Introduction
« Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie ; car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait qu'il le verrait faire quelque miracle » (Luc 23:8). Pour Jean-Paul Burkhard, c'est un verset clé, et il interpelle chacun : de quelle manière suis-je venu ici ce matin ?
Le message est donné à Genève, lors du culte du 11 octobre 2026, accueilli par le pasteur Samuel. Le prédicateur rappelle d'abord que le bâtiment n'est pas l'Église : « Nous sommes l'Église », des pierres vivantes, une habitation de Dieu en esprit. Puis il pose sa question : quelle rencontre fais-tu avec Jésus ? Elle est personnelle, mais il faut voir ce qui la motive.
Il parcourt quatre textes : Luc 23, le Psaume 146, Jean 12 et Colossiens 2. Le fil est le même du début à la fin : Jésus n'est pas un spectacle. Il veut te rencontrer là où tu en es, pour toucher ton cœur là où il doit être touché.
Plan du message
1. Hérode, l'observateur qui voulait un miracle
- Le verbe « voir » utilisé ici, explique le prédicateur, c'est observer à fond, regarder parce qu'on y a un intérêt et qu'on veut en tirer un petit profit. La preuve : Hérode a une grande joie parce qu'il espère un miracle.
- « Jésus, je suis désolé de le dire, n'est pas un clown. » Hérode le traite comme tel. Jésus, lui, avait déjà dit autre chose d'Hérode : il l'avait appelé « ce renard » (Luc 13:32).
- Tu viens peut-être au culte avec cette même attitude d'observateur, pour voir ce qui se passe. Dieu est libre, mais vouloir rencontrer Jésus est un risque, « plutôt un grand », parce que tu te places devant une personne qui va te demander de te déterminer.
- Jésus ne répond pas à la requête d'Hérode.
2. Les miracles ne garantissent pas ta fidélité
- Israël est sorti de 430 ans d'esclavage non par sa force, mais par les dix plaies qui ont jugé les dieux de l'Égypte. Ces plaies ont été extraordinaires, et pourtant Israël n'a pas été fidèle dans le désert.
- Le peuple a regretté « les petits fours d'Égypte » et oublié les briques, la paille retirée et une condition qui allait de pire en pire.
- « De vivre des miracles n'est pas la garantie de ta fidélité dans la marche avec le Seigneur. On a tous le même cœur. Il faut plus que ça. » Si ta foi repose sur un Jésus qui fait des miracles, elle ne tiendra pas.
- Viens-tu pour le glorifier, le servir et l'honorer, ou pour l'utiliser ? Le fondement, c'est son œuvre : il t'a pardonné, il t'a racheté au prix de son sang.
- Le Seigneur a interpellé Israël, lassé de sa table (Malachie 1:12-13). « Si l'œuvre de Dieu te fatigue, tu es un religieux. » Paul a été exténué par les persécutions, mais il n'était pas usé pour Dieu. « Si tu penses que Dieu t'use, c'est toi qui t'uses. » Jésus appelle ceux qui sont fatigués et chargés à prendre son fardeau, doux et léger (Matthieu 11:28-30).
3. Le Psaume 146 : un Dieu qui se donne sans calcul
- « Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, qui met son espoir en l'Éternel, son Dieu » (Psaume 146:5). « L'Éternel, son Dieu, c'est déjà toute une prédication. » Celui qui ne change pas a la puissance de te délivrer.
- Il a fait les cieux, la terre et la mer. Il garde la fidélité pour toujours, il fait droit aux opprimés, donne du pain aux affamés, délivre les captifs, ouvre les yeux des aveugles et redresse ceux qui sont courbés.
- « L'Éternel aime les justes » : non par ta propre justice, mais par une justice qui vient de celui qui t'a justifié, quand tu viens l'aimer et t'offrir à lui en adoration.
- « Quand tu te donnes au Seigneur, tu te donnes au Seigneur. Quand Dieu se donne pour toi, il se donne pour toi. » Pas d'agenda caché pour se servir de Dieu : ce calcul serait perdant.
- L'Éternel protège les étrangers. Nous sommes tous étrangers et voyageurs ici-bas, citoyens du ciel. Se souvenir du passé ne sert pas à culpabiliser, mais à se rappeler le fumier duquel nous avons été tirés.
