Introduction
« Je n'arrête pas d'y penser. » Tu as sûrement déjà prononcé cette phrase, ou entendu quelqu'un la dire. Salvatore Chiazza, à l'Église Nouvel Impact de Liège, en fait le point de départ d'un message sur la seigneurie de Christ dans nos pensées, nos émotions et nos décisions.
Il part d'une question de Jésus, qu'il invite chacun à prendre pour lui en y mettant son prénom : « Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc 6:46). Cette question ne porte pas d'abord sur nos comportements, mais sur ce qui se passe à l'intérieur.
Son constat est simple : si Christ n'est pas le Seigneur de nos pensées et de nos émotions, il ne peut pas être le Seigneur de notre vie. À travers l'histoire de Jonas, qu'il appelle « le prophète moderne », il montre où mène un cœur gouverné par ses émotions, puis donne des armes spirituelles pour reprendre le dessus.
Plan du message
1. Le cœur, centre de commande de ta vie
- Juste avant sa question, Jésus dit : « L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor » (Luc 6:45). Juste après, il compare celui qui entend sans mettre en pratique à un homme qui bâtit sa maison sans fondement : la tempête vient et la maison s'écroule.
- Jésus ne parle pas du cœur physique, cette pompe qui fait circuler le sang. Il ne parle pas non plus du petit cœur qu'on envoie dans les messages, en faisant attention à la couleur.
- Le cœur biblique est la source de la vie. Le prédicateur en donne une définition courte : « le centre de commande de notre être, là où naissent nos pensées, nos émotions, nos décisions et nos actions ».
- Dieu regarde au cœur avant de regarder l'extérieur. Si Christ n'est pas le Seigneur de nos émotions, il ne peut pas être le Seigneur de notre vie.
2. « Je n'y peux rien » : une bataille spirituelle
- La phrase « je n'arrête pas d'y penser » prend quatre directions : je n'y peux rien, c'est le diable, c'est Dieu, ou ce n'est qu'une pensée. Le message répond à chacune.
- Beaucoup se vivent comme spectateurs, victimes de leurs pensées : une phrase entendue le matin, une situation au travail ou à l'église, une fille rencontrée à l'arrêt de bus ou en camp.
- L'expérience du rat : on affiche la photo d'un rat (« il y en a beaucoup à Liège ») et on demande de ne plus y penser, ni à sa couleur grise, ni à sa longue queue. Plus tu essaies, plus tu y penses. Essayer de ne pas penser à une chose, c'est y penser.
- « On ne gagne pas la bataille des pensées par la volonté, ni par la discipline. » La pensée s'en va et revient plus forte.
- Paul dit au contraire que nous ne sommes pas condamnés à subir : « nous amenons toutes pensées captives à l'obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10:5). Le prédicateur parle de mettre les menottes à nos pensées.
- Le fonctionnement du cœur : une émotion nourrit des pensées, qui nourrissent des décisions, qui nourrissent des actions. Le problème est un cœur qui fonctionne en circuit fermé. Où est Jésus dans cette équation ? Quand le cœur tourne ainsi, le Seigneur, ce sont nos émotions.
- Les émotions ne sont pas mauvaises : « Merci Seigneur pour les émotions. » Elles permettent de ressentir et d'entrer en relation. Mais Dieu ne nous les a pas données pour décider et diriger notre vie. Ressentir la colère, le découragement ou une attirance sexuelle est une chose, être entièrement dominé par elles en est une autre.
- « Un cœur qui n'est pas sous la seigneurie de Christ tombe sous la dictature des émotions. » Le monde dit « écoute ton cœur », et même des chrétiens le spiritualisent en demandant « est-ce que tu es en paix ? ». Attention : la paix ne vient pas toujours de Dieu.
3. Jonas, un homme gouverné par ses émotions
- Dieu dit à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu'à moi » (Jonas 1:2). Jonas se lève pour s'enfuir à Tarsis, dans la direction opposée.
