Introduction
Israël est toujours au désert du Sinaï. Dieu prépare son peuple avant le grand départ vers la terre promise. Etienne Jodar poursuit à l'Action Biblique Servette, à Genève, la série sur le livre des Nombres, avec un objectif annoncé : parcourir les chapitres 7 et 8 assez vite pour arriver bientôt à la deuxième partie du livre, quand Israël se met en marche.
Le message part de la bénédiction sacerdotale de Nombres 6, la « birkat kohanim » bien connue dans le judaïsme et reprise dans nos Églises. Il traverse ensuite les longues listes d'offrandes du chapitre 7, le chandelier et la consécration des Lévites au chapitre 8.
Derrière ces textes qu'on lit parfois en diagonale, le prédicateur fait ressortir des vérités très concrètes : d'où vient la bénédiction, ce que Dieu sait du poids de ton service, pourquoi obéir même sans tout comprendre, et ce que l'Église doit à ceux qui la servent.
Plan du message
1. Protection, grâce et paix : la bénédiction sacerdotale
- Dieu dit à Moïse comment Aaron et ses fils béniront Israël : « Que l'Éternel te bénisse, et qu'il te garde ! Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu'il t'accorde sa grâce ! Que l'Éternel tourne sa face vers toi, et qu'il te donne la paix ! » (Nombres 6:24-26).
- La protection d'abord : seul le Seigneur peut te garder dans tes combats, quand les montagnes de ta vie sont trop hautes. Le Psaume 121 le dit : « Je lève mes yeux vers les montagnes... D'où me viendra le secours ? Le secours me vient de l'Éternel. »
- La grâce ensuite : la face qui luit parle de faveur. « Si nous étions sans péché, nous n'aurions peut-être pas besoin de la grâce de Dieu. » Mais pécheurs, nous en dépendons, pas seulement pour aller au ciel : à chaque instant de la journée.
- La paix enfin : pour les Hébreux, le shalom n'est pas seulement l'absence de guerre. C'est le bien-être, la santé, la prospérité, le salut.
- « Quel beau souhait pour quelqu'un ! » Plutôt que « meilleurs vœux » dans nos lettres de Nouvel An, nous pourrions souhaiter protection, grâce et paix, comme Paul qui parle de grâce et de paix dans ses lettres.
2. Une bénédiction qui vient de l'appartenance et passe par un sacrificateur
- Ce qui frappe, c'est la répétition du nom divin, Yahvé, que la Segond rend par « l'Éternel ». Ce n'est pas protection, grâce et paix tout court : c'est protection, grâce et paix de la part de quelqu'un.
- « C'est ainsi qu'ils mettront mon nom sur les enfants d'Israël, et je les bénirai » (Nombres 6:27). Dieu veut un peuple qui lui appartient, qui porte son nom et non celui d'un autre dieu. La bénédiction découle de l'appartenance au peuple de Dieu.
- Elle passe aussi par un médiateur : ce sont les sacrificateurs, les kohanim, qui bénissent Israël. Il faut un sacrificateur.
- Sous la nouvelle alliance, c'est seulement par le souverain sacrificateur Jésus que nous recevons la bénédiction de Dieu. Elle ne vient par aucun autre homme. C'est en Christ que nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes (Éphésiens 1:3).
- La question du prédicateur : Jésus est-il le souverain sacrificateur de ta vie ?
3. Des chars pour les Lévites : Dieu connaît le poids du service
- Le jour où Moïse achève de dresser le tabernacle, il l'oint et le consacre avec tous ses ustensiles, ainsi que l'autel (Nombres 7:1). L'onction met à part pour le service de Dieu.
- Les princes des douze tribus apportent six chars couverts et douze bœufs, l'équivalent pour nous de pick-up ou de tracteurs : des outils de travail.
- Moïse les donne aux Lévites selon leur service : deux chars aux fils de Guerschon, qui portaient les tentures, plus légères ; quatre chars aux fils de Merari, chargés des bases, des piliers et de l'enceinte, plus lourds ; aucun aux fils de Kehath, qui devaient porter les objets sacrés sur leurs épaules (Nombres 7:6-9).
- Première leçon : Dieu connaît très bien la difficulté du service. Il savait que transporter la tente d'assignation dans le désert était un travail pénible. « Il n'est pas indifférent aux fardeaux que nous portons. » Il n'ignore pas la difficulté de ce qu'il te demande.
4. Obéir même quand on ne comprend pas tout
- Les fils de Kehath marchaient dans le désert, étouffant sous le poids des objets portés à l'épaule. La raison n'était pas forcément évidente pour tous, mais il fallait obéir.
- Environ cinq cents ans plus tard, David a peut-être jugé absurde de porter à l'épaule ce qu'on pouvait transporter sur un char. Il fait placer l'arche sur un char neuf, « dernier cri », conduit par Uzza et Achjo (2 Samuel 6:3). Quelques instants plus tard, Uzza meurt.
- David est choqué par la sévérité de Dieu, pendant trois mois. Puis il comprend : « L'arche de Dieu ne doit être portée que par les Lévites, car l'Éternel les a choisis pour porter l'arche » (1 Chroniques 15:2). Les Lévites la portent alors sur leurs épaules avec des barres, comme Moïse l'avait ordonné (1 Chroniques 15:15).