- Dieu se révèle par sa création (Romains 1:20). Tu n'es pas le produit du hasard : tu as été voulu de Dieu en Christ, élu dès la fondation du monde (Éphésiens 1:4). Il connaît ton heure d'arrivée et ton heure de départ. « Quelle sécurité ! »
4. Jean 11 et 12 : lire le texte dans son contexte
- « Un texte sorti de son contexte n'est que prétexte. » Avant Jean 12, il y a la mort de Lazare, l'ami de Jésus. Être ami de Jésus ne dispense pas des épreuves : « tant que nous sommes ici-bas, nous devons traverser nos épreuves ».
- « Jésus pleura » (Jean 11:35). Le prédicateur aime l'humanité de Jésus : il est la résurrection, il sait qu'il va ressusciter Lazare, et il pleure, parce que la mort est un drame. Il pleure avec ceux qui pleurent.
- À Béthanie, avant la Pâque, Jésus mange chez Lazare, Marthe et Marie. Manger et se marier ne sont pas des fautes : au temps du déluge, la vie suivait son cours normal (Matthieu 24:38). Le danger est d'être « tellement spirituel » qu'on tord la Parole et qu'on se croit au-dessus des autres.
- Puis vient l'entrée à Jérusalem : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Une semaine plus tard, la foule crie « Crucifie-le ». « Ne recherche pas les acclamations de la foule, parce qu'un jour ou l'autre, elle va te crucifier. »
5. Jean 12 : « Nous voudrions voir Jésus »
- Des Grecs montés pour la fête s'adressent à Philippe : « Seigneur, nous voudrions voir Jésus » (Jean 12:21). Les Grecs cherchent la sagesse, les Juifs des miracles (1 Corinthiens 1:22). Pour le prédicateur, c'est « la même chose qu'Hérode » : voir pour éprouver, pour notre profit, pour obtenir des réponses.
- La réponse de Jésus en déçoit beaucoup : « L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. » Ce n'est pas la gloire des miracles, c'est celle de la croix : glorifié, élevé, ressuscité.
- « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). « Si quelqu'un me sert, qu'il me suive. » Le prédicateur renvoie au chant de la louange : « Jésus, je te suivrai. » Jusqu'où ?
- « Maintenant mon âme est troublée » (Jean 12:27). « La rencontre avec Jésus va te toucher là où il faut que ça touche. » Il a nourri les foules, guéri, fait du bien, et l'homme ne lui a offert qu'une couronne d'épines et une croix. « S'il y en a un qui peut comprendre ta détresse, c'est Jésus. » Il savait qu'il était venu pour la croix, « pas pour faire le clown ».
- Une voix vient du ciel : « Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore. » Jésus précise qu'elle s'est fait entendre à cause d'eux. Le prédicateur ajoute : à cause de leur incrédulité. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu (Jean 1:11).
- « Quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12:32). « Marchez, pendant que vous avez la lumière » : il y a bientôt deux mille ans, Jésus le disait déjà, et les ténèbres ont avancé depuis.
- Puis Jésus s'en va et se cache loin d'eux (Jean 12:36). Il a compassion des foules, mais il n'est pas un homme de foule. Il a dit ce qu'il avait à dire. « Tu ne peux pas le mettre dans une boîte. »
6. Colossiens 2 : ensevelis et ressuscités avec Christ
- « Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui » (Colossiens 2:12). Le baptême ne sauve pas : le brigand sur la croix n'a pas été baptisé. Mais il « fait partie du processus du salut » : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » (Marc 16:16).
- Le prédicateur s'adresse à ceux qui ont pris la sainte cène sans être baptisés : « On n'est pas là pour te juger », mais va te faire baptiser ou suis le cours de baptême en remettant ta vie en ordre. Il encourage aussi les jeunes présents qui suivent ce cours.
- La circoncision physique annonçait la circoncision du cœur, le retranchement de la chair. Il y a une lutte : la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit (Galates 5:17). Si tu as encore ce combat, ne te culpabilise pas : c'est le Saint-Esprit qui te dit « cesse ». Si tu ne l'as plus, c'est grave.
- Il faut veiller et prier pour ne pas entrer en tentation. « La chair n'a que ce mérite, c'est d'être crucifiée avec ses passions et ses désirs » (Galates 5:24). À un moment donné, tu dis « ça suffit ».
