre, parce qu'ils savent ce qui est en jeu. »
  • L'un d'eux était son père, mort il y a deux ans d'une tumeur au cerveau après une courte maladie. De son vivant, il parlait peu de sa foi. Sur son lit de mort, il s'est épanoui : aucune trace de peur ni de douleur. Il a témoigné de l'amour de Dieu devant une famille presque entièrement athée, sans s'en soucier.
  • « Voir l'espérance vraiment fleurir juste avant la mort de quelqu'un, c'est l'une des choses les plus précieuses qu'on puisse vivre. Comme si l'invisible était déjà vu. Comme s'il voyait déjà Jésus au loin lui dire : viens. Et lui : je suis prêt. » Sa mère, dans son deuil, a elle aussi puisé espérance et force dans sa foi.
  • « Leur histoire avec Dieu a changé mon histoire avec Dieu. » Il est donc important de témoigner de ce que Dieu fait dans nos vies, non pour se mettre sous les projecteurs, mais pour montrer que Dieu est encore réellement présent aujourd'hui.

7. Sois un héros de la foi

  • Son appel principal : « Sois un héros de la foi pour ton entourage, afin que chacun puisse voir à travers toi quelque chose de la magnifique promesse de Dieu. » Un héros de la foi n'est pas quelqu'un qui sait tout ni qui ne doute jamais, c'est quelqu'un à travers qui un autre peut voir l'amour de Dieu.
  • Aux grands-parents : continuez à prier pour la foi de vos enfants et petits-enfants, et racontez ce que Dieu a fait dans votre vie. Aux parents : montrez à vos enfants à quoi ressemble une vie pleine d'espérance avec Dieu, justement dans les temps difficiles. Aux jeunes qui ont donné leur cœur à Jésus : témoignez de l'amour de Dieu à l'école, au sport, en sortie, simplement tels que vous êtes.
  • Tous ces héros étaient des gens ordinaires, avec leurs défauts, pas des super-héros. Dieu travaille à travers nos fragilités et ne dépend pas de nos maladresses ni de nos bégaiements.
  • À celui qui doute encore, quel que soit son âge, il propose de commencer simplement. Croire a deux directions : regarder vers le haut et faire confiance à Dieu, regarder en avant et attendre Jésus.
  • « Si tu te dis : je ne le vois vraiment pas, ose être honnête, non devant tes parents, ton conjoint ou moi, mais devant Dieu. » Et prie simplement : « Dieu, je ne sais pas, mais montre-le-moi. Viens au secours de mon incrédulité. Viens au secours de mon doute. » C'est exactement cette prière qui a changé sa vie.

Points à retenir

  • La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère : elle fait vivre aujourd'hui à partir de ce que Dieu a promis pour demain.
  • Les doutes sont des questions honnêtes. L'Écriture ne les efface pas : elle nous montre ceux qui ont fait confiance à Dieu avant nous.
  • Ce qui relie les héros d'Hébreux 11, ce n'est pas la grandeur de leurs actes, mais leur confiance, de Noé jusqu'à Rahab.
  • Nous voyons ce que Dieu a déjà fait en Jésus. Cela nous laisse encore moins de raisons de ne pas lui faire confiance.
  • Ton histoire avec Dieu compte : quelqu'un peut voir l'amour de Dieu à travers toi.

Application personnelle

  1. Ta foi ressemble-t-elle aujourd'hui davantage à un point d'exclamation ou à un point d'interrogation ?
  2. Quelles questions honnêtes sur Dieu portes-tu sans jamais les lui avoir dites ?
  3. Qui ont été, pour toi, les héros de la foi qui ont prié pour toi ou t'ont montré l'espérance ?
  4. Pour qui, dans ta famille, à l'école ou au travail, peux-tu être un héros de la foi cette semaine ?
  5. Oses-tu prier simplement : « Dieu, je ne sais pas, mais montre-le-moi » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que dit Hébreux 11:1 sur la foi ?

La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. Pour Henk Huurdman, croire, c'est vivre aujourd'hui à partir de l'espérance de ce que Dieu a promis, même quand on ne le voit pas encore de ses propres yeux.

Pourquoi Rahab figure-t-elle parmi les héros de la foi ?

Rahab n'est ni un roi ni un grand chef : c'est la seule de la liste dont le métier est mentionné. Selon le prédicateur, l'auteur veut montrer que peu importe d'où tu viens ou ce que tu as vécu, ce qui compte est de faire confiance à Dieu quand il le faut et de le suivre.

Comment prier quand on doute de Dieu ?

Henk Huurdman invite à être honnête, non devant ses parents ou son conjoint, mais devant Dieu, et à prier simplement : « Dieu, je ne sais pas, mais montre-le-moi. Viens au secours de mon incrédulité. » Il témoigne que cette prière toute simple a changé sa vie.

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