Introduction
« La Parole de Dieu est si riche qu'il n'y a jamais de mal à y revenir. » C'est ainsi que le prédicateur de l'Igreja Evangélica Baptista da Parede, au Portugal, justifie son retour dans l'Évangile de Luc, que l'Église a parcouru il n'y a pas longtemps dans une série de messages. Ce dimanche, il conduit l'assemblée au Golgotha, le lieu du crâne, que l'on appelle aussi le Calvaire.
Sur la croix, Jésus a prononcé sept paroles. Luc en rapporte trois. Le prédicateur s'arrête sur chacune d'elles : la première révèle le but de la croix, la deuxième sa puissance et sa victoire, la troisième son accomplissement.
Son message tient en une conviction qu'il répète : la croix n'était pas pour les autres. « La croix était la tienne. La croix était la mienne. »
Plan du message
1. Le Calvaire, lieu d'humiliation
- La crucifixion est rapportée dans les quatre Évangiles. Certains événements de la vie de Jésus sont rapportés par un Évangile et omis par un autre, mais sa mort est dans les quatre, « car sans la mort de Jésus, il n'y aurait pas d'Évangile ».
- Le Calvaire n'était pas vraiment une montagne : c'était une petite élévation près d'une route, pour que tous les passants voient le spectacle. Personne ne sait exactement où il se trouvait. L'église du Saint-Sépulcre, construite au quatrième siècle sur ordre de l'empereur Constantin, en garde la mémoire, sans certitude sur le lieu.
- La crucifixion existait avant les Romains : Babyloniens, Assyriens et Perses la pratiquaient. Les Romains l'ont « raffinée ». C'était à la fois une peine de mort, un spectacle et une humiliation extrême pour le condamné.
- Jésus a été fouetté, moqué, couvert de crachats. Même une fois crucifié, on l'insultait encore et on lui donnait du vinaigre à boire. Paul l'écrit aux Philippiens : il s'est humilié jusqu'à la mort, « même jusqu'à la mort de la croix » (Philippiens 2:8).
- Ésaïe dit qu'il n'a pas ouvert la bouche, comme un agneau mené à la boucherie (Ésaïe 53:7). Pourtant il a parlé sur la croix. Le prédicateur l'explique : pendant tout son procès, Jésus n'a jamais ouvert la bouche pour se défendre ni pour plaider son innocence. Devant Pilate, il ne répondit « sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur » (Matthieu 27:13-14). Il était là volontairement, pour s'offrir en sacrifice.
2. « Père, pardonne-leur » : le but de la croix
- Première parole, au verset 34 : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Cette phrase dit le but de la croix : le pardon de nos péchés.
- Le prédicateur cite Derek Prince : « Jésus a été puni du châtiment que nous méritions, pour nous donner le pardon que nous ne méritions pas. »
- Six siècles avant la croix, Ésaïe l'annonçait : il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités, et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous (Ésaïe 53:5-6). « Celui qui aurait dû être sur la croix, c'était moi, et c'était toi. »
- Le prédicateur est très ferme : refuser de reconnaître que la mort de Jésus est une mort à notre place, c'est dire au Saint-Esprit qu'il ment, lui qui convainc de péché, de justice et de jugement. Il y voit le blasphème contre le Saint-Esprit, et cite Hébreux 10:28-29 : tenir pour profane le sang de l'alliance, c'est outrager l'Esprit de la grâce.
- Dire « Jésus est mort, mais il a été incompris » ou « ce n'est pas moi qui l'ai tué », c'est ne pas avoir compris l'Évangile. Ce sont tes péchés et les miens qui ont conduit Jésus à la croix.
- Chaque fois que nous retombons dans le péché, nous crucifions de nouveau le Fils de Dieu et l'exposons à l'ignominie (Hébreux 6:6). Tu penses peut-être commettre un péché caché, mais rien n'est caché à Dieu.
- La promesse demeure : « Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31:34). Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner (1 Jean 1:9).
- La croix que certains portent en collier, en bracelet ou au revers de la veste n'était pas un objet en or : c'était le bois où Jésus a été cloué, fouetté, insulté, pour qu'une chose arrive : que tu sois pardonné. Avant ton mensonge ou le mien, souviens-toi que tu humilies Jésus. Repens-toi, et « la repentance, ce n'est pas seulement admettre, c'est changer ».
3. « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » : la victoire
- Deuxième parole, versets 39 à 43. Un des malfaiteurs injurie Jésus : « Sauve-toi toi-même, et sauve-nous ! » L'autre le reprend : « Ne crains-tu pas Dieu ? » Puis il dit : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. »
- Le message de la croix est un message de substitution et de pardon, mais aussi de puissance et de victoire. La crucifixion était une mort lente : le corps suspendu, les forces qui s'épuisent, l'asphyxie. Quand le condamné tardait à mourir, on lui brisait les jambes pour hâter la fin.
- Le brigand sait qu'il va mourir, mais il croit que Jésus a quelque chose à offrir au-delà de la mort. « La croix n'est pas la fin. » Pour beaucoup, ce jour-là, le projet du Messie s'achevait. Il n'en était rien.
- Dieu a montré sa puissance : les ténèbres de la sixième à la neuvième heure, de midi à trois heures environ, à l'heure où le soleil est le plus haut. Le voile du temple s'est déchiré. Matthieu ajoute que la terre a tremblé, que les rochers se sont fendus et que des sépulcres se sont ouverts (Matthieu 27:51-52).
- « Nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens », mais puissance et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés (1 Corinthiens 1:23-24). L'Évangile est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Romains 1:16).
- Le groupe de louange avait choisi Romains 8:32-37 pour ce culte : celui qui n'a pas épargné son propre Fils ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Qui nous séparera de l'amour de Christ ? Dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs.
4. Une victoire sur le péché, pas une vie de « gagnant »
- Le prédicateur met en garde : cette victoire n'est pas celle que certains imaginent, « tout ira bien, je suis un gagnant ». C'est une victoire sur la mort et sur le péché.
- « À quoi bon dire : je suis vainqueur, je conquiers des choses, si tu continues dans le péché ? » La croix est venue défaire l'œuvre du diable. Ta victoire repose sur la foi que tu places en Christ.
- Nous gardons parfois de « petits péchés de compagnie », en nous disant qu'ils ne sont pas graves. Mais tout péché offense la sainteté de Dieu. L'assemblée venait de chanter « Saint, saint, saint ».
- « Si Adam et Ève ont été chassés du paradis pour un seul péché, pourquoi y entrerais-tu avec tous les tiens ? » Celui qui s'attache à la croix, confesse son péché et se repent a la victoire. Elle repose sur l'amour de Dieu et elle a été remportée au Calvaire.
5. « Je remets mon esprit entre tes mains » : tout est accompli
- Troisième parole, au verset 46 : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifie Dieu : « Certainement, cet homme était juste. »
- Jean rapporte une autre expression : « Tout est accompli » (Jean 19:30). Personne n'a pris la vie de Jésus : c'est lui qui l'a offerte. « Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même » (Jean 10:17-18).
- Quand Pierre a coupé l'oreille d'un serviteur à Gethsémané, Jésus a dit qu'il pouvait demander à son Père plus de douze légions d'anges (Matthieu 26:52-53). Une légion comptait environ six mille hommes : plus de cinquante mille anges, souligne le prédicateur. Et quand Jésus a répondu « C'est moi » aux soldats venus l'arrêter, ils ont reculé et sont tombés par terre (Jean 18:6).
- Jésus est le Dieu tout-puissant, mais il n'a jamais utilisé sa puissance divine pour lui-même. Il était venu avec une mission : aller à la croix. Sa mort est un acte volontaire et un acte d'amour : Dieu prouve son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous (Romains 5:8).
- S'il n'était pas mort, c'est toi qui serais mort, et pas seulement comme on meurt au bout de quelques années : tu mourrais éternellement, loin de Dieu. Celui qui croit en lui n'est point jugé ; celui qui ne croit pas est déjà jugé (Jean 3:18).
6. Rien à ajouter au sacrifice de Jésus
- En disant « Je remets mon esprit », Jésus déclare que le but de sa vie est atteint : le châtiment a été subi, le pardon a été donné. Le voile déchiré montre que le chemin vers Dieu est ouvert, et ce chemin, c'est Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6).
