Je ne vous laisserai pas orphelins : l'Église est une famille
Quand tu ouvres les premiers chapitres de la Genèse, tu entends une phrase qui revient comme un refrain : « Dieu vit que cela était bon. » La lumière est bonne, la terre est bonne, les astres sont bons, les plantes sont bonnes, les animaux sont bons. Et puis, d'un coup, pour la première fois dans la Bible, Dieu déclare quelque chose de radicalement différent : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » (Genèse 2.18 LSG).
Pourtant, Adam vit dans le jardin d'Éden. Il a un travail, une mission d'une grande noblesse, la présence même de Dieu autour de lui. Et malgré tout, il manque quelque chose d'essentiel. Il est seul.
Le pasteur Kévin GONÇALVES PALHEIROS te partage un principe que tu ne peux pas contourner : tu peux être entouré de bénédictions, exercer de grandes responsabilités, et pourtant manquer à ce qui compte le plus aux yeux de Dieu, être en relation avec les autres. L'homme n'a jamais été créé pour vivre seul, et il n'accomplira jamais sa vocation en restant solitaire. Si Adam dans un paradis terrestre ne pouvait pas vivre seul, comment un chrétien dans un monde déchu peut-il prétendre y arriver ?
1. Un principe qui dépasse le mariage : nous sommes des êtres relationnels
Le texte de Genèse 2 trouve d'abord son accomplissement dans le mariage d'Adam et Ève. Mais le principe qu'il porte va bien au-delà. Il t'enseigne sur la nature de l'homme.
Tout être humain a un désir fondamental d'être aimé, d'être en relation. Mets un bébé sans maman, sans contact : il se laisse mourir. Pourquoi ? Parce que tu es créé à l'image de Dieu. Et quel est ce Dieu ? Le Dieu trinitaire (Père, Fils et Saint-Esprit), un Dieu qui n'a jamais été solitaire, un Dieu qui est amour et communion de toute éternité.
Voilà pourquoi il n'est pas normal de voir des chrétiens qui se vantent de croître dans leur communion avec Dieu tout en fuyant de plus en plus la communion avec les saints. La maturité spirituelle ne consiste pas à se passer de plus en plus des autres, mais à entrer toujours plus profondément dans l'amour des autres. Si la communion d'amour est l'essence même du Dieu qui t'a sauvé, d'où vient cette influence qui te pousse à l'individualisme ? Elle ne vient pas de Dieu.
2. L'individualisme : une perversion de la vocation de l'homme
Tout ce qui replie l'homme sur lui-même et le sépare de la communion (envers Dieu et envers le prochain), ne vient pas de Dieu. C'est la dynamique du péché.
L'égocentrisme actuel est une perversion profonde de ce que Dieu a voulu pour toi. Un chrétien qui vit centré sur lui-même peut confesser avec sa bouche qu'il croit à la Trinité, mais il la renie par sa manière de vivre. Là où l'Évangile te révèle un Dieu qui se donne (le Père donne son Fils, le Fils donne sa vie, le Saint-Esprit se répand dans ton cœur), l'égoïsme est un autre évangile. « Moi d'abord, ma réalisation, mon épanouissement. » Kévin appelle ça « l'esprit d'Hollywood » : on regarde tellement les films qu'on finit par se croire la star, le héros du film qui prime sur tout le monde, même sur l'unité de l'église.
Derrière cette idée se cache une vieille voix. Celle du serpent dans le jardin : « Vous serez comme des dieux » (Genèse 3.5 LSG). L'homme qui aurait dû recevoir toute sa vie de la main de son Père comme un fils a préféré devenir son propre père. Il a renié sa source. Et le Psaume 2 décrit toutes les nations animées de cet esprit : « Rompons leurs liens, délivrons-nous de leurs chaînes », avec cette fin : « Celui qui siège dans les cieux rit » (Psaume 2 LSG).
3. Le contre-modèle du Christ : Joseph, Ruth, Abraham, Jésus
À rebours de cet égocentrisme, la Bible te montre des hommes et des femmes de chair et de sang qui ont laissé l'esprit du Christ remplir leur manière de vivre.