- « Mon ami, ne fais pas l'expérience de la sévérité de Dieu. » C'est le même Dieu dans les pages du livre des Nombres et aujourd'hui, et le Seigneur châtie celui qu'il aime (Hébreux 12:6).
- La nouvelle alliance a bien moins de règles, et moins complexes. Certaines peuvent sembler étranges, comme ne pas épouser un non-chrétien ou une certaine manière d'être coiffé pendant le culte. Mais ne pas tout comprendre ne permet pas d'ignorer ce que Dieu dit : « Ce n'est pas toi qui décides, c'est le roi. C'est Jésus. »
- Si tu as déjà connu la sévérité de Dieu parce que tu lui as désobéi, profites-en, comme David : « Avant d'avoir été humilié, je m'égarais ; maintenant j'observe ta parole » (Psaume 119:67).
5. Douze offrandes identiques et généreuses
- Dieu fixe la manière : un prince par jour pour la dédicace de l'autel. Le premier jour, Nachschon, fils d'Amminadab, de la tribu de Juda, apporte un plat d'argent de 130 sicles, une coupe d'argent de 70 sicles remplis de fleur de farine pétrie à l'huile, une coupe d'or de 10 sicles pleine de parfum, et des animaux pour l'holocauste, le sacrifice d'expiation et le sacrifice d'actions de grâces (Nombres 7:12-17).
- Le prédicateur fait le calcul : environ deux kilos d'argent, plus de 3 500 francs suisses au cours actuel, et bien davantage pour l'or. La fleur de farine, la plus pure, était alors la plus chère. Vingt et un animaux sont sacrifiés ce seul premier jour. « C'était très, très généreux. »
- Il rappelle le sens des sacrifices : l'holocauste, entièrement brûlé, exprime l'abandon total à Dieu ; le sacrifice d'expiation couvre les péchés involontaires ; le sacrifice d'actions de grâces symbolise la communion avec Dieu.
- Puis les jours se suivent, et les offrandes sont toutes identiques : Nethaneel pour Issacar, Éliab pour Zabulon, puis Siméon, Gad, Éphraïm, jusqu'au douzième jour.
- Pourquoi tant de répétitions, à une époque où le parchemin, l'encre et les copies à la main coûtaient cher ? Le prédicateur cite un théologien : le but est probablement de souligner que chaque tribu a une part égale dans le culte et que toutes s'engagent pleinement à soutenir le tabernacle et le sacerdoce. Tout le monde est impliqué, et de manière très généreuse.
- Le chapitre se termine sur Moïse qui entend la voix de Dieu lui parler d'au-dessus du propitiatoire, entre les deux chérubins (Nombres 7:89).
6. Le chandelier : c'est Dieu qui règle la manière
- Aaron doit placer les sept lampes pour qu'elles éclairent en face du chandelier. Le chandelier, la menorah à sept branches (pas celle de Hanoukka, qui en a neuf), est en or battu « du pied jusqu'aux fleurs », selon le modèle que l'Éternel avait montré à Moïse (Nombres 8:1-4).
- On peut chercher un symbolisme : le chandelier comme image de l'Église (Apocalypse 1:20), la lumière comme image de Jésus, « la lumière du monde » (Jean 8:12), ou de la Parole, « une lampe à mes pieds » (Psaume 119:105).
- Etienne Jodar préfère s'en tenir à ce qui est clair dans le texte, « même si c'est peut-être moins séduisant intellectuellement » : tout est réglé par Dieu. Aaron fit ainsi, « comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse ».
- Le refrain du livre des Juges décrit une situation catastrophique : « En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon » (Juges 21:25).
- « Nous, nous avons un roi : c'est Jésus. » Dans le culte et dans le service, on ne fait pas ce qui nous plaît. Le Nouveau Testament parle d'ordre dans le culte, de sobriété jusque dans la tenue. Le culte rendu à Dieu est réglé, il n'est pas laissé au goût de chacun.
7. Les Lévites : purifiés pour servir, soutenus par tout le peuple
- Dieu indique comment purifier les Lévites : eau d'expiation, rasoir sur tout le corps, vêtements lavés, deux taureaux offerts. Tout Israël est rassemblé et les enfants d'Israël posent leurs mains sur les Lévites (Nombres 8:5-12).
- Les Lévites remplacent les premiers-nés. Dieu s'était consacré tous les premiers-nés d'Israël le jour où il frappa ceux d'Égypte, épargnés par le sang de l'agneau sur les linteaux. Au chapitre 3, il avait pris les Lévites à leur place (Nombres 8:16-18).
- Pourquoi la tribu de Lévi ? Parce que les Lévites avaient montré une fidélité particulière à Dieu après l'épisode du veau d'or. Ils servaient de 25 à 50 ans, puis aidaient leurs frères : « une retraite anticipée », sourit le prédicateur (Nombres 8:24-26).