- Israël est alors menacé par les Assyriens, et Ninive est leur capitale. Dieu envoie Jonas prêcher la grâce et la repentance à ses ennemis. Le chapitre 4 le montre : Jonas n'est pas d'accord avec Dieu. Il est rempli de peur, de haine, de nationalisme, de colère et de désir de vengeance.
- Première conséquence : ses émotions l'emmènent à l'opposé du plan de Dieu. « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? » (Jérémie 17:9). Si tu écoutes ton cœur comme Jonas, tu iras dans la direction opposée.
- Il n'y a pas de juste, pas même un seul. Comme dans la parabole de la brebis perdue, tout le monde a besoin de repentance : il y a seulement ceux qui le reconnaissent et ceux qui ne le reconnaissent pas.
- Deuxième conséquence : « Il descendit à Japho » (Jonas 1:3). Quand tu écoutes tes émotions, tu descends, tu t'enfonces dans la haine, la rancune, la colère, tes pulsions ou tes addictions.
- Troisième conséquence : « il paya le prix du transport ». Tu paieras un prix : ta réputation, ton témoignage, ton sommeil, ta santé. Le prédicateur a vu des gens le payer dans leur mariage ou dans leur relation avec leurs enfants ou leurs parents.
- Pendant la tempête, Jonas dort au fond du bateau. Quand nos émotions sont notre seigneur et que nous sommes alignés sur elles, nous dormons bien, en paix, tout en faisant ce que Dieu désapprouve. Le pasteur reconnaît avoir parfois fait la volonté de Dieu sans ressentir de paix, et parfois ne pas l'avoir faite en étant en paix.
- Quatrième conséquence : les autres paient. Jonas sait qu'il est la cause de la tempête, mais il dit aux marins : « Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer » (Jonas 1:12). Tu rentres de mauvaise humeur et toute la maison paie pour tes émotions.
- « Quand je laisse parler mon cœur, je suis généreux, j'aime. » Ce n'est pas l'amour chrétien : si tu es conduit par tes émotions, tu seras manipulé par ceux qui savent les conduire. L'amour chrétien est une décision, un sacrifice, un don qui ne varie pas avec les émotions ni les circonstances.
4. Première arme : pense au lion et prêche à ton cœur
- Après le rat, le prédicateur affiche un lion. Son fils venait de faire un exposé sur le lion à l'école, et il en décrit la puissance.
- Juda, l'un des douze fils de Jacob, a pour emblème le lion. Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda (Genèse 49:10), David est de sa descendance, et Jésus, fils de David, est appelé le lion de la tribu de Juda (Apocalypse 5:5).
- Pendant qu'on parlait du lion, tout le monde a oublié le rat. Tu ne peux pas chasser une pensée par la volonté, mais tu peux la remplacer. Quand tu penses à Jésus, tu laisses de côté ta peur, tes doutes et la tentation.
- Jérémie fait exactement cela dans les Lamentations : « Quand je pense à mon affliction et à ma misère, à l'absinthe et au poison ; quand mon âme s'en souvient, elle est abattue au dedans de moi. Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l'espérance. Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin » (Lamentations 3:19-23).
- Ce n'est pas une technique psychologique mais une démarche spirituelle : remplacer les mensonges du diable par la vérité de la Parole de Dieu.
- Le psalmiste ne se contente pas d'écouter son cœur, il lui parle : « Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu » (Psaume 42:6). Le pasteur veut que chacun devienne « un prédicateur pour son âme ».
- Ton cœur te parle toute la journée : peur, rancune, colère, désespoir, abandon. Tu n'as pas à le croire. Tu peux lui répondre : « C'est vrai, humainement je pourrais avoir peur, je pourrais me venger. Mais le Lion de Juda m'a fait miséricorde. Je vais faire miséricorde. » Ce que dit ton cœur n'est pas la parole de l'Évangile.
