Introduction
« La plus grande force qui transforme les gens, c'est le cri. » Pour le dernier jour du Camp Impact Amérique du Nord, Yvan Castanou ne prêche pas sur la prière en général. Il parle d'un cri précis : celui du cœur qui désire Dieu lui-même, et non ce que Dieu peut donner.
Le message part de la louange et y revient. Le prédicateur explique pourquoi tant de chrétiens prient beaucoup sans être transformés, ce que veut dire porter l'image de Dieu, pourquoi le Saint-Esprit est un royaume et pas seulement une personne. Il termine dans la prison de Philippes, avec Paul et Silas, qui n'ont pas demandé à sortir.
Tout au long, une phrase revient comme une prière : « Il y a quelque chose que je n'ai pas compris. »
Plan du message
1. Être prophétique, c'est être conduit par l'Esprit
- Être prophétique, ce n'est pas « connaître les téléphones des gens » : ça, c'est la voyance. Dans la Bible, c'est être conduit par le Saint-Esprit dans tout ce que l'on dit et fait.
- L'Esprit ne conduit pas seulement la prière. Il oriente les décisions, les relations, les désirs, les motivations, les pensées.
- Avant qu'il te conduise, il faut qu'il te remplisse, et d'abord de l'amour de Dieu.
- Balaam avait un don : il voyait. Mais il était conduit par la cupidité, par les cadeaux qu'on lui proposait. « On peut avoir des dons spirituels et être totalement charnel. »
2. Le cri qui transforme : désirer le donateur plus que ses dons
- En Égypte, Dieu dit qu'il est descendu parce que le peuple criait (Exode 3:7-8). Dieu est sensible au cri, mais tous les cris ne le font pas réagir.
- « Donne-moi la guérison, donne-moi l'argent, donne-moi la puissance » : quand le cri n'est pas « donne-moi toi », il peut devenir convoitise, « parce que tu demandes un don au lieu du donateur ».
- La présence de Dieu peut guérir. Mais enlever l'amertume, transformer la colère en compassion, l'impudicité en sainteté, c'est le fruit du désir ardent de Dieu.
- L'image du couple : quand une épouse dit « je te veux », elle ne parle pas de présence, son mari est déjà là. Elle parle d'intimité. Celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul esprit (1 Corinthiens 6:17).
- « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face » (Exode 20:3) : tout désir brûlant qui n'est pas orienté vers Dieu devient un rival. D'où l'ordre de chercher premièrement le royaume et la justice de Dieu (Matthieu 6:33).
- « Montre-moi une personne qui a été abandonnée, méprisée, trahie, abusée dans son enfance, mais qui a soif de Dieu. Je te montrerai une personne guérie, restaurée. »
3. Créé pour refléter l'image de Dieu
- « Faisons l'homme à notre image » (Genèse 1:26). Dans l'Orient ancien, la statue d'un roi au centre de la ville le représentait : la voir, c'était comme voir le roi.
- Quand Adam est tombé, l'image a disparu. Dans l'Ancien Testament, Dieu venait sur certains pour les équiper, mais il n'habitait plus dans l'homme.
- Christ est l'image de Dieu. Jésus n'était ni déprimé, ni inquiet, ni ébranlé par les insultes. Il restait amour, patient, fidèle, et les démons disaient : « Nous savons qui tu es. »
- « La raison pour laquelle Dieu t'a créé, ce n'est pas pour aller à l'église ni pour chanter. C'est une activité, ce n'est pas le but. Le but, c'est refléter Dieu. »
- Tant que l'on ne voit pas en toi son humilité, sa douceur, sa patience, sa maîtrise de soi, « tu n'as pas le droit d'être satisfait ».
4. Laisser grandir le nouvel homme
- Celui qui dit oui à Jésus est né de nouveau. Un IRM spirituel montrerait que tout de Dieu est déjà en lui, comme la barbe d'un petit garçon est déjà là, à l'intérieur, avant de sortir.
- Il est déjà héritier, cohéritier de Christ (Romains 8:17), mais l'héritage ne se manifeste qu'à la maturité.
- L'esprit est neuf, l'âme n'est pas encore restaurée. Comme Tarzan, élevé parmi les singes, qui se croit gorille : il faut qu'on t'enseigne qui tu es. « Tu te comportes méchamment, mais en vérité tu es déjà bon. C'est ton comportement qui est mauvais. »
- Le prédicateur raconte que ses enfants, tout petits, ont crié de peur devant un chat entré dans la maison. Puis un jour, vers 16 ans, la voix de son fils a changé. Il en va de même pour le nouvel homme : « Laisse-le grandir. Sa voix va changer, son autorité va changer. »
- Une visitation de Dieu se reconnaît à l'amour, la paix, la joie, l'humilité, la maîtrise de soi. Elle pousse à lire la Bible et à la pratiquer. Une expérience qui apporte la peur, l'orgueil, la critique ou le jugement des autres ne vient pas de Dieu.
5. « Il y a quelque chose que je n'ai pas compris »
- Quand la vie ne correspond pas à ce que Dieu a promis, le prédicateur invite à se remettre en cause : « S'il y en a un qui a raté, ce n'est pas Dieu. »
- Au lieu de répéter « délivre-moi », prie : « Ouvre les yeux de mon cœur » (Éphésiens 1:18). « Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance » (Osée 4:6).
- Jésus requalifiait la mort : pour Lazare comme pour la jeune fille qu'il a relevée, il a dit qu'ils dormaient, puis il a parlé.
- « Invoque-moi, et je te répondrai ; je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées, que tu ne connais pas » (Jérémie 33:3).
- Prier en langue, c'est dire des mystères à Dieu (1 Corinthiens 14:2), « une conversation cryptée ». L'Esprit intercède par des soupirs inexprimables (Romains 8:26).