- Joseph, seul en terre étrangère, rejeté par ses frères, vendu comme esclave. La femme de Potiphar lui offre enfin des « bras de consolation ». L'homme moderne aurait cédé : « Après tout ce qu'on m'a fait, c'est mon tour d'être heureux. » Joseph, lui, répond : « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Genèse 39.9 LSG). Son bonheur n'était pas plus important que le bonheur de son prochain.
- Ruth, quand son mari meurt, n'était obligée en rien de rester auprès de Noémi. Elle aurait pu se dire : « Qu'est-ce que cette famille m'apporte ? » Elle a choisi la fidélité, même quand ça lui coûtait. Et Dieu lui a réservé un homme de valeur en Boaz et une descendance de valeur, car d'elle est descendu le Messie (Ruth 1-4 LSG).
- Abraham avait le droit de choisir le premier quand il fallait se séparer de Lot. Il a laissé son neveu prendre les pâturages verdoyants et s'est contenté du désert. Pourquoi ? Parce qu'il préférait perdre un terrain plutôt que de perdre un frère (Genèse 13 LSG). Et son désert est devenu un lieu de bénédiction, tandis que le pays verdoyant est devenu, pour Lot, un lieu de tourment.
- Jésus a renoncé à son droit d'être à égalité avec Dieu, il s'est humilié pour porter la malédiction sur la croix. C'est ce chemin qui lui a valu d'être glorifié « au-dessus de tout nom qui puisse être nommé » (Philippiens 2 LSG).
Si c'est dans le renoncement que le Christ t'a sauvé, comment penses-tu conduire tes enfants ou les membres de ta famille au salut en prenant le chemin de la querelle ? La Bible dit que « c'est par l'orgueil qu'on excite des querelles » (Proverbes 13.10 LSG), et l'orgueil ne vient pas de Jésus qui est doux et humble de cœur.
4. La dynamique du péché : il isole pour mieux dévorer
Le péché centre l'homme sur lui-même et le coupe des autres. Regarde l'escalade dans la Genèse. Adam pèche : sa communion avec Ève est brisée. Puis Caïn tue son frère et devient « errant et vagabond sur la terre » (Genèse 4.12 LSG). Il n'a plus la paix, alors il bâtit des villes, développe des techniques. L'homme d'aujourd'hui fait pareil : il est dans une intranquillité permanente, dans toutes sortes d'agitations et de divertissements. On dit « paix, paix », mais il n'y a pas de paix.
Et pendant ce temps, le diable se frotte les mains. Parce que s'il isole les hommes, c'est pour mieux les dévorer.
Tu penses que ce sont des histoires du Moyen Âge ? Voici ce que disent les chercheurs. L'isolement social augmente le risque de mortalité prématurée autant que fumer quinze cigarettes par jour. Il augmente de 30 % le risque de décès précoce. Il favorise la dépression, l'anxiété, les maladies cardio-vasculaires, et accélère le déclin cognitif. Dans certains pays occidentaux, un foyer sur trois est composé d'une seule personne. Voilà le paradoxe de notre société : on t'a promis le paradis en étant centré sur toi, et tu récoltes la solitude et la désolation.
5. Ce même esprit s'invite dans l'église
Est-ce que cet esprit s'arrête aux portes de l'église ? Kévin aimerait te dire oui, mais la réalité l'oblige à te dire non. Ce n'est pas un problème nouveau. L'église de Corinthe le vivait déjà.
Là-bas, on se disputait pour savoir qui était le pasteur préféré : « Moi je suis de Paul, moi je suis de Pierre. » On se traînait en justice devant les païens. Même à la sainte cène, les riches mangeaient leur soûl pendant que les pauvres restaient affamés à côté d'eux. Et certains étaient tellement centrés sur eux-mêmes que, sous prétexte qu'ils étaient « libres en Christ », ils se moquaient de la foi de ceux qui étaient plus faibles.
Est-ce que tu ne retrouves rien de cela dans ton église aujourd'hui ? Tu viens le dimanche, tu t'assois à côté de quelqu'un, tu adores le Seigneur les yeux fermés, et pendant ce temps, la vie de la personne à côté de toi s'effondre. Perte familiale, perte d'emploi, dépression. Tu peux passer un an sans t'en apercevoir. Pourquoi ? Parce que tu viens et tu pars. Tu n'es pas venu rencontrer les frères et sœurs. Tu es venu chercher ton petit salut à toi.