5. « C'est le diable » : deuxième arme, arrête d'arroser
- Le diable existe, mais l'Église Nouvel Impact veut respecter les proportions de la Bible, qui parle bien plus de Dieu et de Jésus que du diable. Il ne faut pas lui prêter des attributs divins : Dieu est partout, le diable n'est pas omniprésent. La Bible le présente comme l'accusateur de ceux que Dieu a choisis (Apocalypse 12:10).
- Il est facile d'accuser le diable pour se décharger de sa responsabilité. Jésus dit : « c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées » (Marc 7:21). Le problème est à l'intérieur, pas à l'extérieur.
- Les marins cherchent le problème dehors : ils prient chacun leur dieu et jettent la cargaison par-dessus bord. Ils perdent tout pour garder Jonas dans le bateau, alors que le problème est à l'intérieur du bateau.
- Une application directe : si garder quelqu'un dans ta vie te coûte tout ce qui a de la valeur, peut-être que cette personne n'a rien à faire dans ton bateau. Le pasteur précise qu'il ne parle pas du conjoint, mais de certaines amitiés et relations.
- Jésus compare les pensées à une semence, et sa Parole aussi. Arrosée, la semence devient une plante, puis un arbre. Quelle semence arroses-tu ? Tu ne peux pas empêcher les oiseaux de voler au-dessus de ta tête, mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux.
- Exemples concrets : si tu en veux à quelqu'un et que tu en parles à tout le monde, tu arroses. Si tu ne peux pas arrêter de penser à cette fille, commence par arrêter de regarder son profil dix fois par jour. Si tu luttes avec la comparaison, appuie trois secondes sur l'icône de Snapchat, TikTok ou Instagram, puis sur la petite croix.
- À propos d'une fusillade raciste survenue en France, le prédicateur souligne que personne ne se lève un matin avec une telle idée : quelque chose a été semé et nourri longtemps, par des livres, des vidéos, des discussions et des blagues. De même, personne ne se réveille en disant « aujourd'hui, je vais tromper ma femme ».
6. « C'est Dieu » : troisième arme, le filtre de la Parole
- La pensée qui revient le plus souvent ne vient pas forcément de Dieu. Jonas, israélite, rêvait sans doute que Dieu fasse justice contre les Assyriens. Cette pensée très spirituelle, « nous sommes le peuple de Dieu », ne venait pas de Dieu, car Dieu est un Dieu de miséricorde.
- Première question : cette pensée m'arrange-t-elle ? Si elle flatte ton ego ou ta rancune, si elle te donne raison contre tout le monde, méfie-toi. Les hommes les plus spirituels que le pasteur a connus sont ceux qui ont la conscience la plus aiguë de leur péché.
- Deuxième question : cette pensée me rapproche-t-elle de Dieu ou m'envoie-t-elle à Tarsis ? On peut juger une pensée à la direction où elle mène.
- Troisième question : produit-elle l'amour ou le mépris ? Regarde le fruit : l'humilité ou l'orgueil, la paix ou le conflit, l'unité ou la division.
- Quatrième question : pourrais-je dire cette pensée à voix haute, devant Dieu et en pleine lumière ? Tient-elle si je la dis à un frère ou à mon conjoint ?
- Cinquième question : cette pensée m'accuse-t-elle pour m'écraser, ou m'interpelle-t-elle pour me construire et m'élever ?
- Enfin, le filtre de Philippiens 4:8 : « que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur […] soit l'objet de vos pensées ». Si une pensée est juste mais pas vraie, ou honorable mais pas pure, elle ne vient pas de Dieu.
7. « Ce n'est qu'une pensée » : garde ton cœur
- « Ce n'est jamais juste une pensée. » Et souvent, ce n'est pas une pensée juste. « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Proverbes 4:23).
- Le pasteur se livre : « J'étais Jonas. » Gouverné par ses émotions, convaincu d'avoir toujours raison, il est allé dans la direction opposée, il est descendu, et cela lui a coûté cher.
- Tu n'as pas à répéter les erreurs de Jonas, ni les siennes, ni celles de tes parents ou de tes amis. Ce n'est pas une question d'émotions, c'est une question d'obéissance : obéir à tes émotions ou obéir à Dieu.
