Introduction
Au Centro Evangelico Battista di Perugia, en Italie, la série sur la lettre aux Éphésiens reprend là où elle s'était arrêtée au mois de mai. Le prédicateur, qui se présente comme missionnaire et pasteur, s'arrête sur un seul verset : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu'il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Éphésiens 4:28).
Son titre tient en une phrase : « Plus des voleurs, mais des travailleurs. » Il en tire deux vérités. D'abord, reconnais que prendre ce qui n'est pas à toi est un péché. Ensuite, remplace le vol égoïste par la peine altruiste, ce travail fatigant qui sert à donner.
Et avant de te dire « je ne suis pas un voleur, ce message n'est pas pour moi », il te demande d'attendre un peu.
Plan du message
1. Pourquoi on se surprend à soutenir les voleurs
- Le prédicateur part des films de braquage : une équipe choisie avec soin, chacun pour sa compétence, un plan minutieux, des obstacles identifiés, des répétitions chronométrées dans une copie des lieux.
- En regardant ces films, on se surprend à soutenir les voleurs tout en sachant que ce qu'ils font est mal. Lors d'une rencontre d'hommes le samedi matin, un frère a proposé une explication : le désir de venger une injustice. Ceux qui ont beaucoup d'argent l'auraient mal acquis, ou simplement « ils ont beaucoup et moi pas ».
- Change le scénario : une bande prépare le cambriolage d'une famille du quartier qui n'arrive pas à boucler la fin du mois. Tout bascule. Tu espères qu'ils se feront arrêter.
- La vraie question est quotidienne : ton cœur est-il en paix avec ce que tu as ? Veux-tu être un bon intendant de ce que Dieu t'a confié, ou passes-tu ton temps à penser à ce que tu n'as pas : la voiture, le compte en banque, la maison d'un frère ?
- Il cite Oscar Wilde avec humour : « J'ai des goûts très simples, je me contente toujours du meilleur. » Une simple tasse à café de voyage, vue cet été aux États-Unis, peut coûter une fortune. Tu es content de la tienne jusqu'au jour où tu vois celle d'un frère à l'église. Et certaines marques savent te faire désirer ce dont tu ignorais l'existence.
2. Sois ce que tu es
- Dans la première partie de la lettre, Paul explique que celui qui est en Christ n'est plus mort spirituellement. Il a vu son péché, demandé pardon, et Dieu l'a changé. Dans la seconde partie, il explique comment vivre à la lumière de ce qui est vrai.
- Comme dans la vie physique : tu connais la gravité, donc tu ne marches pas sur la rambarde du balcon. Spirituellement, c'est pareil. Le message de Paul se résume ainsi : « Soyez ce que vous êtes. »
- C'est possible grâce à l'intervention de Dieu. La puissance qui a ressuscité Christ d'entre les morts agit en toi. Si tu es vraiment né de nouveau et que tu marches selon l'Esprit, cela se verra : ton conjoint, tes enfants, tes voisins et les membres de l'Église le remarqueront.
- Cette vie nouvelle n'a rien de vague. C'est une nouvelle façon de penser où tu n'es plus au centre. « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » (Jean 3:30). En entrant chez toi, à l'église ou au travail, tu ne veux plus être remarqué : tu veux que Dieu soit vu.
- Dieu a même préparé d'avance les bonnes œuvres dans lesquelles marcher (Éphésiens 2:10). « Il ne nous dit pas : je vous ai sauvés, maintenant débrouillez-vous, soyez créatifs. » Quelle grâce !
- Le passage d'Éphésiens 4:17-32 suit un schéma en trois temps : se dépouiller du vieil homme, être renouvelé dans l'esprit de son intelligence, revêtir l'homme nouveau (Éphésiens 4:22-24). Vivre guidé par ses envies est une très mauvaise façon de vivre : on veut une chose, puis une autre, au point d'en attraper le « coup du lapin ».
3. Reconnais que prendre ce qui n'est pas à toi est un péché
- Le mot traduit par « dérober » partage, note le prédicateur sans se dire spécialiste du grec, la racine de notre « cleptomanie ». Mais Paul ne parle pas seulement de ceux qui ont reçu ce diagnostic.
- Il s'appuie sur un livre étudié des années plus tôt avec un groupe d'hommes de l'Église, Lo studio espositivo. L'auteur y prend l'exemple du commandement « Tu ne déroberas point » (Exode 20:15) pour distinguer l'interprétation d'un texte de son application. Un passage a un seul sens, mais de nombreuses applications.
- Le sens retenu : ne pas prendre ce qui n'est pas à toi, ni te servir comme s'il était à toi de ce qui ne t'appartient pas. Voler une barre de chocolat au supermarché n'est qu'une application parmi d'autres.
- Les applications évidentes : l'argent, l'évasion fiscale. Les moins évidentes : au travail, tu vends ton temps et ta peine à ton employeur. Si tu fais autre chose, ou si tu travailles seulement quand on te regarde, tu voles. À l'école, copier les réponses d'un autre et les présenter comme les tiennes, c'est voler.