Rappelle-toi que le salut est personnel, oui. Mais dès l'instant où tu entres dans le corps, il devient collectif. Jésus te greffe dans un corps. Et Paul, quand il voyait la légèreté des Corinthiens, écrivait : « Si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande » (1 Corinthiens 8.13 LSG). Ton frère vaut plus que tes droits.
6. Là où les saints se rassemblent, Dieu manifeste sa présence
Où Dieu promet-il sa présence de manière particulière dans l'Écriture ? Là où les saints se rassemblent.
Souviens-toi de Thomas. Quand Jésus est ressuscité et qu'il apparaît aux disciples, Thomas n'est pas là. Il n'arrive pas à croire. Quand est-ce que Jésus va réapparaître ? Quand ils sont à nouveau réunis, Thomas avec les autres (Jean 20.24-29 LSG). C'est en communion avec les saints que le ressuscité s'est manifesté.
Souviens-toi de la Pentecôte. C'est lorsque les cent vingt sont réunis dans la chambre haute que la gloire s'est répandue et les a tous remplis (Actes 2 LSG). Jésus lui-même le dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Matthieu 18.20 LSG). Et le psalmiste ajoute : « Voici, oh, qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! (…) Car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l'éternité » (Psaume 133 LSG).
Comprends la visée de la rédemption. Jésus t'a trouvé, toi, pierre précieuse. Mais son but n'est pas de ramasser des pierres individuelles. Il rassemble les pierres pour bâtir un temple, une église, dans laquelle sa présence va habiter. L'église, c'est le lieu de la rencontre.
7. Les signes cachés d'un cœur encore individualiste
Mais se réunir ensemble ne prouve pas encore que la couronne de l'individualisme a été retirée de ton cœur. On peut être tous assis les uns à côté des autres sans être une seule âme. Comment repérer les signes que tu as encore cet égoïsme en toi ? La Bible te donne trois marques.
- Tu abandonnes l'assemblée. Hébreux 10.24-25 caractérise ces personnes : « N'abandonnons pas notre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire » (Hébreux 10.24-25 LSG). Celui qui marche dans la lumière vient à la communion ; celui qui aime les ténèbres fuit la communion pour que ses œuvres ne soient pas révélées (Jean 3.19-21 LSG).
- Tu changes sans cesse d'église. Tu passes d'assemblée en assemblée sans jamais rester assez longtemps pour être connu, aimé, repris, affermi. Or, on ne grandit pas en changeant sans cesse de famille. « Le fer aiguise le fer » (Proverbes 27.17 LSG) : c'est en supportant le caractère de tes frères que le Seigneur te sanctifie.
- Tu abandonnes la saine doctrine. Hébreux 10 lie les deux : quitter l'assemblée et dériver dans la foi. Combien de chrétiens ne jurent que par « leur » interprétation, parce que le Saint-Esprit « leur » a personnellement révélé ? Le même Esprit qui a inspiré les Proverbes dit que « l'insensé, c'est celui qui ne veut pas écouter » (Proverbes 12.15 LSG).
Paul écrit : « Si quelqu'un croit être prophète ou inspiré, qu'il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Corinthiens 14.37 LSG). Oui, l'Esprit t'habite et te conduit ; mais s'il t'inspire quelque chose, tu dois quand même le soumettre au jugement des saints. Il y a une nuée de témoins autour de toi (Hébreux 12.1 LSG), une histoire de vingt siècles de croyants fervents. Croire que tu as compris à toi seul ce qu'ils auraient ignoré est un orgueil qui te mène droit à l'hérésie.
8. Les sentiments du Christ, opposé de l'égocentrisme
Alors, quels sont les sentiments qu'il te faut retrouver ? Ceux qui étaient en Jésus-Christ.
Jésus existait de toute éternité dans l'amour du Père. Il n'avait besoin de personne. Mais son cœur était tellement généreux que Dieu n'a pas voulu se satisfaire de son seul Fils. Il a voulu prendre des hommes du néant, de la poussière, pour les élever à la dignité de fils, pour se constituer une grande famille. Jésus n'a pas voulu le ciel sans toi.