- Prendre la sainte cène pour être pardonné et continuer dans le péché, « tu es en danger ». Le prédicateur ne veut pas fouler aux pieds le sang de l'alliance par lequel « nous avons été scellés » (Hébreux 10:29).
7. Le seul spectacle : celui de la croix
- Dieu nous a fait grâce pour toutes nos offenses. Il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient et l'a détruit en le clouant à la croix (Colossiens 2:13-14).
- « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix » (Colossiens 2:15). « Il est là, le spectacle. »
- À la croix, il n'y avait plus de foule : tous l'avaient abandonné. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Matthieu 27:46). Ce spectacle a été donné devant des puissances complètement défaites.
- Le mot traduit par « spectacle » a le sens d'« exemple », selon le prédicateur : ce que Jésus a fait est un exemple pour nous. « Je veux mourir à moi-même pour vivre en Christ. »
- Comme un agneau, Jésus est venu à la croix sans aucune défense (Ésaïe 53:7). Il a porté ton péché pour t'en délivrer. « Est-ce que tu continues dans le péché ? Arrête. »
- Le message se termine sur un appel : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu » (Amos 4:12), parce que Jésus revient bientôt.
Points à retenir
- On peut venir à Jésus en observateur, comme Hérode, pour voir et en tirer profit. Jésus ne répond pas à cette attente : il n'est pas un spectacle.
- Les miracles ne garantissent pas la fidélité. Le fondement de la foi, c'est l'œuvre de Jésus qui t'a pardonné et racheté.
- Dieu se donne sans calcul. Il attend que tu te donnes à lui de la même manière, sans agenda caché.
- Jésus a été glorifié par la croix : le grain de blé meurt pour porter du fruit. Le suivre, c'est accepter de mourir à soi-même.
- Le baptême, la sainte cène et le combat contre la chair ne sont pas des gestes religieux : ce sont des réponses à la rencontre avec Jésus.
Application personnelle
- Avec quelle attitude es-tu venu à Jésus cette semaine : en observateur, pour obtenir quelque chose, ou pour le servir et le glorifier ?
- Ta foi repose-t-elle sur ce que Dieu fait pour toi, ou sur ce que Jésus a accompli à la croix ?
- L'œuvre de Dieu te fatigue-t-elle ? Quel fardeau dois-tu déposer pour prendre le sien, qui est doux et léger ?
- « Jésus, je te suivrai. » Jusqu'où es-tu prêt à aller, et dans quel domaine dois-tu accepter de mourir à toi-même ?
- Y a-t-il un péché avec lequel tu dois dire « ça suffit », ou une étape comme le baptême que tu repousses encore ?
Versets cités
- Luc 23:8
- Luc 13:32
- Malachie 1:12-13
- Matthieu 11:28-30
- Psaume 146:5-10
- Romains 1:20
- Éphésiens 1:4
- Jean 11:35
- Matthieu 24:38
- Jean 12:12-36
- 1 Corinthiens 1:22
- Jean 1:11
- Colossiens 2:12-15
- Marc 16:16
- Galates 5:17
- Galates 5:24
- Hébreux 10:29
- Matthieu 27:46
- Ésaïe 53:7
- Amos 4:12
Questions fréquentes
Pourquoi Hérode voulait-il voir Jésus dans Luc 23:8 ?
Hérode avait entendu parler de Jésus et espérait le voir faire quelque miracle. Pour Jean-Paul Burkhard, il venait en observateur, pour en tirer un profit : il traitait Jésus comme un clown. Jésus ne répond pas à cette requête, parce qu'il n'est pas un spectacle.
Les miracles suffisent-ils à garder la foi ?
Non. Israël est sorti de 430 ans d'esclavage par les dix plaies d'Égypte, et pourtant il n'a pas été fidèle dans le désert. Le prédicateur en tire cette leçon : vivre des miracles n'est pas la garantie de ta fidélité dans la marche avec le Seigneur. Le fondement, c'est l'œuvre de Jésus qui t'a pardonné et racheté.
Que signifie le spectacle de la croix dans Colossiens 2:15 ?
Jésus a dépouillé les dominations et les autorités et les a livrées publiquement en spectacle en triomphant d'elles par la croix. Jean-Paul Burkhard souligne que Jésus n'est pas un spectacle pour les foules : le seul spectacle, c'est celui de la croix, où il était seul, comme un agneau sans défense, et qui devient un exemple pour nous.