Luc 9 : Jésus a payé le prix avant de te demander de le suivre

11 min de lecture

Introduction

« Et si suivre Jésus me coûtait plus que ce que je veux donner ? » C'est, pour Jordan Formston, la question au cœur de Luc 9. Le prédicateur, « student minister » à Village Church, à Annandale (Sydney), ouvre le passage de Luc 9:51-62 lors du culte du 4 octobre 2026.

Il part d'un souvenir. Lors d'un rassemblement de jeunes, chaque personne qui montait sur scène devait répondre à la question : « Qui est Jésus pour toi ? » Les réponses étaient vraies et belles : Jésus est mon meilleur ami, mon réconfort, celui qui est avec moi dans les hauts comme dans les bas. Mais il ne se souvient pas que quelqu'un ait dit : « Jésus est celui qui a dit de laisser les morts ensevelir leurs morts. »

Nous ne voulons pas présenter Jésus comme un maître dur. Nous aimons rappeler que son joug est doux et son fardeau léger. Le risque, c'est de faire croire que suivre Jésus est facile. Or, tôt ou tard, le suivre coûte quelque chose : une amitié, une évolution de carrière, une réputation, du temps. Jordan Formston répond à la question en un seul verset, le verset 51, puis en tire trois implications.

Plan du message

1. Jérusalem, bien plus qu'une étape du voyage

  • Depuis le chapitre 4, Jésus exerce son ministère en Galilée : il enseigne et il guérit. Au chapitre 9, il annonce deux fois à ses disciples qu'il va être rejeté et mis à mort.
  • Sur la montagne de la transfiguration, Moïse et Élie s'entretiennent avec lui de son départ qu'il allait accomplir à Jérusalem (Luc 9:31).
  • Jérusalem n'est pas une simple ville. C'est le lieu du temple, le lieu où devrait se trouver le trône du roi, et le lieu où se trouvent les ennemis de Jésus.
  • Au verset 51, il ne s'agit donc pas d'une simple note de voyage : « Nous regardons un homme choisir de marcher vers sa propre mort. »

2. Jésus a payé le prix le premier (verset 51)

  • « Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » (Luc 9:51). Ce verset est la charnière de l'Évangile de Luc : le ministère quitte la Galilée pour prendre la route de Jérusalem.
  • L'expression « tourner sa face vers » la ville est une manière de dire une détermination ferme. Personne ne force Jésus. Il est maître de la situation, il sait ce qui l'attend : une croix romaine.
  • Le prédicateur prend l'image d'un pompier qui court dans un bâtiment en feu. S'il ne cherchait qu'à se préserver, ce serait insensé. Mais il se met en danger pour sauver ceux qui ne peuvent pas se sauver eux-mêmes. Jésus va à Jérusalem non pas malgré ce qui l'attend, mais à cause de ce qui l'attend.
  • Celui qui marche vers la croix est le Roi du royaume de Dieu, Dieu fait chair. Pourquoi ? Parce que le dessein de Dieu est de sauver des pécheurs comme toi et moi.
  • Alors, et si suivre Jésus te coûtait plus que ce que tu veux donner ? « C'est bien possible. Mais quoi que cela te coûte, ce sera bien moins que ce que cela lui a coûté. »
  • Le coût ne disparaît pas, mais la balance change. Tu ne suis pas un maître qui exigerait ce qu'il ne ferait pas lui-même : tu suis celui qui a déjà tout payé pour toi. Le suivre, c'est partager sa résolution, et Luc la décline de trois manières.