- Vouloir ajouter quelque chose au sacrifice de Jésus est inutile, et c'est une offense à Dieu. Ce serait dire que tout ce qu'il a traversé n'a servi à rien ou n'a pas suffi. Nous sommes sauvés par grâce, et non par les œuvres.
- « Ne pense pas effacer ton péché parce que tu viens à l'église chaque dimanche. Ne pense pas l'effacer parce que tu donnes à chaque appel à l'offrande. Ne pense pas l'effacer parce que tu sers. » Tout cela est un privilège que Dieu te donne, pas un paiement.
- Le prédicateur vise aussi l'enseignement de l'Église catholique sur les sept sacrements à accomplir pour être sauvé, et tout groupe qui dit qu'il faut faire ceci ou cela pour être sauvé ou pour ne pas perdre son salut : « Christ a déjà fait tout ce qu'il fallait faire, et c'est accompli à la croix. »
- Il conclut : « Il te suffit de croire en lui, et en lui seul. Que ta foi soit placée uniquement en Jésus, celui qui est mort et ressuscité pour toi. »
Points à retenir
- Jésus ne s'est pas défendu pendant son procès : il était à la croix volontairement, pour s'offrir en sacrifice à ta place.
- Le but de la croix, c'est le pardon. C'est ton péché et le mien qui ont conduit Jésus au Calvaire, et chaque péché l'humilie encore.
- La croix n'est pas une défaite : c'est le lieu de la puissance de Dieu et d'une victoire sur la mort et sur le péché.
- Personne n'a pris la vie de Jésus. Il l'a donnée par amour, et il a pu dire : « Tout est accompli. »
- On n'ajoute rien à l'œuvre de la croix : venir à l'église, donner et servir sont des privilèges, pas un paiement pour le salut.
Application personnelle
- Quand tu regardes la croix, la vois-tu comme « la tienne », ou comme une histoire qui concerne d'abord les autres ?
- Y a-t-il un « petit péché de compagnie » que tu considères comme sans gravité et que tu dois confesser aujourd'hui ?
- Ta repentance s'arrête-t-elle à reconnaître ta faute, ou va-t-elle jusqu'au changement ?
- Quelle idée te fais-tu de la victoire chrétienne : une vie où tout va bien, ou une victoire sur le péché par la foi en Christ ?
- Comptes-tu encore, au fond de toi, sur ta présence au culte, tes dons ou ton service pour être en règle avec Dieu ?
Versets cités
- Luc 23:33-47
- Philippiens 2:7-8
- Ésaïe 53:5-7
- Matthieu 27:13-14
- Jean 16:8
- Hébreux 10:28-29
- Hébreux 6:6
- Jérémie 31:34
- 1 Jean 1:9
- Matthieu 27:51-52
- 1 Corinthiens 1:23-24
- Romains 1:16
- Romains 8:32-37
- Jean 19:30
- Jean 10:17-18
- Matthieu 26:52-53
- Jean 18:6
- Romains 5:8
- Jean 3:18
- Jean 14:6
Questions fréquentes
Quelles sont les trois paroles de Jésus sur la croix rapportées par Luc ?
Luc rapporte trois des sept paroles de Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (verset 34), « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (verset 43) et « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (verset 46). Le prédicateur y lit le but de la croix, sa puissance et son accomplissement.
Pourquoi Ésaïe dit-il que Jésus n'a pas ouvert la bouche, alors qu'il a parlé sur la croix ?
Pour le prédicateur, Ésaïe veut dire que Jésus ne s'est jamais défendu. Pendant tout son procès, il n'a pas plaidé son innocence, au point que Pilate s'en est étonné (Matthieu 27:13-14). Il était là volontairement, pour s'offrir lui-même en sacrifice.
Que signifie « Tout est accompli » pour notre salut ?
Cela signifie que le châtiment a été subi et que le pardon a été donné. Il n'y a rien à ajouter au sacrifice de Jésus : venir à l'église, donner ou servir sont des privilèges, pas un paiement. Nous sommes sauvés par grâce, en croyant en Jésus seul.