Il a vu un monde d'orphelins où tout était divisé, et il s'est dit : « Le premier Adam a introduit cette vie d'égocentrisme. Moi, le deuxième Adam, je viens créer une nouvelle humanité et lui donner ma vie pour qu'elle apprenne à aimer le Père et à aimer ses frères. »
C'est pourquoi les gens sont frappés quand Jésus arrive comme un Fils dans un monde d'orphelins. Ils voient en lui quelque chose qu'ils n'ont pas. Les orphelins sont dans l'insécurité, dans l'inquiétude, dans le stress ; Jésus, devant les épreuves, semble plein d'assurance. Pourquoi ? Parce que le Père est toujours avec lui. « Le Père est en moi » ; « Celui qui m'a vu a vu le Père » ; « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 14.9-11 LSG ; Jean 10.30 LSG).
Et Jésus commence à annoncer qu'il vient élargir sa filiation. Après la résurrection, il dit à Marie : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20.17 LSG). Ce que Jésus a, il te le donne. Il est venu te donner sa vie.
9. La vie éternelle, une nature relationnelle
Quand tu entends « vie éternelle », tu imagines peut-être une histoire de durée. La vie qui dure toujours. Ce n'est pas ça d'abord.
La vie éternelle, c'est la nature relationnelle du Fils. Le Fils qui aime le Père. Quand Jésus te donne la vie éternelle, il te donne l'Esprit d'adoption. Cet Esprit te pousse à regarder ton frère et à l'appeler « frère ». C'est pourquoi, là où le Seigneur accomplit son œuvre de rédemption, il y a une famille qui naît.
Et cette famille est supérieure aux familles biologiques. Quand on prévient Jésus que sa mère et ses frères sont dehors, il étend sa main vers ses disciples : « Voici ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère » (Marc 3.31-35 LSG).
Jésus t'appelle à respecter tes familles biologiques, « Honore ton père et ta mère » reste dans les dix commandements. Mais la famille biologique n'est pas une fin en soi. C'est une ombre qui doit te conduire à la réalité plus excellente : la famille de Dieu. Et quand les deux entrent en conflit, c'est la famille de Dieu qui doit primer. Les disciples ont laissé leur père Zébédée et l'entreprise familiale pour suivre Jésus. Un grand scandale à l'époque. Mais « ils ont choisi la bonne part ».
10. La croix, où la famille de Dieu s'accomplit
Cette famille annoncée par Jésus doit trouver son accomplissement sur la terre. Où ? Il n'y a qu'un seul endroit dans l'Écriture où il est dit « tout est accompli » : à la croix.
Écoute Jean 19 : « Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jean 19.25-27 LSG).
Au moment où Jésus porte la colère de Dieu, l'une des rares paroles qu'il prononce concerne ce lien : « Voici ton fils, voici ta mère. » Autrement dit : « Si ma chair est déchirée sur cette croix, c'est pour que vous puissiez recevoir l'Esprit et former ensemble une famille, une véritable famille. »
Quelle consolation. Peut-être n'as-tu jamais eu la famille que tu aurais dû avoir. Peut-être ton âme a-t-elle été transpercée d'une épée, comme celle de Marie. Mais regarde la tendresse de Jésus crucifié : à l'heure du plus grand abandon de l'histoire, il pense encore à ceux qui pourraient être abandonnés. Il ne laisse pas Marie orpheline. Il la remet aux mains de Jean.
Et toi, bien-aimé, penses-tu que maintenant qu'il est assis dans les cieux, il ne se soucie plus de ta solitude ? Par son Saint-Esprit et par son église, il veut te donner l'amour d'une famille dont tu as besoin.