3. Suivre Jésus, c'est partager sa mission (versets 52 à 56)

  • Pour aller à Jérusalem, Jésus choisit un chemin qui traverse la Samarie. La plupart des Juifs l'auraient évité. Juifs et Samaritains se détestent depuis des siècles et s'opposent sur le lieu du culte : le mont Garizim pour les uns, Jérusalem pour les autres. « Samaritain » sert même d'insulte.
  • Le bourg samaritain refuse de recevoir Jésus « parce qu'il se dirigeait sur Jérusalem » (verset 53), justement le lieu de culte que les Samaritains tiennent pour faux.
  • Jacques et Jean veulent faire descendre le feu du ciel. Leur réaction a un précédent : en 2 Rois 1, Élie fait descendre le feu du ciel. Mais Jésus se tourne vers eux et les réprimande.
  • Jésus ne dit pas qu'il n'y a pas de jugement pour ceux qui rejettent le Roi. Il dit que le temps du jugement n'est pas maintenant. Il marche vers la croix pour sauver quiconque se tournera vers lui, y compris ceux qui le rejettent.
  • Les Samaritains ne sont pas les seuls à l'avoir rejeté : « Il n'y a point de juste, pas même un seul » (Romains 3:10). Si Jésus faisait tomber le feu sur tous ceux qui s'opposent à lui, personne ne resterait debout. « Ce n'est pas le temps du jugement. C'est le temps de la grâce. »
  • Luc poursuit l'histoire dans les Actes. Jésus annonce que ses disciples seront ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre (Actes 1:8). En Actes 8, Philippe prêche en Samarie, Pierre et Jean viennent prier, et l'Église de Samarie voit le jour. Ceux qui ont rejeté Jésus sont sauvés par sa décision d'aller à Jérusalem.
  • Jésus hait l'injustice, et le jour du jugement viendra : c'est ce que nous demandons en priant « que ton règne vienne ». Mais ce jour n'est pas encore là. Jésus a même sauvé Paul, l'homme qui persécutait l'Église. Qui est hors de portée du salut de Dieu ? Personne.
  • Le prédicateur raconte l'histoire d'un camarade d'école, retrouvé plus tard au travail, qui vivait entre fêtes, alcool et drogue. C'était, pour lui, la personne la moins susceptible de venir à l'église. Il est pourtant venu, il a continué à venir, il a mis sa confiance en Jésus et il lui fait toujours confiance. Jordan Formston reconnaît qu'il avait été « franchement moyen » pour lui parler de Jésus : Dieu a choisi de le sauver quand même.
  • Qui as-tu rayé de ta liste ? Que voudrait dire, pour toi, croire qu'aujourd'hui est vraiment le jour du salut et que Dieu peut sauver n'importe qui ?

4. Suivre Jésus, c'est renoncer à son confort (versets 57 et 58)

  • Luc présente trois personnes anonymes qui veulent suivre Jésus. Jésus répond à chacune en faisant connaître le coût, mais nous n'entendons jamais leur réponse. La question reste ouverte pour nous : suivrons-nous Jésus malgré le coût ?
  • Le premier promet : « Seigneur, je te suivrai partout où tu iras. » Jésus répond : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. »
  • C'est vrai au sens littéral : Jésus vient d'être refusé dans un village. Mais il y a plus. Les renards et les oiseaux trouvent un abri parce qu'ils s'adaptent à leur environnement. Le Fils de l'homme, lui, n'a pas été envoyé pour s'adapter : il est un étranger ici. Le suivre partout, c'est accepter de ne pas être le bienvenu.
  • Jésus l'a dit : « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous » (Jean 15:18). Paul décrit son ministère en 2 Corinthiens 11 : prisons, coups, cinq fois quarante coups moins un, trois fois battu de verges, une fois lapidé, trois naufrages, dangers de toutes parts, faim, soif, froid et nudité.
  • « Jésus n'a pas vécu une vie de confort. Les apôtres non plus. Pourquoi devrions-nous nous y attendre ? » Le prédicateur parle d'abord pour lui-même : il aime le confort. Notre société occidentale est si confortable que nous pourrions être généreux et rester très à l'aise.
  • Où es-tu tenté de cacher ton attachement à Christ pour préserver ton confort : au travail, entre amis, en famille, dans tes finances ? Pour certains, la pression est réelle : tensions familiales, relations qui coûtent, promotion manquée ou poste refusé à cause de l'Évangile. Et si tu ne sens aucune pression, il vaut la peine de te demander pourquoi.

5. Suivre Jésus, c'est ne rien placer avant lui (versets 59 à 62)

  • Deux hommes, deux demandes, et le même mot : « d'abord ». « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. » « Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison. »
  • Jésus ne paraît-il pas un peu dur ? Ce ne sont pas des excuses du genre « j'ai un gros week-end ». Ensevelir les siens était un devoir sacré dans la tradition juive, et tout le monde antique tenait pour un sacrilège le fait de négliger une sépulture.
  • La seconde demande a même un précédent : en 1 Rois 19, Élisée demande à Élie d'aller dire au revoir aux siens, et Élie le lui accorde. Ce sont de bonnes raisons. Pourtant, Jésus dit non aux deux.
  • Jésus ne dit pas qu'enterrer ses parents est mal, ni que la famille ne compte pas. Il reprend lui-même les pharisiens qui ne prennent pas soin financièrement de leurs parents. Il dit que ces choses ne peuvent pas passer en premier. S'il refuse les meilleures raisons, aucune raison moindre ne tiendra.
  • Jésus peut le demander parce qu'il l'a vécu le premier. Il a tourné sa face vers Jérusalem et il n'a pas regardé en arrière. Quand la croix s'est approchée, il n'a pas dit « laisse-moi d'abord ». Il a placé le salut de beaucoup avant son confort, sa sécurité et sa vie.
  • « Ce n'est pas une permission de manquer des funérailles ou d'abandonner tes parents. » Le point est ailleurs : la seigneurie de Jésus passe avant tout, et tout le reste se range derrière lui.
  • L'histoire bien connue du professeur et du bocal l'illustre : de grosses pierres, puis des cailloux, du sable et de l'eau. La leçon n'est pas qu'on peut toujours en faire plus. « Si je n'avais pas mis les grosses pierres en premier, je n'aurais jamais pu les faire entrer. » Si Jésus n'est pas la première pierre, tu ne lui trouveras pas de place après.
  • « Jésus ne peut pas être ajouté à notre vie après coup. » Nos vies doivent s'organiser autour de Christ, et non l'inverse. Le lieu où tu travailles, où tu habites, ta famille, ton argent : tout cela se pèse à la lumière de la grosse pierre déjà posée. Si Jésus passe en premier, tu refuseras peut-être un poste qui te fait voyager le week-end, et tu regarderas les Églises du quartier avant de choisir où acheter ta maison.

