Introduction
« Le message que le Seigneur m'a mis à cœur ce soir n'est pas un message forcément facile. » Jean-Luc Menchon prêche lors du culte du 27 octobre 2026 à La Porte Ouverte Chrétienne. Il porte ce message depuis longtemps et l'a déjà partagé par bribes dans les groupes de vie. Il sent que les choses se tendent dans la société, et il croit que le Seigneur cherche en ce moment « à muscler notre foi ».
Le titre du message : « une meilleure foi ». Le texte de base tient en un seul verset, Hébreux 11:35 : « Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection ; d'autres furent livrés aux tourments, et n'acceptèrent point de délivrance, afin d'obtenir une meilleure résurrection. »
Ce verset, le prédicateur l'appelle un « verset bascule ». Il oblige à distinguer la délivrance et la foi, et il tourne le regard vers une espérance qui dépasse cette vie.
Plan du message
1. Dieu est au contrôle de tout ce qui se passe
- En regardant tout ce qui se passe, on pourrait perdre pied et se décourager. Mais Dieu « est désarçonné par rien, il est surpris par rien », au niveau géopolitique comme dans nos vies personnelles.
- Premier exemple : Dieu a fait bouger un empereur, César Auguste. Son recensement a conduit Joseph et sa famille à Bethléhem, et Jésus est né là où les prophéties l'annonçaient.
- Deuxième exemple : devant le temple, Jésus annonce qu'il n'en restera pas pierre sur pierre. Cela est arrivé en l'an 70, sous Titus. Dieu annonce les choses et les choses se réalisent.
- Il nous faut donc deux choses à la fois : la foi d'un enfant qui croit tout ce que son papa lui dit, et la persévérance d'un adulte fait en Christ, capable de tenir ferme face aux circonstances contraires.
2. Le contexte de la lettre aux Hébreux
- La lettre a probablement été écrite avant l'an 70 : elle développe longuement le lien entre l'ancien culte et le sacrifice de Christ sans jamais mentionner la destruction du temple.
- L'auteur est inconnu. La lettre n'est pas préfacée, contrairement à celles de Paul, et l'auteur dit avoir été instruit par des témoins directs, alors que Paul affirmait avoir reçu son enseignement par révélation de Jésus-Christ.
- Le but de la lettre : remobiliser des croyants d'origine juive qui avaient bien commencé dans la foi en Jésus-Christ, mais qui revenaient peu à peu à la loi.
- D'où l'appel d'Hébreux 10:36-39 : « vous avez besoin de persévérance » et « nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme ».
- Puis vient le chapitre 11 : « la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère », et la galerie des héros de la foi, Abel, Hénoc, Abraham, Sara, Isaac, Jacob, Moïse, Gédéon. « Chaque fois qu'on lit ça, ça fait du bien. »
3. Un verset bascule : deux situations, une même foi
- Première situation : des femmes retrouvent leurs enfants morts par une intervention miraculeuse de Dieu.
- La veuve de Sarepta (1 Rois 17) partage avec Élie le peu de farine et d'huile qui lui reste, puis voit la farine et l'huile ne plus s'épuiser pendant la famine. Plus tard, son fils meurt ; elle crie, Élie prie, et Dieu rend la vie à l'enfant.
- La Sunamite (2 Rois 4) accueillait Élisée dans une chambre à l'étage. Stérile, elle reçoit un fils de la part de Dieu. Un jour l'enfant meurt soudainement ; Élisée vient, prie, et l'enfant est ressuscité.
- Deuxième situation : « d'autres furent livrés aux tourments ». Le contraste est immédiat. Dans le premier cas la mort est vaincue, dans le second le croyant est livré à la souffrance, peut-être à la mort.
- Le texte ne donne pas de noms, mais il pose un principe : « Certains croyants ont expérimenté la puissance de Dieu jusqu'à délivrer de la mort, mais d'autres ont expérimenté la fidélité à Dieu jusque dans la mort. » Les deux sont présentés comme des manifestations de foi. Ceux qui n'ont pas été exaucés « n'ont pas eu moins de foi que les autres ».
- La délivrance refusée, c'est celle qu'ils auraient obtenue en reniant leur fidélité à Dieu. Exemple : Schadrac, Méschac et Abed-Nego devant la statue de Nebucadnetsar (Daniel 3:17-18) : « Notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente […] Et même si Dieu ne le faisait pas, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux. »
- Dieu peut délivrer, guérir, sortir des situations difficiles : il est le même hier, aujourd'hui et éternellement. Mais ces trois hommes disent : même s'il ne nous délivre pas, nous ne le renierons pas.