11. Le règne du Christ produit une transformation relationnelle
Comment cet amour se répand-il dans ton cœur ? Jean donne la réponse. Au moment même où Jésus prononce ces paroles, qu'est-ce qui est écrit sur sa croix ? « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. »
Jean te montre que c'est lorsque Christ est reçu comme roi et qu'il règne dans ton cœur que tu peux véritablement vivre la réalité de l'église-famille. Quelles sont les preuves visibles de son règne ? Il y a sa résurrection, qui prouve que ses paroles sont vraies. Il y a l'effusion du Saint-Esprit, quand les chrétiens parlent en langues. Mais il y a aussi (et c'est une dimension de la Pentecôte à redécouvrir), la transformation relationnelle. Quand le Christ règne, son Esprit se répand dans les cœurs, et tu n'es plus un orphelin. Il t'unit aux autres pour former une famille.
Jésus n'a-t-il pas dit : « Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres » (Jean 15.17 LSG) ? Ce n'est pas flou. Si Marie vient te parler à la fin du culte de sa solitude, tu ne dois pas l'écouter en grinçant des dents. Tu dois l'aimer jusqu'au bout, l'aimer comme ta mère. Quel disciple obéissant que Jean : juste après la parole de Jésus, il l'a prise chez lui. La réalité spirituelle doit devenir concrète.
12. L'église comme maison de Dieu : pères, mères, frères, sœurs
Paul écrit à Timothée : « Afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant » (1 Timothée 3.15 LSG). Et il ajoute : « Ne réprimande pas le vieillard, mais exhorte-le comme un père ; les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, celles qui sont jeunes comme des sœurs » (1 Timothée 5.1-2 LSG).
Si tu commences à vivre l'église-famille, tu vas vite apprendre à vivre aussi dans ta propre maison. C'est pour cela que Paul demande aux anciens de bien gérer d'abord leur maison. Leur rôle n'est pas de siéger dans un conseil d'administration, mais de devenir, par leur manière de prendre soin de l'église, un modèle vivant de mari et de père.
À toi qui es orphelin de père : tu as grandi sans entendre cette parole ferme et tendre qui construit un homme. Tu portes une fatigue dans l'âme. Tu doutes de ta légitimité. Face aux figures d'autorité, tu as peur, parce qu'au fond tu te sens encore un petit enfant. Jésus a pourvu. Il est venu enfanter une famille où tu peux trouver « au centuple » des pères. Paul est devenu le père spirituel de Timothée. N'y a-t-il pas dans cette maison des hommes appelés à transmettre, à corriger avec douceur, à encourager, à protéger, sans écraser ? Et si les hommes manquent à l'appel, ton Père céleste, lui, reste fidèle. Il pourvoira, il t'enseignera, il combattra pour toi tandis que tu garderas le silence.
À toi qui es orpheline de mère : tu ne connais pas les bras de la consolation. Tu as peur d'être abandonnée, rejetée. Le Saint-Esprit que Jésus donne prodigue des soins maternels. Il est le consolateur (Jean 14.26 LSG), il essuie tes larmes. Viens te reposer sur lui, comme Jean posait sa tête sur le torse de Jésus. Et rappelle-toi les mots de Paul : « Nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu'une nourrice prend un tendre soin de ses enfants » (1 Thessaloniciens 2.7 LSG). Si un homme comme Paul, qui autrefois respirait le meurtre, a pu écrire cela, où sont dans l'église les femmes mûres capables d'ouvrir leurs bras, d'écouter sans juger, de consoler avec fidélité ?
À vous qui n'avez pas eu la chance d'avoir des enfants : tu portes ce désir légitime de transmettre. Regarde autour de toi. Il y a dans l'église des jeunes livrés à eux-mêmes, qui peinent à faire leurs courses, qui abandonnent leurs études faute de moyens. Si Dieu t'avait donné un fils, tu l'aurais supporté, tu aurais payé ses études, tu aurais été là quand ça te coûte. Alors pourquoi ne pas le faire pour ces jeunes-là ?
À toi qui n'as connu que des bagarres de fratrie : le roi David lui-même, brave et courageux, avait besoin d'un ami fidèle comme Jonathan pour supporter les épreuves. N'est-ce pas précisément ce que Jésus veut donner à tous les hommes dans l'église ? « Il n'est personne qui, ayant quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère (…) à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci » (Marc 10.29-30 LSG). Jésus veut te donner des frères. Toi aussi, dis à ton frère : « Je n'irai pas au ciel sans toi. Je porterai tes fardeaux avec toi. »
13. Preuves concrètes : sept questions pour ton église
Comment prouvons-nous que la famille de Dieu est réelle et pas seulement un rassemblement religieux bien organisé ? Cette vérité doit s'incarner, ou nous nous séduisons nous-mêmes. Kévin te laisse sur sept questions à te poser sincèrement.