6. Le Saint-Esprit, un royaume et pas seulement une personne
- Jésus a dit que quelques-uns de ceux qui étaient là verraient le royaume de Dieu venir avec puissance (Marc 9:1). Puis : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous » (Actes 1:8).
- Ce que l'Esprit lui a montré à la dernière Pentecôte : un chef d'État n'est pas seulement un homme, c'est un pays. Quand il se déplace, le pays se déplace. On ne lui demande pas les mêmes choses qu'à un simple ami.
- Un État, c'est un système de défense, de santé, d'éducation. Les gens font confiance à un système de santé, pas à une personne. « Tu penses État, tu penses puissance. »
- Ce n'est pas la prière qui fait la différence, c'est la prière de la foi. Et la foi vient de ce que tu as compris.
- « Je ne demande pas à Dieu la présence. Il est déjà là. Je demande à Dieu : viens manifester ton gouvernement. Viens manifester ton règne. »
7. L'adoration et l'intercession de l'épouse
- Nous sommes tous égaux devant Dieu, mais nous n'avons pas tous le même poids, parce que nous n'avons pas tous la même intimité avec lui. Quand Esther vient plaider devant le roi, ce n'est pas n'importe qui : c'est l'épouse.
- Le frère d'une jeune femme de l'église, jeune et non converti, tombe dans le coma après une rupture d'anévrisme. Les médecins pensent qu'il ne se relèvera pas. Avec son épouse, le prédicateur prie d'abord pour être conduit par l'Esprit, puis intercède en s'appuyant sur Job 22:30, Proverbes 28:13 et Jacques 2:13 : « pas à cause de nous, pas à cause de nos titres, mais à cause de la grandeur de ta miséricorde ». Il rapporte qu'ensuite, le verdict médical a semblé trop précipité.
- Paul et Silas, vers le milieu de la nuit, priaient et chantaient les louanges de Dieu. Tout à coup, il se fit un grand tremblement de terre (Actes 16:25-26). Ils n'ont pas demandé à sortir : « Moi, j'ai découvert qu'il faut demander Dieu. »
- « Adorer, ce n'est pas chanter. » C'est se présenter en sacrifice vivant (Romains 12:1), refuser toute cohabitation entre les ténèbres et la lumière. Le Père cherche ceux qui l'adorent en esprit et en vérité (Jean 4:23).
- Face à une génération qui abandonne la foi au premier scandale, il cite Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et l'engagement de David : « Je bénirai l'Éternel en tout temps ; sa louange sera toujours dans ma bouche » (Psaume 34:2).
- « Je peux changer d'Église, mais je ne vais pas maudire le mot Église. » Le mariage et l'Église sont les deux premières institutions que Dieu a créées sur la terre, et les deux premières choses que Satan combat.
Points à retenir
- Le cri qui transforme le cœur ne réclame pas d'abord la guérison ou la délivrance : il réclame Dieu lui-même.
- Tu as été créé pour refléter l'image de Dieu. Aller à l'église et chanter sont des activités, pas le but.
- Tout de Dieu est déjà en toi par la nouvelle naissance, mais le nouvel homme doit grandir par la Parole.
- Quand ta vie ne correspond pas à la Parole, demande à Dieu d'ouvrir les yeux de ton cœur : « Il y a quelque chose que je n'ai pas compris. »
- Comme Paul et Silas, l'épouse cherche Dieu pour ce qu'il est, et c'est cette adoration qui ébranle les prisons.
Application personnelle
- Quand tu pries, que réclames-tu le plus souvent : un don de Dieu, ou Dieu lui-même ?
- Quel désir brûlant de ton cœur est devenu un rival de Dieu ?
- Qu'est-ce que les gens voient de Christ en toi cette semaine : sa patience, sa douceur, sa paix ?
- Dans quel domaine de ta vie as-tu besoin de dire : « Ouvre les yeux de mon cœur, il y a quelque chose que je n'ai pas compris » ?
- Ton adoration est-elle un chant, ou une vie présentée en sacrifice vivant ?
Versets cités
- Actes 16:25-26
- Exode 3:7-8
- 1 Corinthiens 6:16-17
- Exode 20:3
- Matthieu 6:33
- Genèse 1:26-28
- Romains 8:17
- Éphésiens 1:18
- Osée 4:6
- Jérémie 33:3
- 1 Corinthiens 14:2
- Romains 8:26
- Marc 9:1
- Actes 1:8
- Job 22:30
- Proverbes 28:13
- Jacques 2:13
- Romains 12:1
- Jean 4:23
- Psaume 34:2
Questions fréquentes
Quelle différence entre crier pour un don et crier pour Dieu ?
Pour Yvan Castanou, le cri qui demande seulement la guérison, l'argent ou la délivrance peut devenir de la convoitise, parce qu'il réclame le don au lieu du donateur. Le cri qui transforme le cœur est celui qui désire Dieu lui-même, sa sainteté, son amour et son humilité.
Comment savoir si une expérience spirituelle vient de Dieu ?
Le prédicateur donne un critère : quand c'est Dieu, la visitation porte l'amour, la paix, la joie, l'humilité et la maîtrise de soi. Elle pousse à lire la Bible et à la pratiquer. Une expérience qui apporte la peur, l'orgueil, la critique ou le jugement des autres ne vient pas de Dieu.
Que nous apprennent Paul et Silas en prison dans Actes 16 ?
Paul et Silas n'ont pas demandé à sortir de prison. Vers le milieu de la nuit, ils ont prié et chanté les louanges de Dieu. Tout à coup, un tremblement de terre a ébranlé les fondements de la prison. Pour Yvan Castanou, c'est l'image de l'épouse qui cherche Dieu pour lui-même, et Dieu répond.