- L'intimité, physique ou émotionnelle. Qu'une personne choisisse de montrer son corps ne te donne pas le droit de le regarder, car ce n'est pas à elle d'en décider. Si cette personne n'est pas ton conjoint, cette intimité ne t'appartient pas. La prendre, même en regardant, c'est voler.
- Le prédicateur s'arrête sur 1 Thessaloniciens 4:3-7. La volonté de Dieu, c'est notre sanctification : s'abstenir de l'impudicité. Au verset 6, le mot rendu par « dans les affaires » signifie selon lui « frauder ». Le passage parle de pureté sexuelle, pas du monde des affaires. Un fiancé ou une fiancée n'est pas encore ton conjoint : tu fréquentes peut-être le futur conjoint de quelqu'un d'autre.
- Le slogan « mon corps, mon choix » répond à un vrai problème, celui des abus. Mais il ne reconnaît pas Dieu comme Créateur et propriétaire. Le prédicateur va jusqu'à dire qu'on l'invoque pour mettre fin à la vie d'un enfant. « À l'Éternel la terre et ce qu'elle renferme, le monde et ceux qui l'habitent ! » (Psaume 24:1).
- Gaspiller le temps est aussi une façon de voler. Mais la plus grande façon de voler, c'est de prendre la gloire : ne pas reconnaître Dieu comme Créateur et propriétaire, ne pas le glorifier ni lui rendre grâces (Romains 1:21). Tu respires un air qui ne t'appartient pas : combien l'as-tu payé ?
- Dieu ne partage sa gloire avec personne (Ésaïe 42:8). Le roi Hérode a accepté qu'une foule le flatte en criant « Voix d'un dieu, et non d'un homme ! » Il est mort rongé par les vers, parce qu'il n'avait pas donné gloire à Dieu (Actes 12:21-23). Et ce n'est pas réservé aux autres : celui qui prêche peut vouloir qu'on dise « Quel talent ! » Exposer la Parole est une grâce, la gloire revient à Dieu.
4. Les péchés qui accompagnent le vol
- L'arrogance : tu fais passer ton évaluation en premier. « Je devrais avoir cette chose, je compte plus, je suis plus important. »
- Le manque de foi : si Dieu n'a pas choisi de te donner cette chose maintenant, tu décides qu'il ne peut pas pourvoir au bon moment, dans la bonne mesure, et tu prends.
- L'égocentrisme : « C'est un crime sans victime, ils ont tellement d'argent qu'ils ne verront même pas la différence. » Quel raisonnement !
- L'idolâtrie : la cupidité est une idolâtrie (Colossiens 3:5), et la Bible parle très fortement contre l'idolâtrie.
5. Remplace le vol égoïste par la peine altruiste
- Si tu as l'habitude de prendre ce qui n'est pas à toi, sache que cela appartient à la vieille vie. Le changement de pensée consiste à passer de « je dois avoir, pour moi, j'accumule » à « qu'il travaille de ses mains ».
- Le travail est dur. Mais il existait avant la chute : Dieu avait donné du travail à Adam (Genèse 2:15). La difficulté du travail est une conséquence du péché (Genèse 3). Avec humour, le prédicateur conseille de ne pas rappeler Genèse 3 à son épouse pendant l'accouchement.
- Le verbe employé évoque la fatigue, l'épuisement. Rentrer fatigué parce qu'on a bien travaillé est une bonne satisfaction, sans s'enorgueillir. Avoir un corps et un esprit qui fonctionnent est une grâce de Dieu. Le prédicateur pense à un enfant qu'il croise certains matins et qui ne peut presque rien faire de ses mains.
- « De ses mains » ne veut pas dire que le travail intellectuel est une faute. Un commentateur souligne que Paul oppose le travail sérieux à la paresse et au vol.
- Le travail doit aussi être bon, y compris au sens moral. Fais ce qu'on attend de toi : ton employeur d'abord, mais surtout Dieu, dans tous tes rôles. Le prédicateur cite les siens : disciple de Christ, mari, père, missionnaire, pasteur. Comprends tes tâches, puis sois constant.
6. Un nouveau but : avoir de quoi donner
- L'œil et le cœur de l'homme ne sont jamais rassasiés : « Hier j'ai volé 100, aujourd'hui je dois voler 200. » Le nouveau but est différent : « Je ne vole plus pour moi, je travaille bien pour aider les autres. »
- Le verset est bref et ne dit pas tout. Galates 6:10 précise une priorité : « pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. »
- Tu penses aux grands philanthropes et tu te demandes si tu dois donner des millions ? Commence avec ce que tu as, en intendant fidèle. « L'amour de l'argent est une racine de tous les maux » (1 Timothée 6:10).
- Il ne faut pas être riche pour être généreux. Les Églises de Macédoine, « au milieu de beaucoup de tribulations », avec « leur pauvreté profonde », ont donné au-delà de leurs moyens. Elles ont même insisté pour avoir « la grâce de prendre part à l'assistance destinée aux saints ». Elles se sont d'abord données elles-mêmes au Seigneur (2 Corinthiens 8:1-5).