- Une personne âgée qui vit seule peut-elle dire au milieu de nous : « Je n'ai plus mon conjoint, mais je suis comblée de fils, de filles, de frères et de sœurs qui veillent sur moi dans l'église » ?
- Regardons-nous ces personnes seules comme nos propres pères et mères qui ont besoin de notre réconfort ?
- Un jeune converti sans famille chrétienne peut-il dire, en arrivant dans notre église : « J'ai trouvé des pères et des mères, des frères qui vont m'apprendre à devenir un homme de Dieu » ?
- Un étudiant peut-il trouver dans cette église des parents pleins de sagesse qui vont le conseiller, et des petits frères et sœurs qu'il peut aider à son tour ?
- Les couples en difficulté peuvent-ils confier ce qui ne va pas à quelqu'un qui ne trahira pas leurs secrets ? (Rappelle-toi les fils de Noé qui ont exposé la nudité de leur père, la malédiction s'est attachée à eux et à leur descendance : Genèse 9.20-27 LSG.)
- Les enfants ont-ils des modèles de père dans cette église, des grands frères qui s'impliquent dans leur vie ?
- Une femme fatiguée trouve-t-elle de véritables sœurs dans cette assemblée ?
Et Jésus, dans la parabole des brebis et des boucs, rappelle ceci : au jour du jugement, la séparation se fera aussi selon l'amour concret manifesté (Matthieu 25.31-46 LSG). Le vieil homme en toi va crier au scandale : « C'est impossible. » Oui, c'est impossible pour le vieil homme. Mais Pierre dit que « la divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » et qu'elle t'a rendu « participant de la nature divine » (2 Pierre 1.3-4 LSG). Alors laisse l'épée de la vérité crucifier ce vieil homme, et laisse l'homme nouveau accomplir des œuvres dignes de Dieu.
Ceux qui vivent ainsi montrent que l'Esprit est à l'œuvre en eux. Ils marchent déjà vers ce jour où les hommes seront parfaitement unis, comme le Fils est uni au Père. Et dans cette famille-là, il n'y aura plus jamais d'orphelin.
Points à retenir
- « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » n'est pas qu'une parole sur le mariage : c'est un principe sur la nature relationnelle de l'homme, créé à l'image d'un Dieu trinitaire.
- L'individualisme n'est pas neutre : c'est la dynamique du péché. Il isole pour mieux dévorer, et les études le confirment (isolement = 15 cigarettes/jour, +30 % de mortalité précoce).
- Joseph, Ruth, Abraham et Jésus t'enseignent une même leçon : ton frère vaut plus que tes droits.
- Dieu manifeste sa présence de manière particulière quand ses saints se rassemblent : Thomas et le ressuscité, la chambre haute à la Pentecôte, « deux ou trois assemblés en mon nom ».
- À la croix, Jésus fonde la famille de Dieu : « Voici ton fils, voici ta mère » (Jean 19.26-27). L'église n'est pas un rassemblement religieux, c'est une famille.
- Le règne du Christ dans un cœur se prouve concrètement : des pères, des mères, des frères et des sœurs qui s'occupent les uns des autres dans l'église locale.
Application personnelle
- Quand tu viens à l'église le dimanche, viens-tu « consommer ton petit culte » ou viens-tu rencontrer les frères et sœurs que Dieu t'a donnés ?
- Est-ce que tu connais réellement la vie de la personne qui s'assoit à côté de toi ? Ses combats, ses joies, ses pertes ?
- Y a-t-il quelqu'un dans ton église, orphelin de père ou de mère, à qui tu peux devenir cette semaine une figure paternelle, maternelle ou fraternelle ?
- Es-tu de ceux qui changent d'église dès qu'on prend une guitare ou qu'un frère te reprend ? Qu'est-ce que Dieu essaie de sanctifier en toi que tu fuis en partant ?