- Le prédicateur cite un témoignage relayé par l'organisation Portes Ouvertes : en 2013, en Érythrée, une femme chrétienne malade, en détention, a été privée de soins parce qu'elle refusait de renier sa foi. On lui proposait de la faire sortir et soigner si elle reniait. Elle a refusé et elle est morte d'une pneumonie. « On est dans l'esprit d'Hébreux 11:35. »
4. Distinguer la délivrance et la foi
- Le faux raisonnement serait de dire : « si j'ai suffisamment de foi, Dieu me délivrera toujours ». On peut même s'appuyer sur un verset qu'on aime proclamer : « Le malheur atteint souvent le juste, mais l'Éternel l'en délivre toujours » (Psaume 34:20).
- Hébreux 11 enseigne autre chose. La progression du chapitre passe des victoires des versets 33 et 34 (échapper au tranchant de l'épée, mettre en fuite des armées) aux femmes qui retrouvent leurs morts, puis à ceux qui sont torturés et meurent en restant fidèles.
- Conclusion : la foi ne garantit pas toujours une délivrance temporelle, « là tout de suite ici sur la terre ».
- Dans l'assemblée, des bien-aimés malades avaient la foi, avaient parfois reçu des promesses, ont cru jusqu'au bout, et sont quand même partis. Ils sont partis la tête haute, en encourageant ceux qui les entouraient : « lorsqu'on les regardait, on voyait Jésus-Christ en eux ».
- « Le fait de ne pas être exaucé, ça ne signifie pas qu'on a manqué de foi. » Hébreux 11:39-40 le confirme : tous ceux-là n'ont pas obtenu ce qui leur était promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous.
5. Une meilleure résurrection
- Parler d'une meilleure résurrection suppose qu'il y en a deux. La première, celle des enfants de Sarepta et de Sunem, est une restauration temporaire de la vie terrestre.
- La seconde est définitive : elle ne sera pas suivie d'une nouvelle mort. « On restera ressuscité pour toujours auprès du Seigneur. » Jésus le dit : celui qui croit en lui vivra, même s'il meurt (Jean 11:25). Paul l'explique : le corps est semé corps naturel, il ressuscite corps spirituel, et la mort a été engloutie dans la victoire (1 Corinthiens 15).
- Jean-Luc Menchon raconte un témoignage entendu tout jeune dans la foi, dans un petit groupe de prière près de Colmar. Une mère avait prié pendant des années pour son fils, alcoolique, âgé de 40 à 45 ans : « Seigneur, je rêve de pouvoir servir avec mon fils. » Un jour il est délivré et donne sa vie à Jésus. Quelques semaines ou quelques mois plus tard, il meurt brutalement.
- Pendant plusieurs années, cette mère a lutté avec Dieu : « Mais pourquoi, Seigneur, tu as permis ça ? » Puis Dieu a parlé à son cœur : il avait repris son fils pendant qu'il était encore sauvé, parce qu'il allait retomber.
- « Parfois, on ne comprend pas comment il agit. […] Mais lui, il sait, et c'est un papa bienveillant. Il ne se trompe pas. » Peut-être qu'on ne sera pas guéri ici-bas, mais si on reste attaché à Jésus, « c'est sûr qu'au ciel, on sera guéri ».
6. « Meilleur », un mot clé de la lettre aux Hébreux
- Le mot grec traduit par « meilleur » (kreittôn) signifie aussi « supérieur ». L'auteur l'emploie souvent, au point d'en faire l'un des thèmes de la lettre.
- En Jésus, nous avons une meilleure alliance, parce que nous ne sommes plus sous la loi ; un meilleur sacrifice, le sacrifice parfait de Christ ; une meilleure espérance, qui conduit à la vie éternelle ; une meilleure patrie, le royaume des cieux.
- Et une meilleure résurrection, avec un corps glorifié : « C'est pas notre vieille carcasse qu'on va traîner là-haut et qui va être rafistolée. […] Le Seigneur, il va pas faire de recyclage. »
- Les héros de l'Ancien Testament ont salué ces choses de loin. Nous, nous les voyons accomplies en Jésus. « Ça doit nous donner une meilleure foi. »
7. Trois applications, et une nourriture pour tenir
- Première application : la foi ne consiste pas à obliger Dieu à faire un miracle. On peut prier avec foi et vivre de beaux exaucements, mais il faut apprendre à dire : « Seigneur, même si tu ne me délivres pas comme je te le demande, je resterai fidèle. » C'est la foi des trois amis de Daniel. Le prédicateur le dit « avec beaucoup de respect pour ceux qui souffrent ».
- Deuxième application : notre foi doit regarder plus loin que la vie présente. L'enjeu n'est pas que Dieu rende notre vie terrestre confortable, mais qu'il nous ressuscite et nous donne la vie éternelle avec lui.