- Pour servir, il leur fallait d'abord être purifiés : « Après cela, les Lévites vinrent faire leur service » (Nombres 8:22). « Avant de servir Dieu, il faut que tu sois purifié, mon ami. » Sans Jésus-Christ, ton service n'est pas agréé par Dieu, qui n'accepte pas le péché en sa présence.
- Il leur fallait aussi le soutien du peuple. Sans propriété ni territoire, ils vivaient des offrandes, des dîmes et des sacrifices qui n'étaient pas entièrement brûlés. L'imposition des mains montrait que c'était l'affaire de tous.
- Etienne Jodar parle ouvertement : cette semaine, l'équipe pastorale a dû prendre la décision « déchirante » de refuser une aide à un homme et sa famille prêts à se mettre au service du Seigneur : les finances de l'Église ne permettaient pas de l'aider autant qu'il l'aurait fallu. Il remercie l'assemblée pour sa grande générosité : même sans pouvoir donner autant que souhaité à cette personne, l'Église a pu maintenir les soutiens existants, dont celui d'un pasteur et de sa famille.
- « L'ouvrier mérite son salaire » et « tu n'emmuselleras point le bœuf quand il foule le grain » (1 Timothée 5:17-18). Si Dieu veut que même les animaux profitent de leur travail, combien plus ceux qui le servent. Il parle aussi pour les pasteurs contraints de prendre un emploi séculier parce que leur Église, pourtant bien établie, ne leur verse pas un salaire décent. Ce n'est pas glorieux pour le pasteur, et c'est honteux de la part de l'assemblée : soit elle ne comprend pas ce que Dieu dit dans sa Parole, soit, pire, elle l'ignore.
- Paul a parfois travaillé de ses mains, mais ce n'était pas l'idéal : dès qu'il a été aidé, il s'est consacré entièrement à la Parole (Actes 18:5). Des jeunes de l'Église pensent au ministère pastoral : « Ne laissons pas les questions financières influencer les jeunes qui veulent servir Dieu. » La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers (Matthieu 9:37).
Points à retenir
- La bénédiction de Dieu (protection, grâce et paix) vient de l'appartenance à son peuple et passe aujourd'hui par un seul médiateur, Jésus, le souverain sacrificateur.
- Dieu connaît le poids exact du service qu'il te confie : il n'est ni indifférent ni ignorant de tes fardeaux.
- Obéir ne dépend pas de ce que l'on comprend : David l'a appris à ses dépens avec le char neuf.
- Dans le culte et le service, c'est le roi Jésus qui fixe la manière, pas ce qui nous semble bon.
- Ceux qui servent Dieu ont besoin d'être purifiés par Christ et soutenus généreusement par toute l'Église.
Application personnelle
- Jésus est-il réellement le souverain sacrificateur de ta vie, celui par qui tu attends la bénédiction de Dieu ?
- À qui pourrais-tu souhaiter cette semaine, de la part du Seigneur, protection, grâce et paix ?
- Y a-t-il un commandement de Dieu que tu contournes parce qu'il te paraît étrange ou dépassé, comme David avec son char neuf ?
- Quel fardeau portes-tu en ce moment en pensant que Dieu n'en mesure pas le poids ?
- Comment participes-tu, concrètement et généreusement, au soutien de ceux qui servent l'Église : pasteurs, anciens, missionnaires ?
Versets cités
- Nombres 6:22-27
- Nombres 7
- Nombres 8
- Psaume 121
- Éphésiens 1:3
- 2 Samuel 6:1-11
- 1 Chroniques 15:2-15
- Hébreux 12:6
- Psaume 119:67
- Apocalypse 1:20
- Jean 8:12
- Psaume 119:105
- Juges 21:25
- 1 Timothée 5:17-18
- Actes 18:3-5
- Matthieu 9:37
Questions fréquentes
Que contient la bénédiction sacerdotale de Nombres 6 ?
Trois souhaits : la protection (que l'Éternel te bénisse et te garde), la grâce (qu'il fasse luire sa face sur toi) et la paix, le shalom hébreu qui signifie bien-être, santé, prospérité et salut. Etienne Jodar souligne que le nom de l'Éternel y est répété trois fois : cette bénédiction vient de quelqu'un, et elle est donnée à ceux qui appartiennent à son peuple.
Pourquoi les fils de Kehath n'ont-ils reçu aucun char en Nombres 7 ?
Parce qu'ils avaient la charge des objets sacrés, qui devaient être portés sur les épaules (Nombres 7:9). Quand David a plus tard transporté l'arche sur un char neuf, Uzza est mort. David a appris la leçon : l'arche devait être portée par les Lévites, comme Moïse l'avait ordonné. Pour le prédicateur, il faut obéir à Dieu même quand on ne comprend pas tout.
Que nous apprennent les Lévites sur le soutien des serviteurs de Dieu ?
Les Lévites n'avaient ni propriété ni territoire : ils vivaient des offrandes du peuple, et tout Israël leur a imposé les mains. Etienne Jodar rappelle que l'ouvrier mérite son salaire (1 Timothée 5:18) et appelle l'Église à soutenir pasteurs, anciens et missionnaires, pour que l'argent ne freine pas les jeunes qui veulent servir Dieu.