- Quand un frère te confie un secret, es-tu tenté de le raconter ? Rappelle-toi les fils de Noé.
- Aujourd'hui, à qui vas-tu dire, comme Joseph : « Mon bonheur n'est pas plus important que le tien » ?
Versets cités
- Genèse 2.18-25 LSG · « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. »
- Genèse 3.5 LSG · La voix du serpent : « Vous serez comme des dieux. »
- Genèse 4.12 LSG · Caïn devient errant et vagabond.
- Genèse 13 LSG · Abraham laisse choisir Lot.
- Genèse 39.9 LSG · Joseph refuse la femme de Potiphar.
- Psaume 2 LSG · Les nations qui se détachent de l'Éternel.
- Psaume 133 LSG · « C'est là que l'Éternel envoie la bénédiction. »
- Proverbes 12.15 LSG · L'insensé n'écoute pas.
- Proverbes 13.10 LSG · L'orgueil excite les querelles.
- Proverbes 27.17 LSG · « Le fer aiguise le fer. »
- Marc 3.31-35 LSG · La vraie famille de Jésus.
- Matthieu 18.20 LSG · « Deux ou trois assemblés en mon nom. »
- Matthieu 25.31-46 LSG · Les brebis et les boucs.
- Marc 10.29-30 LSG · Recevoir au centuple, dans ce siècle-ci.
- Jean 10.30 LSG ; Jean 14.9-11 LSG · « Le Père est en moi. »
- Jean 19.25-27 LSG · « Voici ton fils, voici ta mère. »
- Jean 20.17 LSG · « Mon Père et votre Père. »
- Jean 20.24-29 LSG · Thomas et le ressuscité.
- Actes 2 LSG · La Pentecôte.
- 1 Corinthiens 8.13 LSG · Renoncer à la viande pour ne pas scandaliser un frère.
- 1 Corinthiens 14.37 LSG · Soumettre les inspirations au jugement des saints.
- 1 Thessaloniciens 2.7 LSG · « Comme une nourrice prend tendre soin de ses enfants. »
- 1 Timothée 3.15 LSG · La maison de Dieu.
- 1 Timothée 5.1-2 LSG · Pères, mères, frères et sœurs dans l'église.
- Hébreux 10.24-25 LSG · Ne pas abandonner l'assemblée.
- Hébreux 12.1 LSG · La nuée de témoins.
- 2 Pierre 1.3-4 LSG · Participants de la nature divine.
FAQ
Pourquoi Dieu dit-il « il n'est pas bon que l'homme soit seul » alors qu'Adam est dans le jardin d'Éden ?
Parce que l'homme est créé à l'image d'un Dieu trinitaire, qui est amour et communion de toute éternité. Même dans le jardin d'Éden, avec un travail noble et la présence de Dieu, Adam manque de quelque chose d'essentiel : la relation avec un autre être. Cette parole dépasse le mariage : elle t'enseigne que l'homme n'a jamais été créé pour vivre seul et qu'il n'accomplira pas sa vocation en restant solitaire.
L'individualisme est-il vraiment un problème spirituel ou juste un phénomène de société ?
C'est un problème spirituel avant d'être un phénomène de société. La dynamique du péché centre l'homme sur lui-même, le sépare de Dieu et des autres. Adam pèche : sa communion avec Ève est brisée. Caïn tue son frère et devient errant. Aujourd'hui encore, l'isolement social augmente autant le risque de mort prématurée que fumer quinze cigarettes par jour, et un foyer sur trois dans certains pays occidentaux est composé d'une seule personne. Le diable isole pour mieux dévorer.
En quoi l'église est-elle une « famille » et pas seulement un rassemblement religieux ?
Parce que Jésus l'a fondée comme telle à la croix. En regardant Marie et Jean, il dit : « Voici ton fils, voici ta mère » (Jean 19.26-27). Puis Paul écrit à Timothée qu'il faut traiter dans l'église « le vieillard comme un père, les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, les jeunes femmes comme des sœurs » (1 Timothée 5.1-2). Cette réalité doit devenir concrète : sinon nous nous séduisons nous-mêmes.
pour prendre des notes et poser une question.