- Troisième application, tirée d'Hébreux 12 : lutter contre le péché. Si des héros de la foi ont résisté à une délivrance des tourments, à combien plus forte raison devrions-nous résister au péché. « Rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement » (Hébreux 12:1) ; « vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang » (Hébreux 12:4).
- Jean-Luc Menchon se l'applique d'abord à lui-même : le Seigneur passe en revue certains de ses comportements, et il lui demande de l'aide. Chaque fois que nous péchons, c'est comme si nous renvoyions Jésus à la croix. Jésus aurait pu être délivré par une légion d'anges ; à Gethsémané, il a choisi de mourir pour nous. Par respect pour lui, « ne luttons pas par la chair, mais demandons-lui grâce ».
- Comment avoir une meilleure foi ? « La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17). Pierre, qui avait renié Jésus, a été relevé par sa parole, puis a demandé aux anciens de paître le troupeau de Dieu.
- Le berger conduit les brebis là où l'herbe est verte, mais « on ne voit jamais le berger qui se met à genoux » pour leur mettre l'herbe dans la bouche. C'est à chacun de creuser la Parole pour y trouver « la substance qui va nous aider à être ferme quand ça devient difficile ».
- Le message se termine sur la promesse d'Apocalypse 21:1-7 : Dieu essuiera toute larme, la mort ne sera plus. « Celui qui vaincra, celui qui tiendra ferme, celui qui va se nourrir dans la parole […] héritera ces choses. »
Points à retenir
- Dieu n'est surpris par rien : il reste au contrôle des circonstances, à l'échelle du monde comme de ta vie.
- Hébreux 11:35 place dans la même galerie ceux qui ont été délivrés et ceux qui ne l'ont pas été. Ne pas être exaucé ne signifie pas manquer de foi.
- La foi dit : « Dieu peut me délivrer, et même s'il ne le fait pas, je resterai fidèle. »
- La meilleure résurrection est définitive, avec un corps glorifié. Toutes les promesses y seront accomplies.
- Une meilleure foi se nourrit de la Parole, que chacun doit creuser lui-même pour tenir ferme dans la tempête.
Application personnelle
- Dans ta prière, cherches-tu à obliger Dieu à faire un miracle, ou peux-tu lui dire : « même si tu ne me délivres pas comme je le demande, je resterai fidèle » ?
- As-tu déjà pensé, pour toi ou pour un autre, qu'une prière non exaucée était un manque de foi ? Comment Hébreux 11:35 change-t-il ce regard ?
- Ton espérance s'arrête-t-elle à une vie terrestre confortable, ou regarde-t-elle vers la résurrection et la vie éternelle ?
- Quels comportements le Seigneur passe-t-il en revue dans ta vie en ce moment, et as-tu commencé à lui demander grâce pour les abandonner ?
- Est-ce que tu attends que d'autres te mettent l'herbe dans la bouche, ou prends-tu le temps de creuser toi-même la Parole cette semaine ?
Versets cités
- Hébreux 11:35
- Luc 2:1-7
- Matthieu 24:1-2
- Hébreux 10:36-39
- Hébreux 11:1
- 1 Rois 17
- 2 Rois 4
- Daniel 3:17-18
- Hébreux 13:8
- Psaume 34:20
- Hébreux 11:33-34
- Hébreux 11:39-40
- Jean 11:25
- 1 Corinthiens 15:42-57
- Hébreux 12:1-4
- Matthieu 26:53
- Romains 10:17
- Jean 21:15-17
- 1 Pierre 5:2
- Apocalypse 21:1-7
Questions fréquentes
Que signifie « une meilleure résurrection » dans Hébreux 11:35 ?
Jean-Luc Menchon distingue deux résurrections. Celle des enfants rendus à leur mère du temps d'Élie et d'Élisée est une restauration temporaire de la vie terrestre : ils sont morts plus tard. La meilleure résurrection est définitive, avec un corps glorifié, pour toujours auprès du Seigneur. C'est elle que visaient les croyants qui ont refusé la délivrance.
Si Dieu ne me délivre pas, est-ce que j'ai manqué de foi ?
Non. Hébreux 11:35 range dans la même galerie des héros de la foi ceux qui ont été délivrés et ceux qui ne l'ont pas été. Pour le prédicateur, il faut distinguer délivrance et foi : la foi ne garantit pas toujours une délivrance ici-bas, et ne pas être exaucé ne signifie pas qu'on a manqué de foi.
Comment avoir une meilleure foi ?
En se nourrissant soi-même de la Parole de Dieu. Le prédicateur cite Romains 10:17 et l'image du berger : il conduit le troupeau là où l'herbe est verte, mais ce sont les brebis qui mangent. Chacun doit creuser la Parole pour y trouver la substance qui l'aide à tenir ferme dans la tempête.