6. Fixe ton regard sur Jésus

  • « Suivre Jésus va-t-il me coûter plus que ce que je veux donner ? C'est en fait la mauvaise question. » Jésus a tourné sa face vers Jérusalem en connaissant le prix, et il y est allé quand même, pour des gens qui l'avaient rejeté.
  • Tout ce que Jésus demande dans ce passage découle du fait qu'il a déjà payé le prix pour toi. Quelle joie de calculer le coût de suivre un Seigneur qui a marché devant nous et qui a souffert pour nous.
  • L'encouragement final : fais de ta vie une vie centrée sur Jésus et sur ce qu'il a accompli à la croix. Examine tes priorités. Jésus est-il au centre de ta vie et de tes décisions ? « Aujourd'hui est le jour de la grâce. Fixe ton regard sur Jésus et suis-le. »
  • Dans sa prière, Jordan Formston remercie le Seigneur d'être le Roi qui a payé le prix avant de nous demander de le suivre. Il demande l'humilité pour examiner nos vies, le courage de changer ce qui doit l'être, et rappelle que nous sommes sauvés par l'œuvre que Jésus a déjà accomplie.

Points à retenir

  • Suivre Jésus finit toujours par coûter quelque chose, mais ce sera toujours moins que ce que cela lui a coûté.
  • Jésus a choisi librement de marcher vers la croix. Il a payé le prix avant de te demander quoi que ce soit.
  • Nous vivons le temps de la grâce : personne n'est hors de portée du salut de Dieu, pas même ceux qui l'ont rejeté.
  • Le disciple de Jésus n'est pas appelé au confort. Si tu ne ressens aucun coût, demande-toi pourquoi.
  • Même les meilleures raisons ne passent pas avant Jésus. S'il n'est pas la première pierre, il ne trouvera pas sa place après.

Application personnelle

  1. Quelle part de l'enseignement de Jésus as-tu tendance à laisser de côté parce qu'elle te dérange ?
  2. Y a-t-il quelqu'un que tu as rayé de ta liste, en pensant que Dieu ne pourrait jamais le sauver ? Pour qui peux-tu prier cette semaine ?
  3. Où es-tu tenté de cacher ton attachement à Christ pour garder ton confort : au travail, entre amis, en famille, dans tes finances ?
  4. Quelles bonnes choses as-tu placées avant Jésus : ta famille, ton travail, tes projets ?
  5. Quelle décision concrète, liée à ton emploi du temps, ton logement ou ton argent, montrerait cette semaine que Jésus est ta première pierre ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » en Luc 9:51 ?

Jordan Formston explique que l'expression traduite littéralement par « tourner sa face vers » Jérusalem exprime une détermination ferme. Personne n'oblige Jésus : il choisit de marcher vers la croix qui l'attend. Ce verset est la charnière de l'Évangile de Luc et le principe qui éclaire tout le reste du passage.

Pourquoi Jésus refuse-t-il de faire descendre le feu sur les Samaritains ?

Jésus ne dit pas qu'il n'y aura pas de jugement, il dit que le temps du jugement n'est pas venu. Nous avons tous rejeté Dieu (Romains 3). Nous vivons le temps de la grâce : les Samaritains qui l'ont rejeté recevront plus tard l'Évangile avec joie (Actes 8), sauvés par la décision même de Jésus d'aller à Jérusalem.

Jésus interdit-il d'enterrer ses parents ou de dire au revoir à sa famille ?

Non. Le prédicateur souligne que ce n'est pas une permission de manquer des funérailles ni d'abandonner ses parents. Jésus lui-même reprend les pharisiens qui négligent leurs parents. Le point est que la seigneurie de Jésus passe avant tout : s'il refuse même les meilleures raisons, aucune raison moindre ne peut passer avant lui.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Engagement »

Ne rate aucune prédication de Village Church Annandale

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Village Church Annandale. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Luc 9 : Jésus a payé le prix avant de te demander de le suivre | Efficient Church