- Quand il partage son cœur dans son groupe de maison, un frère lui répond toujours : « Garde ton cœur, mon frère. » C'est le message qu'il transmet à son tour.
- Le problème n'est pas la maison mais la fondation. Place le Seigneur Jésus à chaque étage : dans tes émotions, tes pensées, tes décisions et tes actions. Ta vie ne sera pas forcément facile, mais ta maison tiendra dans la tempête, et rien ni personne n'empêchera Dieu de te conduire là où il l'a prévu.
Points à retenir
- Le cœur biblique est le centre de commande de ton être : si Christ ne règne pas sur tes pensées et tes émotions, il ne règne pas sur ta vie.
- Les émotions sont un don de Dieu, mais elles ne sont pas faites pour diriger ta vie. Un cœur hors de la seigneurie de Christ tombe sous la dictature des émotions.
- Comme Jonas, celui qui suit ses émotions part à l'opposé du plan de Dieu, descend, paie un prix et le fait payer aux autres.
- Tu ne chasses pas une pensée par la volonté : tu la remplaces par la vérité de Dieu, tu prêches à ton cœur et tu arrêtes d'arroser ce qui la nourrit.
- Une pensée ne vient pas de Dieu parce qu'elle revient souvent ou qu'elle paraît spirituelle : passe-la au filtre de Philippiens 4:8 et garde ton cœur.
Application personnelle
- Quelle pensée te fait dire en ce moment « je n'arrête pas d'y penser » ? Laquelle des quatre directions lui donnes-tu : je n'y peux rien, c'est le diable, c'est Dieu, ou ce n'est qu'une pensée ?
- Dans quelle situation récente as-tu laissé tes émotions décider à ta place ? Qui en a payé le prix autour de toi ?
- Quelle vérité de la Parole de Dieu peux-tu « repasser en ton cœur » cette semaine pour remplacer une pensée qui t'abat ?
- Qu'est-ce que tu arroses sans t'en rendre compte : une conversation, un profil, une application, une rancune ? Quelle « petite croix » peux-tu appuyer aujourd'hui ?
- Une pensée qui te semble spirituelle t'arrange-t-elle un peu trop ? Passe-t-elle le filtre de Philippiens 4:8 ?
Versets cités
- Luc 6:45-49
- 2 Corinthiens 10:3-5
- Jonas 1
- Jonas 4
- Jérémie 17:9
- Romains 3:10
- Luc 15:7
- Genèse 49:10
- Apocalypse 5:5
- Lamentations 3:19-26
- Psaume 42:6
- Psaume 103:1
- Apocalypse 12:10
- Marc 7:21-23
- Philippiens 4:8
- Proverbes 4:23
Questions fréquentes
Que veut dire « le cœur » dans la Bible ?
Pour Salvatore Chiazza, le cœur biblique n'est pas seulement le siège des sentiments. C'est le centre de commande de notre être, là où naissent nos pensées, nos émotions, nos décisions et nos actions. C'est pourquoi Dieu regarde au cœur avant de regarder l'extérieur.
Comment arrêter de penser à quelque chose qui m'obsède ?
On ne gagne pas la bataille des pensées par la volonté : essayer de ne pas penser à une chose, c'est encore y penser. Le prédicateur propose de remplacer la pensée par la vérité de la Parole de Dieu, de parler à son cœur au lieu de l'écouter, et d'arrêter d'arroser ce qui nourrit la pensée.
Comment savoir si une pensée vient de Dieu ?
Salvatore Chiazza propose cinq questions : cette pensée m'arrange-t-elle ? Me rapproche-t-elle de Dieu ? Produit-elle l'amour ou le mépris ? Pourrais-je la dire à voix haute devant Dieu ? M'accuse-t-elle pour m'écraser ou m'interpelle-t-elle pour me construire ? Elle doit aussi passer le filtre de Philippiens 4:8.