- D'habitude, c'est celui qui est dans le besoin qui insiste et rappelle le lundi, le mardi, le mercredi. Ici, l'insistance va dans l'autre sens : « Laissez-nous aider. »
- John Piper, dans Ne gaspille pas ta vie, cite une étude sur les dons des protestants des États-Unis à l'Église : 2,9 % de leurs revenus en 1916, un peu plus en 1933 au pire de la Grande Dépression, 3,2 % en 1955, puis 2,6 % en 2000, alors qu'ils étaient bien plus riches qu'au temps de la Dépression.
- « Oui, mais l'essence, le coût de la vie… » Le prédicateur répond : nous pouvons être généreux. Ce ne sont pas les chiffres qui comptent, c'est Dieu qui bénit la bonne gestion. Il rappelle le message d'Aggée : Dieu peut faire fructifier le peu et disperser le beaucoup (Aggée 1:6-9).
- L'aide n'est pas toujours de l'argent : un coup de main, du temps passé ensemble, un trajet en voiture. Celui qui veut être un intendant fidèle pour la gloire de Dieu et le bien des autres saura voir les besoins et y répondre.
7. Il y a de l'espérance
- Le verset fait penser à d'autres sujets : impôts trop lourds, dettes, situations injustes. Ce n'est pas le propos du texte, mais Dieu est souverain, il est juste et il voit tout. Dans les situations injustes, prie et demande conseil à des croyants mûrs, sans oublier à qui nous appartenons.
- Demande-toi de quelle façon tu prends ce qui n'est pas à toi. Confesse-le, reconnais-le, demande l'aide du Seigneur pour obéir à sa Parole.
- La liste de 1 Corinthiens 6:9-10 est sévère : les voleurs n'hériteront pas le royaume de Dieu. Mais le verset suivant ouvre une porte : « Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu » (1 Corinthiens 6:11).
- Tu peux être sauvé, tu peux être changé. Si tu es en Christ, regarde la tendance générale de ta vie et ta façon de répondre à un appel comme celui de ce verset. C'est un signe qui t'indiquera où tu en es.
Points à retenir
- Voler, c'est prendre ce qui n'est pas à toi ou t'en servir comme s'il t'appartenait : argent, temps de travail, réponses d'examen, intimité, gloire.
- La plus grande forme de vol est de refuser à Dieu la gloire qui lui revient comme Créateur et propriétaire.
- Le vol cache d'autres péchés : arrogance, manque de foi, égocentrisme et idolâtrie.
- Le croyant ne fait pas que cesser de voler : il travaille dur et bien, avec un nouveau but, celui de donner.
- Il n'est pas nécessaire d'être riche pour être généreux, et l'espérance demeure : en Christ, tu as été lavé, sanctifié et justifié.
Application personnelle
- Dans quel domaine prends-tu ce qui n'est pas à toi : ton temps de travail, tes écrans, ta façon de regarder les autres, la reconnaissance que tu cherches ?
- Ton cœur est-il en paix avec ce que tu as, ou passes-tu plus de temps à penser à ce que tu n'as pas ?
- Dans ton travail, fais-tu ce qu'on attend de toi, même quand personne ne te regarde ?
- Pour qui travailles-tu cette semaine : pour accumuler, ou pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin ?
- Quel petit pas de générosité peux-tu faire, avec ce que tu as aujourd'hui : un don, du temps, un service rendu ?
Versets cités
- Éphésiens 4:17-32
- Éphésiens 4:28
- Éphésiens 2:10
- Jean 3:30
- Exode 20:15
- 1 Thessaloniciens 4:3-7
- Psaume 24:1
- Romains 1:21
- Ésaïe 42:8
- Actes 12:21-23
- Colossiens 3:5
- Genèse 2:15
- Genèse 3:17-19
- Galates 6:9-10
- 1 Timothée 6:10
- 2 Corinthiens 8:1-5
- Aggée 1:6-9
- 1 Corinthiens 6:9-11
Questions fréquentes
Que veut dire « ne pas voler » selon la Bible ?
Le prédicateur reprend une définition simple : ne pas prendre ce qui n'est pas à toi, ni te servir comme s'il t'appartenait de quelque chose qui n'est pas à toi. Voler un chocolat au supermarché n'est qu'une application. Le principe touche aussi le temps dû à l'employeur, la triche aux examens, l'intimité qui ne t'appartient pas et la gloire qui revient à Dieu seul.
Pourquoi Paul dit-il de travailler pour avoir de quoi donner ?
Dans Éphésiens 4:28, le changement ne s'arrête pas à cesser de voler. Le but du travail change : on ne prend plus pour soi, on travaille bien pour aider celui qui est dans le besoin. Le cœur humain n'est jamais rassasié, mais le croyant reçoit un nouveau but : donner.
Faut-il être riche pour être généreux ?
Non. Le prédicateur s'appuie sur 2 Corinthiens 8 : les Églises de Macédoine, dans une extrême pauvreté, ont donné au-delà de leurs moyens et ont même insisté pour participer. Commence avec ce que tu as, en intendant fidèle. Et l'aide n'est pas seulement de l'argent : du temps, un service, un trajet en voiture.